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Le management du changement : la magie de la co-élaboration !

3 novembre 2021
Management du changement, la magie de la co-élaboration

Le management du changement, c’est, avant tout, de considérer les autres comme des acteurs fondamentaux du changement et de leur permettre de jouer pleinement ce rôle. Pour réussir ce processus, le « manager du changement » doit soutenir une dynamique d’animation co-élaborative de ses équipes ou partenaires pour conduire les changements visés, c’est-à-dire de concevoir les changements AVEC ses équipes.

Co-élaborer, c’est analyser ensemble, trouver ensemble et décider ensemble…. Et c’est, en réalité, le seul chemin véritable pour permettre à chacun de devenir un acteur engagé dans les changements collectifs.

Par ailleurs, dans ses travaux, Kurt Lewin insistait lui-même : « Il est plus aisé de faire changer des individus constitués en groupe que des individus pris séparément ».

Les ressorts de la co-élaboration

Qu’est-ce que le management co-élaboratif du changement ?

Le management co-élaboratif est un mode d’animation et de conduite des individus et des équipes qui suscite leur engagement et leur contribution à l’innovation permanente et au progrès continu de la performance. En cohérence avec les objectifs de l’entreprise, il s’appuie sur la prise en compte des collaborateurs, sur leur participation réelle et active dans un esprit de coopération et de mutualisation.

Un des buts du manager co-élaboratif du changement est de favoriser le sentiment d’appartenance, l’épanouissement de l’individu en créant un espace où chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. C’est l’art de penser ensemble.

Il cherche à conjuguer les différents besoins des parties prenantes tout en intégrant les spécificités de leur environnement. Chacun se réalise sur le plan personnel dans le cadre d’un projet commun, c’est d’ailleurs ici que se situe la subtilité de cette approche.

Management co-élaboratif, quel état d’esprit ?

Le management co-élaboratif ne considère pas ses collaborateurs ou les parties prenantes comme des ressources ou des moyens, mais comme des coproducteurs, des partenaires à part entière. Il est conscient de tous les atouts que ces acteurs apportent aux élaborations communes : connaissance du terrain, des processus et des outils, un réalisme opérationnel…

Il sait qu’une élaboration aboutie s’enrichit de ces différents points de vue et de ces différentes représentations.

Pour cela, il facilite l’exploration commune de situations, la réflexion collective, le travail d’équipe, la décision partagée. La co-élaboration va donc bien plus loin qu’une simple participation ou qu’une simple concertation, c’est un travail de co-construction.

Il ne rend pas les parties prenantes acteurs, il les considère comme des acteurs.

Des espaces délibératifs pour se penser et penser le travail

Le management co-élaboratif nécessite des échanges de qualité confiants et constructifs. Il s’agit de créer des conditions de travail favorisant la cohésion, la communication, l’écoute, le dialogue, la codécision, la responsabilisation sans oublier la confrontation, la collaboration et le partage. C’est un promoteur de l’intelligence collective.

Pour faire vivre concrètement cette démarche au quotidien, le manager du changement ouvre des espaces de pensées pour penser le travail : des espaces délibératifs. Les deux actes managériaux clés pour animer ces espaces sont les entretiens (formels et informels) et les réunions d’équipe. Il ne s’agit pas d’y opérer un échange d’informations, bien insuffisant pour penser le travail ; il s’agit d’animer des dynamiques au cours desquelles s’échangent des pensées, des émotions, des réflexions, des idées. Ces espaces délibératifs autorisent la co-analyse et la co-construction des projets ou des solutions.

Un management responsabilisant

Le management co-élaboratif permet la responsabilisation des parties prenantes ou collaborateurs : elle leur offre une capacité d’investissement et de décision (dans un champ d’action précis).

De facto, cette capacité de décision leur offre des raisons supplémentaires de satisfaction si les objectifs sont atteints. On se rappellera que la responsabilisation agit sur plusieurs facteurs essentiels en entreprise :

  • La capacité d’innovation (en incitant les collaborateurs à mettre en œuvre leurs idées),
  • Le degré de formation de l’équipe (permettre aux collaborateurs d’étendre leurs compétences),
  • La capacité à gérer les situations délicates (habituer les collaborateurs à être autonomes et agiles).

Les bénéfices de la co-élaboration

Au-delà de ses impacts sur l’implication, l’innovation, le développement des compétences et la performance, le management co-élaboratif satisfait les besoins fondamentaux des collaborateurs, c’est-à-dire les besoins de sécurité, d’établissement de liens sociaux, d’utilité, d’estime et d’accomplissement de soi.

Il rend l’entreprise plus humaine, plus sociale et accorde aux collaborateurs une plus grande autonomie ainsi qu’un droit à la parole. Le management co-élaboratif apporte ainsi la reconnaissance du collaborateur en prenant en compte et en valorisant ses contributions (être agissant).

Le management co-élaboratif permet une confrontation des différents points de vue pour ainsi rechercher les solutions optimales aux problèmes posés. Ce management est aussi un moyen de gagner la confiance des collaborateurs ainsi qu’un moyen d’avoir des accords plus faciles (car co-pensés). Il résulte souvent de ce management une diminution des conflits ainsi qu’une implication plus grande des collaborateurs qui s’intègrent mieux à l’organisation ; le travail prend du sens.

Pour l’équipe, l’implication de l’ensemble des collaborateurs entraîne une modification significative des comportements (engagement, ambiance, épanouissement…). Elle se traduit par une plus grande mobilisation et une meilleure cohésion.

Quelles sont les applications pratiques ?

Si le management co-élaboratif du changement veut mobiliser les acteurs, il doit prendre en compte et faciliter leurs interactions. Afin d’atteindre ce but, il est nécessaire de tenir compte d’une triple approche : par les attitudes, par les méthodes et par les espaces.

  1. L’approche par les attitudes renvoie au manager du changement lui-même, au climat qu’il instaure, à la place qu’il laisse à ses collaborateurs ou aux parties prenantes.
  2. L’approche par les méthodes correspond à la maîtrise de méthodologies d’animation permettant la facilitation de l’échange, de la co-analyse, de la co-réflexion et de la co-décision.
  3. L’approche par les espaces : le développement de comportements co-élaboratifs au sein d’une équipe s’appuie sur la mise en place de structures formelles de communication et de travail le favorisant : des espaces de co-élaboration.
Les conditions de réussite du travail co-élaboratif

1) Avoir des attitudes facilitantes

  • Donner le cap, recentrer sur l’essentiel
  • Incarner la co-élaboration
  • Laisser l’espace aux collaborateurs (laissez votre ego de coté), accepter, partager
  • Faire participer, mailler, impliquer, inciter
  • Faire s’exprimer, écouter, reformuler, prendre en compte les idées
  • Faire confiance, responsabiliser, déléguer
  • Donner confiance, être intègre, être honnête, prendre en compte les personnes
  • Encourager, stimuler, motiver, considérer
  • Rendre visible les résultats, faire circuler les informations, valoriser

Afin de créer un véritable climat de participation permettant de bénéficier de l’intelligence collective, il est nécessaire de ne pas s’approprier les idées des autres, mais bien plus de reconnaître les initiatives et de les récompenser, de mettre en avant les avantages concrets de la démarche pour chacun (éliminer les craintes), de s’appuyer sur les personnes motivées (effet boule de neige) et de communiquer au maximum sur l’avancée des élaborations collectives (rendre visible les résultats rapidement).

Pour cela, il est nécessaire de définir ensemble des règles du jeu collectif et de définir des valeurs communes de travail afin de cadrer ces démarches et attitudes co-élaboratives.

2) Faciliter le travail en utilisant des méthodes de co-élaboration

C’est avant tout être capable d’animer (organiser le travail collectif, réguler les personnes, gérer les idées), mais c’est aussi savoir utiliser des outils méthodologiques, à bon escient, pour faciliter la co-analyse, la co-réflexion et la co-décision.

De très nombreux outils ou méthodes existent : le modèle IMC, la grille à 9 cases, la grille multicritères, le vote pondéré, le brain storming, le métaplan, le mind map collectif, le forum, le change lab….

3) Mettre en place des espaces formels et rituels d’échange et de travail en co-élaboration

Dans le cadre du management de changement, de nombreuses structures d’échange et de travail co-élaboratif répondent aux besoins d’accélération et d’efficacité des changements. Nous en proposons, en exemple, deux qui sont des fondamentaux : les Temps d’Elaboration Collective du Changement (TECC) et les Espaces de Dialogue et d’Apprentissage (EDA). Ils permettent de préparer et de conduire ensemble puissamment le changement.

La préparation du changement : les temps d’élaboration collective du changement (TECC)

C’est une réunion dite « d’anticipation » : elle s’anime en amont d’un changement au moment de son annonce ou de son déploiement. C’est donc une réunion de préparation utile pour penser ensemble le changement, exprimer ses craintes, identifier les impacts, construire du sens pour tous… si cela n’était pas fait, il y’a de grandes chances que ces résistances non exprimées deviennent des freins importants du changement. Ces TECC sont aussi utiles pour organiser la réflexion nécessaire à l’identification des projets ou des actions à mener, ils font donc émerger des propositions d’actions concrètes à déployer.

Ses objectifs principaux sont donc :

  • Partager, construire ensemble le sens et l’ambition du changement.
  • Lever les résistances individuelles et collectives en les laissant s’exprimer.
  • Diagnostiquer ensemble les impacts et certaines de leurs parades nécessaires.
  • Spécifier ensemble les grandes étapes et responsabiliser collectivement sur le chemin.
  • Stimuler les énergies, la confiance, l’envie et l’engagement.

La conduite du changement : les espaces de dialogue et d’apprentissage (EDA)

Ce sont des réunions de résolution de problèmes, de suivi, de régulation, de progrès, de décision. Ce sont des réunions qu’il faut ritualiser, elles sont donc planifiées de façon régulière. Ces réunions sont organisées en cours de déploiement du changement, elles sont donc utiles pour analyser ensemble une situation ou des difficultés, pour trouver des idées et innover, pour améliorer ou résoudre certains problèmes, pour soutenir ses équipes, pour améliorer la performance.

Ses objectifs principaux sont donc :

  • Analyser ensemble une situation ou des difficultés dans le déploiement du changement.
  • Apprendre d’un échec.
  • Dépasser les difficultés qui se présentent en trouvant des issues positives.
  • Améliorer la coordination et la coopération entre toutes les parties prenantes.
  • Expérimenter, soutenir et développer les compétences.
  • Adapter ensemble le processus de changement à ce qui surgit (agilité).
  • Valoriser les réussites.
  • Réguler des tensions ou des conflits.
  • Evaluer les progrès et améliorer les résultats.
  • Délibérer, faire des choix et décider ensemble.

Ces deux espaces de travail co-élaboratifs vont permettre au manager du changement de concevoir et de piloter AVEC l’ensemble des parties prenantes : analyser ensemble, trouver ensemble et décider ensemble.

Lorsqu’on peut influencer des choix et participer à des décisions, on développe son engagement et sa responsabilisation… Comment, en effet, être responsable de choses que l’on ne décide pas soi-même ?

Vous voulez booster vos équipes, qu’elles soient plus engagées ? Nous avons condensé dans ce livre blanc tous les conseils de nos experts pour manager autrement en activant 6 leviers, pour une meilleure performance globale de l’entreprise :

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Pédagogie

Tel un millésime, comment créer un univers de formation qui donne envie ?

8 septembre 2021
comment construire un univers de formation qui donne envie ?

Dans ces temps déstructurés, nous sommes davantage encore à la recherche d’harmonie, de confort et de cohérence. L’acte de formation n’échappe pas à cette tendance. S’engager dans un parcours de formation long ou Blended nécessite que l’apprenant se sente en confort pour s’engager durablement dans l’univers qu’on lui propose. Cela implique de proposer une aventure globale qui donne envie aux apprenants et aux formateurs, avec la garantie de vivre une expérience de formation Blended enrichissante et commune au sein de votre organisation. Comment créer un univers de formation qui embarque les apprenants et les formateurs dans une aventure pédagogique commune ?

Nous vous partageons ici notre philosophie qui nous guide dans la création d’une signature pédagogique originale et engageante.

Construire un univers de formation, comme le millésime d’un grand cru

Imaginez que l’on vous propose une formation, comme on vous proposerait la dégustation d’un grand vin. Préférez vous le goûter sur une aire d’autoroute ou traverser un magnifique vignoble baigné de soleil, entrer dans une cave voutée en pierre, être accueilli(e) par un sommelier qui vous guide et vous embarque dans l’histoire de ce vin… ?

Pour vivre cette même expérience en formation, il est nécessaire de réunir les ingrédients qui concourent à créer un univers, un cépage unique et engageant : ce cépage, ce sera les 7 points de vigilance itératifs permettant de construire votre univers de formation.

C comme Culture
E comme Esthétique
P comme Pédagogie
A comme Apports clés
G comme Gestion de l’histoire
E comme  Expérience

C comme Culture

Si vous voulez nous parler de vin, vous allez proposer un univers en lien avec la gastronomie à la Française. L’immersion dans la culture de l’organisation mais aussi de l’apprenant et du thème abordé est essentielle. La formation se doit de s’inscrire dans un environnement culturel cohérent avec vos objectifs de formation. La base de votre univers doit donc être le socle culturel et “valoriel” associés : à titre d’illustration, vous n’utiliserez pas l’image de la compétition sportive pour parler de l’assistance à la personne.

E comme Esthétique

L’étiquette de votre vin donnera envie de le goûter avant même que votre millésime ne soit débouché. En formation, les codes esthétiques utilisés (noir et or pour soutenir l’image du luxe ou les couleurs éclatantes, synonymes d’ouverture et de créativité) seront les vecteurs visuels de la qualité que vous promettez dans la formation. Cette esthétique devra être transverse et transparaître dans tous les moments et dans toutes les modalités Blended de votre formation (cohérence graphique en harmonisant les supports pour créer un parcours unifié).

P comme Pédagogie

Pour vous aider à apprécier les sensations de la dégustation du vin, le sommelier va vous guider dans les principes de la dégustation. Les principes pédagogiques sont les articulations qui sous tendent votre univers de formation. L’utilisation des modalités pédagogiques ne doit pas être un gadget mais doit servir les principes de l’apprentissage : goûter un vin à l’aveugle permet de s’extraire des a priori visuels. De la même façon, utiliser un quiz digital doit permettre de tester des connaissances de manière ludique, en amont d’une séquence présentielle de mise en œuvre de la compétence associée.

A comme Apports clés adaptés

Si le sommelier vous propose un vin inadapté aux mets que vous dégustez, vous n’allez pas comprendre les explications ou les ressentis associés à cette dégustation. En formation également, sélectionner les « justes apports » est un exercice difficile. Pour que la formation réponde à un besoin, les apports doivent constituer un réel bénéfice pour répondre à la problématique des apprenants et pour ne pas noyer l’apprenant. A ce titre, ces apports doivent être contextualisés par rapport à la réalité terrain (« vous êtes végan, je vous parlerai des vins qui se marient bien avec les différents légumes et fruits de saison »).

G comme Gestion de l’histoire

L’histoire de la création du vin est aussi importante que son aspect pour en apprécier la complexité et la richesse. En formation, le storytelling est le fil conducteur que vous allez proposer et conserver tout au long de votre parcours de formation. Il devra constituer un chemin, une histoire qui emmène votre apprenant d’un point de départ vers une ligne d’arrivée. Les formateurs en charge de son déploiement devront eux aussi être immergés et engagés dans cette histoire pour en faire vivre tous les épisodes avec la même envie et la même constance.

E comme Expérience

Au final, vous ne proposez pas de déguster un vin mais vous proposez de découvrir et de vous immerger dans l’univers d’un vin d’exception. En formation également, il ne s’agit pas juste de suivre un cours mais de vivre une expérience qui va permettre à l’apprenant de répondre à des problématiques qu’il vit tout en prenant du plaisir. Le plaisir que l’apprenant trouvera dans les modalités et dans l’univers que vous lui proposez aura une place centrale dans son ressenti et son engagement durable.

Tous les ingrédients de ce CEPAGE concourent à l’expérience globale proposée à l’apprenant. Et pour cela, il faut toujours avoir en tête que votre univers est au service d’une expérience unique du client qu’est l’apprenant en formation. Si à toutes les étapes, il se sent à l’aise, accompagné, engagé et qu’il prend du plaisir dans cette aventure, votre cépage aura le goût de l’exception.

CEPAGE à consommer sans modération en ayant toujours en tête les ingrédients qui font la qualité de la dégustation… 😁

Leadership

Managers, comment développer la confiance ?

30 août 2021
Managers, comment développer la confiance ?

Au cœur de la performance sociale et au cœur de la relation usagers, la confiance devient, dans les transformations des établissements publics, le levier clé de la performance et de la transformation des institutions. Le besoin de confiance existe depuis toujours, il est néanmoins exacerbé par le courant des organisations libérantes et responsabilisantes qui agite le monde du travail aujourd’hui.

Par ailleurs, la période de la Covid a été un révélateur puissant de ce besoin de confiance, plus particulièrement dans le cadre du télétravail. Finalement, avec les confinements, beaucoup d’entreprises ont donné leur confiance par décret et par dépit ; néanmoins après plus d’un an, une grande partie d’entre elles envisagent des modalités de travail hybrides. L’expérience de la confiance semble avoir levé des doutes et rassuré certaines entreprises. Ceci est, en soi, un premier apprentissage : faire confiance pour développer la confiance.

Mais qu’est-ce que la confiance ?

Etymologiquement, confiance vient du latin CUM FIDES (croire ensemble), elle est donc rattachée à une notion de croyance et de foi.

La confiance est un sentiment. La confiance se ressent : c’est un état psychologique.

C’est un sentiment de sécurité et de sérénité qui favorise l’engagement dans l’action commune. C’est un pari sur l’autre, une prédiction positive face à une promesse ou à une attente. Georg Simmel définit, à ce titre, la confiance comme une suspension du doute (Auf heben) : c’est-à-dire suspendre les soupçons ou les calculs.

Et c’est bien parce que la confiance est un sentiment propre à chacun qu’elle est une notion difficile à appréhender par les managers. Pour développer des relations confiantes, le manager ou / et l’organisation ne peuvent que mettre en place les conditions favorables à l’émergence de ce sentiment.

A quoi contribue-t-elle ?

Elle répond aux besoins fondamentaux de sécurité et de sérénité qui favorisent l’intensité et l’efficacité de l’action collective.

La fonction première de la confiance est de réduire la complexité et de permettre l’accélération en diminuant les coûts de coordination et de transaction (contrat par exemple) : plus la contractualisation ou/et la coordination sont faibles, plus le besoin de développement de la confiance est grand.

La confiance facilite donc l’engagement, fluidifie les échanges, permet de mieux faire face à l’incertitude et autorise un passage plus rapide à l’action. Et ce dernier point est essentiel dans l’accélération actuelle du monde et des organisations.

Quels sont les leviers de développement de la confiance ?

Nombre d’auteurs distinguent « Confidence » (confiance organisationnelle, assurance) et « Trust » (confiance personnelle et interpersonnelle).

« Confidence »

Confidence ou confiance organisationnelle, elle est produite dans le respect du « contrat invisible », c’est-à-dire dans la satisfaction des attentes réciproques entre l’entreprise et le collaborateur dans le long terme. Elle se réfère à la prévisibilité (ou l’assurance) d’un système de codes, de valeurs, de règles, d’un cadre d’engagement. C’est une attente “normale”, impersonnelle, et chacun sait qu’il existe des sanctions symboliques ou très concrètes en cas d’abus.

Pour développer la confiance organisationnelle :

  • le manager sera tout d’abord vigilant à définir et à garantir un cadre contenant clair (contrats, normes, règles, procédures, dispositifs, modalités de communication, périmètres, rôles et responsabilités…)
  • il veillera ensuite à donner une direction, une projection dans la durée et du sens (une vision et un cap clairement définis, ainsi que des objectifs cohérents et générateurs de sens, si possible co-produits).
  • il instaurera une culture collaborative qui portera considération aux personnes, aux idées, aux contributions et aux accomplissements de chacun. Sur ce dernier point le manager favorisera l’expression des points de vue et des pensées divergentes, il soutiendra les confrontations constructives, il associera chacun à l’analyse et à la décision, il reconnaîtra et valorisera les contributions et les réalisations de chacun. Il renforcera le pouvoir d’agir, il acceptera le fait que les collaborateurs puissent prendre des initiatives pour favoriser une réalisation plus efficace des objectifs assignés.
  • En transparence, il dira la vérité en affrontant les non-dits. Il s‘agit d’instaurer une forme de transparence « juste » qui convient à une situation donnée et aux besoins spécifiques des parties prenantes. Prétendre qu’il n’existe rien de conflictogène ou encore cacher les choses dont l’existence se révèle inévitablement tôt ou tard, remet en cause la crédibilité des managers. C’est aussi l’art de mettre de traiter les questions difficiles, d’aborder franchement les points qui fâchent.

« Trust »

Trust ou confiance personnelle et interpersonnelle, elle est, quant à elle, produite dans les interactions, les relations entre les personnes. Elle se réfère donc à l’appréciation qu’on porte aux valeurs et comportements de l’autre.

Et le manager n’y échappe pas ! En effet :

  • le collaborateur sera sensible à la loyauté du manager (sincérité, honnêteté, intégrité),
  • il évaluera sa fiabilité (compétences effectives, respect des engagements, pas de trahison, constance et crédibilité dans ses actions et ses discours),
  • il appréciera aussi la proximité de son manager (sa disponibilité à son égard et son accessibilité dans les relations).

Deux leviers concourent encore plus à instaurer des relations de confiance interpersonnelle fortes :

  • le courage managérial qui se traduit par la capacité à voir et dire la vérité, à montrer de la ténacité, à faire preuve de fermeté dans ses actions et face aux situations difficiles et aux risques. Elle se traduit également par la volonté de résister face aux pressions adverses. Elle évoque également la capacité à faire preuve de lucidité et d’humilité vis-à-vis de soi-même (être son propre critique), à prendre conscience de ses propres limites. Elle consiste aussi en la capacité à défendre ses convictions, à assumer ses responsabilités et leurs conséquences. Il s’agit enfin de ne pas fuir les conflits, de défendre ses collaborateurs à chaque fois que cela est justifié, et à prendre des décisions douloureuses. Elle n’évoque en aucun cas la figure du « sans peur », qui serait capable d’affronter toutes les contradictions quelle qu’en soit la nature. Être courageux signifie aussi la capacité à « avoir peur», à éprouver une certaine crainte des conséquences possibles des actions, ce qui permet un jugement plus pondéré des choses et l’expression de la « prudence » au sens noble du terme.
  • La décentration de soi : cette variable est cruciale dans la construction des relations de confiance interpersonnelle. Plus on est centré sur soi, moins on inspire confiance. La « centration sur soi » est interprétée comme une recherche d’intérêts personnels, elle peut prendre des formes différentes : recherche de reconnaissance et d’affection, orientation exclusive vers les résultats, rétention de ressources, non-partage des informations, monopolisation de la parole et des espaces d’expression, surprésence et volonté de se rendre indispensable, contrôle des activités de chacun, centralisation des compétences.

Sources : Ali Armand, « Confiance et leadership dans un environnement complexe ». ESF Editeur – 2016.

Je vous retrouve très prochainement pour le 2ème volet sur la confiance, avec « 6 CONSEILS PRATIQUES POUR MIEUX FAIRE CONFIANCE ».

Intelligence Collective

Comment booster la coopération à distance ?

18 novembre 2020
Comment booster la coopération à distance ?

Nous avons fait preuve d’une grande adaptabilité, en travaillant et manageant à distance, bien souvent de chez nous. Mais qu’en est-il de la coopération en cette fin d’année 2020 ? Car avec le temps qui défile, la somme de travail qui s’accumule, le moral qui baisse, mais aussi et surtout l’absence de lieux physiques pour se rencontrer, la collaboration est mise à rude épreuve. Alors voici 4 conseils destinés à des managers et des dirigeants pour soutenir la coopération envers et contre tout.

1- Soutenez la coopération, coûte que coûte

Plus encore aujourd’hui, nous avons besoin de construire des projets à plusieurs, de partager, de nous entraider, de vivre des expériences riches, enthousiasmantes et motivantes. ­­­­­La coopération est un vrai moteur d’engagement, qui nous recentre sur le « nous ». Le manager a donc ce rôle essentiel de susciter la collaboration au sein de son équipe. Avant la période de Covid, un management collaboratif était déjà en marche, attention à ce que le télétravail ne vienne pas freiner cette tendance : même avec des collaborateurs à distance, le manager prend soin de créer du lien, permet aux hommes de se sentir « reliés » aux autres, et devient un véritable animateur de réseau orienté vers la performance collective tout en donnant la priorité à l’humain.

Le manager, de par sa posture managériale, suscite la confiance, libère l’expression, offre des marges d’initiative, et rend ses collaborateurs acteurs. Il n’est plus au-dessus d’eux mais avec eux.

Pourtant, la coopération n’est pas toujours facile à obtenir, la distance et pour certains la peur des outils digitaux nuisent à l’initiative collaborative mise en place. Enfin, elle ne peut pas être imposée, il faut notamment apprendre à passer de l’intérêt individuel à l’intérêt collectif. Alors autant miser sur les « Conditions d’une coopération réussie », à découvrir dans la partie Coopération de notre dernier livre blanc, « 6 tendances managériales pour booster l’expérience collaborateur ».

2- Même en distanciel, continuez à créer des dynamiques de groupe

Pas question de rester isolé. La transparence et la circulation de l’information jouent un rôle important et permettent de fédérer et de maintenir le lien. Le manager va devoir innover dans ses pratiques en mettant en place des espaces de dialogue et d’échange visant à favoriser un sentiment d’appartenance au collectif.

De nombreuses entreprises dispersées de par le monde, ont depuis longtemps mis en place des dynamiques collaboratives à distance. Certaines ont développé des réunions hebdomadaires sous forme d’échanges entre les collaborateurs et leur dirigeant. Les points abordés permettent certes de communiquer sur l’actualité de l’entreprise et de répondre aux questions des collaborateurs, mais aussi de nourrir la collaboration et la convivialité.

Autre exemple, chez Cinaps, nous avons mis en place des rituels, comme L’Hebdo, les Cafés Boost ou encore nos What’s up Doc, moments d’échange permettant de mieux savoir ce que chacun fait. Chaque collaborateur, peut librement décider de créer un What’s up Doc, sur une période d’une heure environ, pour parler d’un projet, d’un nouveau partenariat, d’une idée, d’une réussite, etc. A lui de choisir. Grâce à ces échanges, nous sommes plus au fait des réalités de chacun, nous développons plus de solidarité, d’écoute et une certaine serendipité, car souvent, de ces rencontres naissent de nouvelles idées.  

3- Faites des outils digitaux collaboratifs vos alliés

Les outils digitaux à notre disposition sont nombreux qu’il s’agisse de gérer des projets, des tâches quotidiennes, de rester au contact de votre équipe. Vous trouverez ici une sélection proposée par le Blog du Modérateur https://www.blogdumoderateur.com/selection-outils-teletravail/

Maintenant, il n’est pas toujours facile de faire preuve de créativité pour animer des réunions à distance, de « brainstormer » sur un immense espace virtuel, de partager des idées, d’interagir, etc. D’autant plus que certains sont des collaborateurs avec une culture digitale agile et collaborative ; pour d’autres, les technologies sont adoptées mais pas totalement intégrées, et d’autres encore sont plutôt réfractaires aux nouveaux outils. Il faudra de la part du manager, de la patience, une écoute active et attentive des besoins de chacun, et un accompagnement des équipes vers la prise en main d’outils. Klaxoon est l’exemple d’un très bon outil d’idéation, de formalisation, en présentiel ou à distance, avec une large gamme de templates selon les besoins ainsi que de nombreuses vidéos pour monter en compétences.

Une fois à l’aise avec la technique, le manager, de par sa posture, peut générer une vraie dynamique créative, créer la confiance et impliquer le collectif de manière opérationnelle. Sur ce point, Cinaps accompagne les managers à animer des temps collectifs en présentiel ou à distance en travaillant sur des bonnes pratiques et des idées pour animer autrement.

4- Reconsidérez l’espace de travail : un vrai lieu de coopération

A ce moment précis, nous sommes confinés, contraints à télétravailler de chez nous le plus possible. Alors certes, cette pandémie va profondément changer notre rapport au travail, mais nous retournerons sur site ou sur des tiers-lieux car c’est là que se joue le lien social. Mais pour cela, il faudra que les entreprises réinventent leurs espaces de travail. Ces derniers devront répondre à des enjeux de sociabilité, d’intelligence collective, de ressources et de serendipité. Leur succès dépendra vraiment de la valeur ajoutée que les entreprises veulent leur donner. Il va de soi, que le sujet du bureau pose une vraie question : « mais que voulons-nous faire ensemble dans nos espaces de travail ? ».

Outre le fait de davantage considérer l’espace de travail comme un HUB, il devra aussi être un terrain de jeu reflétant l’ADN de l’Entreprise, un lieu en accord avec sa stratégie et sa culture managériale.

Et vous ? Comment faites-vous au sein de votre entreprise pour booster la coopération, mieux travailler le “nous” ? N’hésitez à laisser un commentaire en partageant vos expériences pour enrichir le collectif et nous pousser à nous améliorer.
Enfin si vous souhaitez réfléchir sur des axes d’amélioration de votre culture collaborative, envoyez-nous un mail à l’adresse suivante : laetitia.tereygeol@cinaps.com

Transformation

Remobiliser ses équipes. Et s’il fallait tout réinventer ?

5 octobre 2020
Remobiliser ses équipes et s'il fallait tout réinventer

Cette année a été une épreuve collective et un grand bouleversement dans nos habitudes de vie, dans notre relation aux autres et dans notre rapport au travail. Nous avons dû réagir à des situations individuelles et collectives qui nous ont profondément impactées. Durant cette rentrée, nous constatons, au-delà des inquiétudes, une certaine lassitude à continuer à organiser son activité sous contrainte et dans l’incertitude. Comment, dans ce contexte, pour un dirigeant ou un manager, remobiliser ses équipes, réinventer de nouvelles manières de travailler et de collaborer quand les collaborateurs s’essoufflent pour s’adapter à une crise qui s’éternise ?

Une crise ou un changement de paradigme ?

Depuis un an, bon nombre d’entreprises et d’activités sont, tour à tour, bouleversées par des mouvements sociaux, des manifestations puis les différents épisodes du COVID. Ces épreuves ont mis à mal des habitudes professionnelles et engendré de profonds changements des habitudes de consommation.

Face à la durée de la crise, il ne s’agit plus de réagir en s’adaptant à la situation mais de revoir en profondeur la manière d’exercer son activité ou de proposer une offre « autrement ». En effet, les secteurs comme l’évènementiel, la restauration ou encore les services collectifs (formation, sport, spectacles) ont dû revoir leur manière de dispenser leurs services mais également leur organisation et leurs process pour y parvenir. Mais à regarder le verre à moitié plein, n’est-ce pas là une formidable opportunité de rebondir.  

S’adapter ou se réinventer ?

Ce bouleversement remet non seulement en question les modèles économiques traditionnels mais oblige également à une profonde remise en question de nos modes de fonctionnement et de travail en équipe. Certaines entreprises ont su réinventer en profondeur leur activité ou la manière de créer et de dispenser du service.

A titre d’illustrations, des restaurateurs se sont adaptés en utilisant les espaces publiques, en favorisant les livraisons à domicile. Ceci a conduit à revoir leur process pour développer de nouveaux formats de livraison. L’évènementiel a également subi le séisme du Covid et a dû repenser les évènements à huis clos en passant par la retransmission télé ou visio. Dans notre secteur d’activité, le conseil, la formation, le coaching ou encore la conduite de projet s’envisagent aujourd’hui en distanciel à 100% plutôt qu’en présentiel. Tout le succès réside dans notre capacité à innover plutôt qu’à adapter. Car l’idée n’est pas de calquer le présentiel sur des outils à distance, mais de concevoir une pédagogie active avec le meilleur de la pédagogie digitale et de recréer de l’interactivité malgré la distance.

Comment remobiliser les équipes autour d’une nouvelle dynamique ?

Au-delà des difficultés vécues par les Entreprises, les Hommes qui la composent aujourd’hui sont eux-mêmes mis à mal et épuisés face aux efforts déployés et à l’incertitude liée à la crise. La remobilisation dans son activité professionnelle, à distance ou dans un mix présentiel/distanciel après 6 mois d’efforts commence à impacter la mobilisation et la motivation des équipes. Comment dans cette situation redonner un nouveau souffle nécessaire pour réagir efficacement et continuer à avancer ?

On constate que les dirigeants et les managers qui recréent une nouvelle dynamique autour d’eux, ont souvent un point commun. Ils invitent leurs équipes, non pas à réagir à la situation de la crise mais à être proactifs et à proposer ensemble de nouvelles manières de faire et à co-construire de nouveaux modes de coopération pour y arriver.

Cette posture développe ainsi la créativité au sein des équipes et fait émerger des idées nouvelles pour adapter le service ou l’offre mais aussi pour adapter la manière de le créer collectivement… Cette dynamique de rebond coresponsable a également pour effet de révéler des talents jusque-là cachés au sein des équipes.

A titre d’illustration, on a pu voir des personnes boostées par ces appels à l’initiative, se réinvestir et être moteur d’innovation sur les services clients ou sur les modes de collaboration internes. Ainsi, de nouveaux potentiels émergent : ils prennent le lead dans l’animation de nouveaux modes de meetings collaboratifs ; ils lancent des webinaires ; produisent des podcasts ou des webséries pour communiquer différemment avec leur réseau professionnel ; ils participent à la transformation de formations présentielles en modules interactifs distanciels… Bref, ces talents émergeants nés de la crise, créent des opportunités à partir des impossibilités.

Allez lire également notre infographie sur Quel management pour booster vos équipes ?

Un nouveau souffle pour les managers

Pour les managers, c’est également une satisfaction de sentir cet élan partagé au sein du collectif. La difficulté du manager ou du dirigeant est de faire face à sa propre inquiétude liée à l’incertitude et à la crise. Cette dynamique d’innovation collective vertueuse permet à chacun de redevenir acteur. Le réengagement qui en découle offre un souffle nouveau qui évite le sentiment d’impuissance.

En quête d’inspiration et de ressources innovantes, les managers tentent de réinventer l’expérience au travail. Nous les accompagnons pour trouver de nouvelles dynamiques en observant d’autres secteurs d’activité, au travers de webinaires, de partages d’expériences et de codéveloppement multisectoriel. Les parcours proposés pour développer leurs compétences et retrouver le souffle nécessaire au réengagement se veulent volontairement multimodaux pour une expérience apprenant personnalisée et la plus épanouissante possible.

Transformation

Comment adapter votre posture managériale en temps de crise ?

1 septembre 2020
Adapter sa posture managériale en temps de crise

L’heure est à la réflexion pour rapidement, en cette rentrée, agir vite et bien. Alors si vous adaptiez votre posture managériale ?

Voici quelques conseils pour vous aider à repenser votre relation avec vos collaborateurs. Face à la crise sanitaire et la distancialisation qu’elle engendre, redoublons d’attention vis-à-vis de nos équipes, mettons les Hommes plus encore au coeur du système. Voici quelques éléments, que nous espérons inspirants, pour adapter votre posture et ainsi (re)mobiliser vos équipes.

Ou commencez votre lecture ci-dessous :

Adapter sa posture managériale en temps de crise

Vous souhaitez aller plus loin et être accompagné en cette rentrée. Justement, nous proposons une offre d’accompagnement à destination des managers pour (re)dynamiser leurs équipes, lever les peurs, mieux communiquer à distance et (ré)engager les individus. Contactez-nous à l’adresse suivante pour en savoir plus : laetitia.tereygeol@cinaps.com.

Innovation - Digital

Learning Community Manager : un nouvel allié pour la formation

22 octobre 2019
Learning community manager, l'allier de la formation

Learning Community Management ou LCM, voyons de quoi il s’agit et d’où vient cette tendance. Dans la langue de Molière, on parlera plutôt d’animateur de communautés d’apprenants. Il s’agit d’une fonction émergente dans l’écosystème de la formation. Alors, tendance éphémère ou réelle évolution dans la manière de conduire la formation en entreprise ?

 

Learning Community Manager : une réponse aux difficultés d’engagement des apprenants

Le premier facteur qui peut expliquer l’apparition de cette nouvelle tendance est le contexte actuel et l’évolution de la formation professionnelle. La digitalisation de la formation ne se déroule pas comme on aurait pu l’imaginer il y a 20 ans. Pas de disparition du présentiel, pas d’hégémonie du formateur virtuel. Dans la réalité, si la consommation du digital learning évolue, elle peine encore à capter toute l’attention et l’engagement durable des apprenants… Un chiffre illustre à lui seul la difficulté d’insuffler une culture autonome de Digital Learning : 80 % des apprenants ne vont pas au bout d’un MOOC.  Le taux de complétion (pourcentage d’individus qui finissent une session de Digital Learning) et à l’inverse celui de décrochage restent une préoccupation majeure des responsables formation.

Enfin, la réforme de la formation professionnelle intervenue en 2018, induit une autre évolution : la formation est dorénavant pilotée par les apprenants eux-mêmes en autonomie. Cette tendance à deux conséquences : la formation est de moins en moins poussée et « exigée » par l’entreprise mais de plus en plus laissée au choix et à l’organisation de l’apprenant lui-même. La seconde conséquence collatérale est liée à la priorisation de la formation : étant de moins en moins obligatoire, les apprenants se désengagent plus facilement d’une formation, présentielle ou à distance, même demandée en amont, pour des priorités professionnelles qui prennent le pas sur l’acte de formation.

 

Le rôle du Learning Community Manager : créer du lien pour donner envie

L’arrivée de cette nouvelle fonction dérivée des Community Managers apporte une réponse à un nouveau besoin : animer une communauté apprenante pour créer un lien, une guidance et une émulation des apprenants aussi bien dans les phases de formations présentielles, qu’à distance.

En effet, la nouvelle configuration de la formation professionnelle nécessite de recréer un lien entre l’individu et son parcours de formation. Même si l’individu est toujours aussi sensible à l’intérêt de développer ses compétences, les priorités multiples, les injonctions émises par les différents acteurs dénouent le lien indispensable à un engagement prioritaire dans une logique de formation.

On est passé de la formation à distance à une distance de la formation, rendant plus complexe l’engagement en formation. Le besoin des apprenants et de l’organisation est donc de recréer du lien. Il ne s’agit pas de réinstaurer une injonction RH comme cela a pu être le cas dans le passé (on m’a imposé cette formation).

Le rôle du Learning Community Manager consiste à animer une communauté d’apprenants -les personnes engagées dans un processus de formation- afin de leur apporter le soutien, l’appui, le challenge et le suivi nécessaire pour optimiser leur investissement et leurs temps de formation.

Le Learning Community Manager occupe ainsi une place charnière, un rôle d’interface, de médiateur entre les différents acteurs qui composent un dispositif de formation.

 

La mission principale du Learning Community Manager : coordinateur des apprentissages et des apprenants

Sa mission couvre plusieurs objectifs :

  • Créer l’envie, faire vivre le sens et la cohérence des parcours de formation.
  • Tutorer les apprentissages, à distance mais également dans les phases présentielles.
  • Délivrer des contenus complémentaires pour alimenter les apprenants au regard de leurs besoins.
  • Challenger les apprenants pour susciter un vrai engagement dans les différentes étapes de leur formation (en amont, pendant, en intersessions, comme en aval de la formation).
  • Créer le lien entre les différents acteurs de la formation (RH et formation, managers d’apprenants, l’apprenant lui-même, les organismes de formation, le réseau des apprenants).
  • Réaliser des bilans pour aider à consolider les apprentissages, guider les apprenants dans une logique de progression voire de certification des acquis.
  • Proposer des évolutions dans la dynamique des parcours et de leur animation (social learning, animation de communauté, évènements…)

 

A l’instar des formateurs, le Learning Community Manager est donc un facilitateur d’apprentissage et de coordination des apprentissages. En cela, il est aujourd’hui un allié précieux pour tous les acteurs de la formation professionnelle : il est le facilitateur au service de l’apprenant, le coordinateur au service des communautés d’apprenants, l’optimiseur des investissements formatifs au service des entreprises, l’accompagnateur de la logique de parcours de compétences souhaité par le législateur dans sa loi « avenir professionnel ».

Transformation

« Expérience collaborateur », un nouveau « dossier » pour les RH ?

23 mai 2019

L’ expérience collaborateur, 2 mots en vogue dans la littérature, les conférences et baromètres divers et variés du monde des ressources humaines. Effet de mode, tendance de fond ou simple façon de mettre de nouveaux mots sur une réalité qui existe depuis bien longtemps ? Pourtant l’expérience collaborateur est plus que jamais au centre des enjeux sociétaux des organisations. Cette nouvelle expression traduit une nouvelle manière de tenir compte des hommes et des femmes qui la composent et pour la 1ère fois, de ce qu’ils ou elles  vivent en entreprise. Elle souligne aussi  une volonté de leur proposer une « offre » (à l’instar d’une offre client) à même de pérenniser la relation, de susciter l’engagement dans le temps. Alors, cette notion réinterroge-t-elle vraiment le lien entre entreprises et collaborateurs ?

 

« L’expérience collaborateur » : rien de nouveau sous le soleil ?

L’expérience collaborateur (née dans la foulée de la notion « d’expérience client ») désigne l’ensemble des émotions vécues par le collaborateur pendant son parcours dans l’entreprise. Elle n’est pas nouvelle en soi.  Elle met en lumière les fondements du fonctionnement humain sur le plan émotionnel tout en détrônant au passage la notion de « salarié » , signe d’une évolution du lien centré sur plus de réciprocité et d’égalité entre les différents acteurs de l’entreprise.

Haut lieu d’interactions et d’enjeux (pas que professionnel d’ailleurs), le travail a toujours été générateur d’émotions et les collaborateurs ont toujours ressenti des émotions –plus ou moins fortes, agréables et variées – au sein de leur entreprise. Pourtant, la formalisation du terme « expérience collaborateur » a ceci d’intéressant qu’elle traduit la place aujourd’hui plus assumée des émotions dans la vie au travail. Le vocabulaire émotionnel réussit à se faire une place dans les échanges professionnels. Le partage des ressentis pour construire des liens authentiques trouve sa légitimité.

Les avancées des travaux en psychologie et notamment en psychologie positive ont mis récemment en lumière le rôle majeur des émotions dans l’engagement, la créativité, le discernement et donc la performance en entreprise. L’intelligence émotionnelle a aujourd’hui valeur d’atout dans le recrutement, les parcours et la prise de responsabilités clés et notamment humaines.

 

Le manager et  l’organisation du travail au cœur du sujet

Compte tenu de l’enjeu, réfléchir et contribuer à l’amélioration de ce que vivent les collaborateurs dans l’entreprise revient à travailler « dans le dur » autrement dit à s’intéresser à ce qui compte le plus pour les collaborateurs, aux facteurs qui ont le plus d’impact sur les moments associés au travail :

  • le contenu et l’organisation du travail,
  • la qualité des liens et de la communication interpersonnelle,
  • la proximité et l’exemplarité du management,
  • la chasse aux irritants…

Et si les mesures « hors temps de travail » peuvent avoir leur charme (aménagement d’un espace de détente, offre de services type conciergerie…) elles s’avèrent – si elles cachent la forêt des sujets de fond – être non seulement inefficaces mais dramatiquement contre-productives.

 

L’air du temps et son lot d’expressions nouvelles invitent donc à revisiter et réinterroger les perceptions et les attentes respectives des différents acteurs. Et cette fois-ci, avec un autre prisme légèrement différent.
« L’expérience collaborateur » conduit « naturellement » aux valeurs, au sens et aux moteurs profonds des collaborateurs. Elle implique, pour être conçue positivement, de mettre en place un accompagnement tenant compte des aspirations individuelles, de développer un état d’esprit plus centré sur la coopération que le rapport de force, d’instiller la confiance plutôt que la peur, de développer et responsabiliser au lieu d’ordonner… Et pour se faire, de favoriser l’émergence de leaderships singuliers (et non plus normatifs) pour toucher au cœur des Hommes et donc des vrais enjeux…

 

Leadership

Vos collaborateurs sont-ils plutôt motivés, impliqués, engagés ou mobilisés ?

12 mars 2019
Mobilisation et motivation des collaborateurs

Au niveau sémantique, les notions de motivation, d’implication, d’engagement et de mobilisation semblent – il est vrai – proches ou synonymes. Alors je tente, un travail d’éclaircissement personnel, que je partage dans ce post.

Ces problèmes de définition et de terminologie ont été évoqués dès 1991 par J.-P. Neveu. Il soulignait que deux termes, dans les travaux en langue anglaise, désignaient les rapports d’ordre cognitif ou affectif liant l’employé à son univers de travail : involvement et commitment. Le premier concernait selon lui l’adéquation homme/emploi (« job involvement ») et le deuxième les rapports développés par l’individu envers l’organisation qui l’emploie (« organizational commitment »).

Il remarquait également que ces deux termes avaient été traduits par « implication » dans la recherche française et proposait une clarification de la terminologie pour faciliter le développement des recherches mobilisant ce concept. Il suggérait alors d’introduire le terme « engagement », en référence aux travaux des chercheurs en psychologie, pour illustrer la relation individu/emploi tandis que le terme « implication » désignerait les rapports individu/organisation.

Beaucoup ont essayé d’apporter de la clarté sur ces concepts, et beaucoup ont apporté des définitions souvent très différentes en fonction de leur science de rattachement (psychologie individuelle ou cognitive, psychologie du travail, sociologie des organisations…).

 

La motivation

Être motivé, c’est avoir un objectif, faire un effort pour l’atteindre et persévérer jusqu’à ce que l’objectif soit atteint.

Quels sont les facteurs de motivation des salariés ? Les travaux de nombreux chercheurs ont montré que les déterminants de la motivation sont complexes et nombreux.

Frederick Taylor considère que la motivation est fondée sur le gain, le revenu, le salaire.

Elton Mayo considère que la motivation est fondée sur des facteurs psychologiques : conditions de travail et dynamique du groupe.

Abraham Maslow considère que la motivation est fondée sur la satisfaction de besoins hiérarchisés, les besoins primaires mais également les besoins supérieurs (réalisation de soi).

Frederick Herzberg analyse la motivation selon deux axes : les facteurs d’hygiène qui évitent la démotivation (le salaire, les conditions de travail, la sécurité et le statut) et les facteurs de motivation qui motivent (la responsabilité des tâches, la reconnaissance de la hiérarchie, l’évolution de carrière et l’autonomie).

Victor Vroom développe une théorie dite “théorie des attentes” dont l’idée de base est qu’un individu ne fournira un effort que si cet effort lui permet d’obtenir une récompense et que cette dernière est valorisante à ses yeux.

La motivation peut donc être considérée comme un niveau d’énergie, directement liée au salarié qui cherche à satisfaire ses besoins, ses attentes.

 

L’implication

L’implication concerne l’attachement affectif du salarié à son entreprise : un lien psychologique volontaire reflétant un dévouement et un sentiment de responsabilité.

Conceptuellement, on peut la caractériser par une forte croyance, une adhésion aux buts et valeurs de l’entreprise ; une volonté d’exercer des efforts considérables au profit de l’entreprise ; un fort désir de rester membre de l’entreprise.

Le salarié impliqué travaille beaucoup, et plus que ce qui est attendu de lui mais il le décide lui-même. La réussite du salarié impliqué passe par la réalisation des objectifs de l’entreprise.

L’implication représente donc quelque chose au-delà de la loyauté passive à l’organisation ; elle traduit une association active entre l’entreprise et l’individu impliqué de telle sorte qu’il ait la volonté de donner de lui-même pour contribuer au bien-être de l’entreprise à laquelle il appartient.

L’implication se démarque du concept de motivation en soulignant l’importance de l’attachement dans le rapport de l’individu à son organisation.

 

L’engagement

Comme précisé dans l’introduction, selon J.-P. Neveu, le terme « engagement » désignerait la relation individu / emploi.

L’engagement au travail se définit comme un état affectivement positif, de totale motivation qui persiste dans le temps. Cette notion renvoie à un état de bien-être, caractérisé par des niveaux élevés d’énergie investie dans le travail (ou par un niveau faible d’énergie investie pour les salariés désengagés).

La personne engagée dans son poste est donc une personne qui voit son travail comme quelque chose de motivant et de stimulant, qui est déterminé à la fois dans son travail en général, à son poste en particulier ainsi qu’au niveau de l’organisation. Cela le rend moins enclin à envisager de quitter sa position.

Il traduit donc le fait que le travail peut satisfaire les besoins saillants et les attentes de la personne. D’un point de vue conceptuel, la notion d’engagement chevauche alors les concepts de motivation et d’implication, en précisant que l’individu s’engagerait dans son travail par le déploiement d’efforts intenses.

La notion d’engagement fait aussi entrer une notion plus « contractuelle ». En effet, derrière le contrat de travail qui est un support légal formalisant les obligations des deux parties (les engagements réciproques, les droits et les devoirs, les promesses), il existe aussi un contrat psychologique qui est un ensemble d’ententes tacites entre les employés et leur direction en termes d’engagement réciproques. La rencontre entre les attentes mutuelles et la satisfaction des besoins respectifs de l’homme et de l’organisation à travers leur relation favorisera l’adéquation individu / travail.

 

La mobilisation

Selon Tremblay et Wils (2005), la mobilisation est le fruit d’un processus progressif d’implication et d’engagement individuel. Selon eux, elle implique que des comportements précis soient graduellement respectés et maintenus sur une base individuelle par l’ensemble d’un groupe d’employés.

Il y aurait donc mobilisation lorsqu’une masse critique d’employés accomplissent des actions positives, faisant partie ou non de leur contrat de travail, rémunérées ou non, visant à favoriser le maintien et l’amélioration de la santé sociale et psychologique du milieu de travail et à rendre l’organisation meilleure et plus performante.

Mobilisation motivation engagement implication Pour aller plus loin, les travaux de B. Charles-Pauvers et D. Peyrat-Guillard : “L’implication (ou l’engagement ?) au travail : quoi de neuf ?” ; l’article ci-dessus rédigé s’en est nourri. 

 

En psychologie, la motivation individuelle, l’implication organisationnelle, l’engagement au travail, et la mobilisation collective représentent des facettes complémentaires de la notion d’attachement au travail. Chacun des termes renvoie donc à de spécificités subtiles et ces distinctions auront un intérêt selon ce que l’on cherche à étudier ou à développer.

Alors, vaut-il mieux avoir des collaborateurs motivés, impliqués, engagés ou mobilisés ? Personnellement, je dirais « mobilisés »… et vous ? N’hésitez pas à rebondir sur cet article, j’accepte d’emblée vos critiques et vos désaccords.

Clin d'oeil

Job Crafting : redonner le pouvoir d’agir au collaborateur

20 février 2019
Job crafting, l'art de façonner un travail sur mesure

 

Vous prenez 2 mots que vous accolez, Job pour travail et Crafting pour « artisanat » ou encore « fait main ». Le Job Crafting est donc l’art de façonner ou remodeler son travail. Une idée arrivée il y a déjà une décennie d’outre-Atlantique mais qui résonne aujourd’hui avec les attentes des dernières générations arrivées dans le monde du travail. « Avoir un job qui me ressemble » devient une aspiration courante, non seulement des dernières générations mais aussi des générations qui les précédent et qui sont en quête de sens. Serait-on obligé d’avoir des babyfoots ou des murs de céréales pour s’éclater dans son job ? Ou y’aurait-il une voie pour donner au collaborateur le pouvoir de redesigner les contours de son poste ?

Réinventer son job constitue une bonne manière de redonner du pouvoir au collaborateur pour insuffler une nouvelle envie et rebooster son engagement dans son activité.

 

Le point de départ du Job Crafting : partir de l’individu, de ses atouts et de ses différences

La philosophie du Job Crafting repose sur une idée simple : chacun peut apporter une plus-value différente à son activité au regard de sa personnalité singulière, de ses atouts et de ses préférences. L’idée est de lutter contre l’uniformisation des pratiques ou contre le « dictat de la Job Description » en faisant le pari de l’adéquation entre une personnalité et les bonnes idées de chacun pour rendre encore plus efficace et plus riche son activité.

Partant de ce postulat, la base du Job Crafting invite l’individu à identifier les atouts (compétences socles que je possède pour ce job) et les préférences (quelles sont mes zones de confort et de facilité : l’organisation, la technicité, l’humain, la technologie…). De ce constat individuel, le Job Crafting propose à chaque personne de redesigner certains aspects de son job en restant centré sur les objectifs de performance du job au sein de l’organisation (définis autour de KPI clairs).

Cette idée ouvre la voie à un management qui laisse une vraie initiative au collaborateur pour redessiner son activité autour des mêmes objectifs de performance et de contribution au collectif.

Il s’agit d’une démarche responsabilisante, elle peut s’exercer autour d’axes différents : l’environnement du travail, son organisation, son contenu… Nous ferons un focus sur 3 axes majeurs du Job Crafting : le périmètre du travail, les relations au travail et le champ des perceptions du travail réalisé.

 

  1. Redonner du pouvoir d’agir au collaborateur sur le périmètre de son travail.

Il est possible de redonner un sens nouveau au travail en faisant évoluer la nature des tâches réalisées ou la manière de les réaliser. Ainsi, une personne peut transformer une tâche rébarbative en innovant, en modifiant sa manière de la réaliser. Quelques exemples : un(e) informaticien(ne) qui doit saisir quotidiennement des codes correctifs sur des programmes existants pourra choisir de centraliser des erreurs récurrentes pour construire des développements spécifiques qui corrigent automatiquement ces erreurs. Un(e) vendeur(euse) pourra choisir de conseiller ses clients sur les tailles adaptées pour limiter les activités de rangement des habits après essayage, ou encore un(e) assistant(e) pourra choisir de livrer les informations importantes de la journée au travers d’un Whats’app plutôt que de livrer les informations à chacun par mail…

Il ne s’agit pas simplement de modifier le périmètre de l’activité mais d’ouvrir la possibilité au collaborateur de revoir la manière dont il réalise les différentes activités de son job. En « réinventant le comment faire » et en réactivant « l’envie de faire », en essayant autre chose, le Job Crafting constitue un gage d’innovation et d’efficacité.

 

  1. Offrir la possibilité de faire évoluer la nature des relations avec les autres dans son travail

Le deuxième axe du Job Crafting permet de réinventer le rapport aux autres dans son travail et son réseau professionnel. Le collaborateur peut ainsi proposer de nouvelles modalités de travail en équipe ou simplement faire évoluer ses interactions avec ses collègues ou sa hiérarchie. Le manager peut quant à lui transformer son mode de management ou travailler sur les modes de communication et d’échange avec les autres au sein de l’organisation.

A titre d’exemples, un(e) manager pourra proposer de remplacer des temps de réunions chronophages par un petit-déjeuner sous forme d’un tour d’horizon de l’activité, des résultats. Un(e) chargé(e) de marketing ou de communication pourra mettre en place un forum d’idées pour permettre à chacun des membres d’un groupe de travail de proposer une initiative personnelle qu’elle aimerait soumettre au collectif. Un(e) chargé(e) de projet technique pourra proposer de créer des réunions tournantes dans différents services animés par différents acteurs pour apporter des points de vue croisés et ainsi changer l’angle de vue des participants aux réunions projets.

Redonner le pouvoir aux personnes pour recréer une nouvelle dynamique relationnelle permet de remettre dans les mains de chacun la responsabilité des relations entre collègues et de l’ambiance au sein d’un collectif.

 

  1. Aider chaque personne à travailler la perception du travail réalisé

Enfin, dernier axe mais loin d’être symbolique, il s’agit d’amener chacun à prendre conscience et à retravailler le sens lié à son action. Quand 38 % des salariés estiment que l’intérêt de leur job est leur premier facteur de bien-être (Source étude Actinéo, 2017), cet axe consiste à permettre à chacun d’identifier les bénéfices de son action au-delà de ceux définis ou perçus par l’organisation elle-même.

Ainsi un(e) hôte(sse) pourra prendre conscience que sa relation avec les personnes extérieures à la société est un élément crucial de l’image donnée de la société et de l’état d’esprit de ses salariés. Elle pourra ainsi vouloir accueillir chaque client en se présentant par son prénom et en lui souhaitant la bienvenue de la part de toute l’équipe. Je repense également à ce serveur qui, dans un espace de coworking, le jour de la saint Valentin, a fait le choix de réaliser des cœurs dans la mousse de café. Il suscite ainsi le sourire de ses client(e)s et leur permet de vivre une expérience originale et de passer une belle journée dans cet espace de travail collaboratif.

Le Job Crafting offre ainsi une voix aux managers et aux collaborateurs, pour redonner le vrai sens du travail. Il permet aussi de réinvestir chacun dans sa responsabilité pour rendre un service valorisant en investissant autrement sa mission dans l’organisation.