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6 astuces pour générer la confiance interpersonnelle

5 mai 2021
6 astuces pour générer la confiance interpersonnelle

Lorsque 38 patrons de grandes entreprises comme Axa, Alcatel-Lucent, Michelin, Général Electric, Accor… signent une charte « confiance et croissance » et s’engagent à mesurer un indice de confiance dans leur entreprise, il y a là un signe que la confiance devient une préoccupation majeure. En effet, la confiance est l’indice numéro 1 de performance des entreprises. Or, elle ne se décrète pas, elle se construit. Les managers ne peuvent pas créer la confiance mais seulement créer les conditions de la confiance. Alors comment s’y prendre ?

Cinaps vous propose un format de contenu différent : et si vous vous glissiez dans la conversation entre un manager et son coach pour découvrir 6 facteurs clefs de la confiance interpersonnelle*.
En tant que manager, vous apprendrez comment générer les conditions de la confiance. On clarifie les grandes idées, en partant d’une situation presque réelle !

Le manager : peux-tu m’en dire plus sur les conditions permettant de construire la confiance ?

Le coach : commençons aujourd’hui par la confiance interpersonnelle (on vous parlera de la confiance organisationnelle dans un prochain article). Je te propose de faire un auto-diagnostique sur les 6 facteurs. A chaque facteur tu devras t’évaluer et me donner un exemple concret. Es-tu d’accord ?

Le manager : OK mais je ne suis pas le meilleur juge de moi-même.

Le coach : tu pourras toujours faire l’exercice plus tard avec tes collaborateurs et comparer les résultats avec ta propre évaluation. Pour générer de la confiance dans les relations interindividuelles les 6 facteurs sont : la loyauté, la fiabilité, l’humanité, la proximité, le courage et la décentration de soi.

Le manager : tout à fait moi !

Le coach : pour chaque facteur, tu t’évalues sur une note d’intensité de 1 à 10, puis tu me donnes un exemple concret qui justifie ta note.

Le manager : bien, alors allons-y.

On fait toujours plus confiance à une personne loyale

Le coach : le 1er facteur de la confiance interpersonnelle est la loyauté. On fait toujours plus confiance à une personne loyale.

  • C’est la loyauté vis-à-vis de soi-même, de ses valeurs mais aussi vis-à-vis des autres.
  • C’est la droiture (“je fais ce que je dis”).
  • La fidélité (“je ne trahis pas mes collaborateurs” ; “je suis présent quand ils ont besoin de moi” ; “je les défends au besoin”).
  • L’honnêteté (“j’agis conformément aux règles définies”).
  • La probité, l’intégrité (“je respecte scrupuleusement mes devoirs”).

Le manager : hum ! Ça me caractérise bien. Certains même pensent que j’en fais trop dans ce domaine, que je suis un peu rigide. Je vais mettre 9.
Un exemple, je tolère très mal les écarts à l’honnêteté, même s’ils sont minimes. Je peux me mettre en colère pour ça.

On fait toujours plus confiance à quelqu’un qui se révèle fiable

Le coach : passons au 2ème facteur. C’est la fiabilité. On fera toujours plus confiance à quelqu’un qui se révèle fiable. La fiabilité fait référence aux compétences et aux respects des engagements :

  • La personne fiable démontre ces compétences.
  • Elle génère un sentiment de sécurité dans ses actions et interventions.
  • Elle tient ses engagements. Elle fait preuve de constance dans ses actions et dans ses discours.
  • Elle est crédible dans ce qu’elle dit et fait car ses engagements sont étayés par les faits.

Le manager : là encore je mettrais 8 car c’est très important pour moi. La fiabilité est un gage de qualité dans nos métiers. La preuve, mes collaborateurs viennent souvent me demander de l’aide pour réaliser leur travail. Ils connaissent mes compétences.

A lire aussi : Découvrez un cas client / “Managers, relevez les défis de la confiance !”

On fait toujours plus confiance à quelqu’un qui agit humainement.

Le coach : le 3ème facteur est l’humanité.

Le manager : hum ! c’est vague.

Le coach : oui mais ça renvoie à des choses précises. Tu vas voir.

  • C’est la capacité à faire preuve de bienveillance dans les relations avec autrui, c’est avoir le souci d’être utile à ceux qui nous entourent.
  • C’est le désintéressement dans ses engagements (capacité à faire des choses sans attente de retour).
  • C’est l’empathie avec un regard positif et constructif sur les autres et la capacité d’écoute pragmatique.

Le manager : j’aide souvent les autres mais je ne suis pas sûr d’être très doué pour l’écoute et l’empathie. J’ai souvent tendance à imposer mon point de vue quand j’aide, à commander plus qu’à écouter. J’utilise souvent l’expression « tu devrais… ». Allez, je me mets 4.

On fait toujours plus confiance à quelqu’un proche de ses équipes.

Le coach : je continue. Le 4ème facteur est la proximité. C’est être proche des gens. Là aussi on accorde plus facilement sa confiance à quelqu’un qui est proche de nous. C’est :

  • Être disponible pour autrui.
  • Se rendre accessible dans les relations, aller vers les autres.
  • Reconnaitre les autres, leur travail, leur investissement, leurs efforts, leurs besoins… et le manifester concrètement.
  • Témoigner du respect pour les autres.
  • Être ouvert aux idées des autres.

Le manager : eh mais c’est très intime ce test. Ça travaille en profondeur. Bon allez je me mets à nu. Ce facteur-là est sûrement celui sur lequel j’ai le plus de progrès à faire. Mes collaborateurs me reprochent souvent mon manque de disponibilité et de reconnaissance ainsi que de dire uniquement ce qui ne va pas. J’ai du mal à aller vers les autres si je n’en ai pas vraiment besoin. Je préfère travailler seul. En revanche je suis très respectueux des autres, je les traite d’égal à égal.  Je me mets 2 et c’est bien payé.

 On fait toujours plus confiance à quelqu’un qui fait preuve de courage.

Le coach : bravo pour ton honnêteté et pour l’effort d’introspection que tu fais. Je sais que ce n’est pas évident. Avant dernier facteur de la confiance interpersonnelle : le courage managérial. Là encore les gens feront toujours plus confiance à quelqu’un qui fait preuve de courage. C’est la capacité à :

  • Voir la vérité, ne pas s’illusionner.
  • À montrer de la ténacité, à faire preuve de fermeté face aux dangers et de la volonté pour résister en situations difficiles.
  • C’est également la capacité à faire preuve de lucidité vis-à-vis de soi-même (être son propre critique).
  • À prendre des risques.
  • À défendre ses convictions.
  • À assumer ses responsabilités et leurs conséquences.
  • À ne pas fuir les conflits, à défendre ses collaborateurs à chaque fois que cela est justifié, et prendre des décisions douloureuses.

Le manager : sur ce point je crois que je me mettrais 7 parce que je ne suis pas certains de toujours faire preuve de lucidité vis-à-vis de moi-même. Ce petit exercice m’y aide. Mais pour le reste, je me reconnais dans tout.
Un exemple : personne ne croyait au succès de notre dernier produit, j’ai pris des risques, j’ai assumé mes décisions, je suis monté au créneau pour convaincre nos financeurs. Ça a été conflictuel, j’ai tenu bon jusqu’à ce qu’ils acceptent.

On fait toujours plus confiance à quelqu’un qui n’est pas centré sur soi.

Le coach : oui c’est une qualité que les gens apprécient chez toi. On va terminer par le dernier facteur : la décentration de soi. Plus on est centré sur soi, moins on inspire confiance.

Le manager : j’ai un peu de mal à comprendre ce facteur.

Le coach : je vais alors te le présenter. Les personnes très centrées sur elles-mêmes présentent souvent les caractéristiques suivantes :

  • Elles sont en recherche permanente de reconnaissance et d’affection.
  • Elles pratiquent la rétention des ressources et des moyens.
  • Elles ont du mal à partager les informations qu’elles détiennent.
  • Dans les relations, elles ont tendance à monopoliser la parole et les espaces d’expression.
  • Elles aiment occuper l’espace (même avec les meilleures intentions possibles).
  • Elles sont souvent dans la sur-présence, qui est une volonté de se rendre indispensable, d’être présent partout et sur tout.

Le manager : aie ! Je dois bien avouer que j’ai des progrès à faire sur le partage des informations. Ça n’est pas spontané chez moi. Pour les ressources et les moyens, je demande toujours aux gens de m’expliquer quel retour sur investissement ils envisagent quand ils me demandent des moyens supplémentaires. Ça me parait normal, il faut penser à la rentabilité mais je sais qu’on me reproche de ne pas toujours mettre les moyens. Je ne crois pas être un monopolisateur, en revanche, j’ai besoin de tout voir et d’être présent sur tous les sujets. C’est grave docteur ? Bon allez 4.

Le coach : il n’y a pas de jugement. Mais tu vois assez clairement quelles sont tes zones d’effort si tu veux développer la confiance dans tes relations interpersonnelles. Tu peux aussi t’appuyer sur tes atouts qui sont important : la loyauté, la fiabilité et le courage. Je te propose de réfléchir à des actions concrètes à mettre en œuvre rapidement sur tes 3 zones d’effort : l’humanité, la proximité et la décentration de soi. Pour conclure une petite précision : sur les 6 facteurs, 2 sont plus importants que les autres et vont générer de la défiance : l’absence de courage et la centration sur soi.

Les premières actions mises en place par le manager pour développer la confiance

Le manager :

  • Pour l’humanité, je vais travailler l’écoute. Dorénavant je n’impose plus de solutions, je bannis de mon vocabulaire l’expression « tu devrais ». Je vais me mettre à l’écoute en questionnant.
  • Pour la proximité, je vais me fixer des créneaux dans mon agenda pour parler avec mes collaborateurs proches et mieux écouter leurs demandes. Je vais aussi me forcer à dire ce qui va avant de pointer ce qui ne va pas. Je pense que je vais aussi plus souvent demander des idées à mes collaborateurs et travailler moins en solitaire.
  • Pour la décentration de soi, je vais favoriser l’expression des points de vue et des idées, mettre mes collaborateurs au cœur, et également partager le plus possible les informations pour qu’ils gagnent en autonomie.

Le coach : beau programme. On se revoit dans un mois pour faire le point sur les résultats de tes actions.

Pour la suite de l’article, rendez-vous dans une semaine, nous parlerons de confiance organisationnelle, une 2ème manière de générer les conditions de la confiance.

Sources : “Confiance et leadership”, d’Ali Armand, éditions ESF.

Leadership

Le servant leader,
nouveau chevalier de l’entreprise du XXIème siècle

7 avril 2021
Servant leader, vers un leadership plus humaniste

On a tous en tête l’image du chevalier servant héroïque et dévoué à une cause, mais peut-être moins celle du leader au service de son équipe, celui qu’on nomme le « servant leader ».   

Dans son ouvrage « The Power of Servant Leadership », Robert K. Greenleaf nous dévoile ce concept où les leaders se concentrent sur leur capacité à entrainer l’adhésion libre de leurs collaborateurs (« followership »). Et bien que le concept date des années 70, il résonne avec une force particulière à l’heure où les nouveaux modes d’organisation influencent l’horizontalité (sociocratieholacratie, entreprise libérée…)

Le servant leader, anti-héros du leadership   

La mission première du servant leader est d’accompagner ses collaborateurs pour les mener vers de nouveaux accomplissements professionnels.  

Il préfère enfiler le costume de coéquipier modèle plutôt que celui de sauveur d’une organisation soumise à des changements permanents et déstabilisants. Loin d’être le héros visionnaire, solitaire et charismatique venu faire table rase du passé, il est celui qui brandit l’écoute, le dialogue, la confiance ou encore la responsabilisation dans l’encadrement quotidien de ses équipes.  

Sa capacité à entrainer les autres dans son sillage n’est pas fondée sur une autorité ou une aura naturelle, mais sur sa capacité à entrer pleinement en relation avec chacun de ses collaborateurs. Par rapport au groupe, il n’est pas celui qui surplombe mais celui qui permet au collectif de libérer la force créatrice et l’initiative plutôt que de commander et contrôler.  

Un style de leadership humaniste diamétralement opposé aux approches traditionnelles  

Les modes de management traditionnels sont encore profondément ancrés dans notre société. Ces schémas pyramidaux que l’on qualifie de « top down », où les décisions sont centralisées, les postes de travail pré-définis, et les reportings généralisés génèrent un malaise, en particulier dans ce moment de profonde remise en cause des repères dans les relations de travail. Pas seulement pour les nouvelles générations qui entrent sur le marché du travail avec de nouvelles attentes. Mais aussi pour les générations installées dans la vie active, dont le mal-être se reflète dans le stress au travail et la recrudescence des risques psychosociaux (RPS) liée à la période actuelle. Les managers se retrouvent eux-mêmes confrontés au « malaise des cadres » tiraillés entre exigences pressantes de la hiérarchie et volonté d’accompagner sereinement leur équipe dans cette crise.  

Face à cela, humaniser les pratiques de management devient nécessaire, en prenant en compte la dimension relationnelle et sociale du leadership. C’est la raison d’être du « servant leadership » : écouter activement, rechercher le consensus et trouver des solutions dépassant le simple compromis pour aider les équipes à grandir et à s’épanouir au travail. 

La posture du servant leader : des effets puissants en entreprise 

Greenleaf, ancien responsable des ressources humaines chez ATT, a lui-même  incarné cette posture auprès de ses équipesexhaustivité et transparence de l’information, exemplarité, autocontrôle, humilité, simplicité… Les résultats sur ses équipes ont été saisissants et ont créés une véritable synergie favorisant l’apprentissage mutuel et le développement des capacités d’adaptation de ses collaborateurs. 

Mais il n’est pas le seul. Jan Carlzon, ancien président de la compagnie aérienne suédoise SAS, s’est inscrit dans la même lignée en fondant son approche managériale sur des principes issus de la psychologie du travail. Au point de la théoriser avec le concept de « pyramide inversée ». Les principes de Greenleaf et Carlzon ont été repris dans d’autres entreprises, notamment la compagnie américaine Southwest. Le tableau qu’on y observe est assez évocateur : l’implication et la fidélité des employés est sans égale, alors même que la gratification y est inférieure à la moyenne du secteur ! Sans oublier les indicateurs financiers qui sont au vert depuis plusieurs années, y compris durant les périodes de crise. Cette dynamique positive découle en grande partie des méthodes de management de l’entreprise.   

Vers un leadership plus humaniste  

« Accompagner quelqu’un, c’est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C’est être à côté. » 

Madame de Sablé. 

La figure du servant leader se révèle particulièrement puissante du fait de sa posture humaniste et sa capacité à tenir compte de la psychologie humaine. Elle dépasse de ce fait le paradoxe apparent entre l’idée de se mettre au service de ses collaborateurs et la posture supérieure du leader charismatique inscrite dans l’imaginaire collectif.  

Pour la répandre, le véritable défi consiste à faire sauter les barrières mentales associées à nos schémas traditionnels : supériorité du chef, omnipotence des actionnaires, quête de pouvoir. Au temps où les employés réclament un « management plus responsable », osons un leadership sans ego, et mettons les leaders, mais aussi les organisations, au service de leurs collaborateurs.  

C’est dans ce sens que, chez Cinaps, nous intervenons pour faire progresser les managers vers de nouvelles postures. Autour de la notion de servant leader, nous accompagnons les managers à créer les conditions du succès pour que leur équipe puisse s’épanouir et donner le meilleur d’elle-même. 

Et vous, êtes-vous prêt à endosser ce rôle de Lancelot des temps modernes ?  

Leadership

Management et télétravail : 10 conseils pour un management à distance efficace

3 mars 2021
Manager à distance en télétravail

La situation actuelle a bouleversé nos modes de travail, et le télétravail s’est réellement installé dans les organisations.
Pour que management et télétravail rime avec succès, les managers adaptent leur posture : plus de confiance, plus d’autonomie, plus d’attention à l’autre, d’écoute des signaux faibles, de coopération, de rituels, d’informel, mais aussi la co-construction d’un nouveau cadre de fonctionnement… Autant de nouveaux challenges à relever pour le manager et ses collaborateurs.

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A vous de jouer !

Management et télétravail manager avec succès
Leadership

Connaissez-vous le « manager connecteur » ?

27 janvier 2021
le profil du manager connecteur par Sari Wilde

Dans le livre « The Connector Manager », Sari Wilde, vice-présidente du Cabinet Gartner, nous délivre le secret du manager connecteur qui réussit le mieux dans le développement des talents et des compétences de son équipe.

Selon Sari Wilde, le manager connecteur n’est pas forcément celui qui coache en direct ses collaborateurs mais il est celui qui ne suppose rien a priori. Il est curieux, il cherche à connaître son équipe c’est-à-dire leurs motivations, leurs centres d’intérêts et leurs compétences. Il investit du temps pour comprendre leurs besoins et les challenges qu’ils ont à relever. Cette compréhension lui permet d’apporter le soutien adéquat à chacun.

Le manager connecteur ne coache pas directement son équipe

Parce qu’il est tout simplement impossible de répondre à toutes les sollicitations de tous les membres de son équipe. En effet, il sait qu’il n’aura ni le temps ni toutes les compétences requises.

Le manager connecteur va plutôt s’appuyer sur les compétences de tous les collaborateurs et s’assurer que chacun bénéficiera d’un accompagnement adéquat par un pair.

Il est particulièrement adapté au monde du travail

Le manager connecteur est particulièrement adapté au monde du travail d’aujourd’hui car il ne prétend pas détenir toutes les réponses mais il est convaincu que d’autres personnes l’ont certainement. Cette humilité est indispensable car les compétences évoluent de plus en plus vite. Ce qui est valable et requis aujourd’hui ne le sera plus forcément dans trois ans.

Le manager connecteur est le plus à même de gérer les conflits

En effet, comme il accepte les différences individuelles, il encourage le dialogue. Chacun se sent écouté et exprime ainsi plus facilement son opinion. Les équipes sont par conséquent plus ouvertes et plus réceptives aux opinions diverses.

Il excelle dans le management à distance

Le manager connecteur est particulièrement efficace dans l’organisation du travail en période de crise COVID-19.  On constate que ce profil crée un climat positif pour leurs collaborateurs qui sont de plus en plus éloignés des uns et des autres par le télétravail. Le manager connecteur est capable de maintenir le lien avec ses équipes malgré l’éloignement géographique, les décalages horaires, les différences de rythme.

Mais alors où trouver ces managers connecteurs ?

Ces connecteurs existent dans toutes les organisations.  Mais encore faut-il valoriser leur approche et ne pas considérer qu’ils font juste du réseautage alors qu’ils favorisent les connexions organisationnelles au sein de l’entreprise.

Et vous, quel type de manager êtes-vous ? Souhaitez-vous faire évoluer votre posture managériale, et ainsi mieux accompagner vos collaborateurs ? Découvrez nos 3 expertises.

Lire aussi – Connaissez-vous le manager libérant ?

Source : The Connector Manager – Why some leaders buid exceptional talent – Others don’t , S. Wilde and J. Roca, New York, Penguin Random House.

Leadership

RÉENGAGEMENT DES ÉQUIPES,
QUELS LEVIERS ACTIVER EN 2021 ?

14 janvier 2021
Managers, imaginez une nouvelle normalité en 2021 pour réengager les équipes

Avez-vous remarqué à quel point il est délicat de souhaiter « une bonne année » comme il est de coutume de le faire. On se sent presque gêné de positiver en ce début d’année et d’appeler de nos vœux des perspectives réjouissantes pour 2021. Alors imaginez, au sein de l’Entreprise, la confusion et l’embarras quand approche les rendez-vous pour faire le bilan et les projections de l’année à venir. Le réengagement des équipes est un véritable enjeu. Comment démarrer l’année autour d’un séminaire d’équipe pour rebooster tout le monde ? Comment réengager la dynamique individuelle autour d’un entretien annuel ? Comment redessiner un nouveau normal pour en finir avec l’attentisme face à l’évolution actuelle de la situation ?    

REPÉRER L’IMPACT HUMAIN DES CHANGEMENTS VÉCUS EN 2020

Le bilan annuel, les échanges traditionnels du début d’année sont l’occasion de mesurer l’impact des changements vécus en 2020 liés à la crise du COVID. En s’inspirant du modèle d’Autissier et Wacheux*, on peut catégoriser les impacts humains liés aux différents changements vécus par un individu ou une équipe sur cette année. L’adaptation de ce modèle nous permet aujourd’hui d’envisager la nature des impacts et des besoins des collaborateurs pour se réengager dans l’activité en 2021.

  • Le premier est un besoin de sécurité. La crise du Covid a amené son lot de peurs et de doutes au sein de l’équipe mettant à mal la sécurité professionnelle, personnelle et émotionnelle des équipes.
  • Le second est un besoin d’avenir. L’incertitude de la situation, les projections au jour le jour font naître un besoin de renouer avec des perspectives, un projet qui redessine l’avenir en 2021.
  • Le troisième est le besoin d’être embarqué pour contrebalancer l’isolement et le retrait subis en 2020. Les personnes qui nous entourent ont besoin de faire partie d’une nouvelle aventure.
  • Enfin, le dernier est le besoin d’être utile et reconnu. Cette année a posé de nombreuses questions sur l’utilité de nos emplois et de nos missions, notamment eu égard à la révision des priorités et à l’importance dans ce moment des professions médicales et leur utilité primordiale pour sortir de cette crise en bonne santé.

ACTIVER LES LEVIERS DE RÉENGAGEMENT DES ÉQUIPES

Les besoins des équipes bousculés par tous les évènements de 2020 peuvent également constituer des leviers du réengagement pour 2021. En repérant les signaux faibles associés aux ressentis et à l’état d’esprit de l’équipe en ce début d’année, vous pouvez activer un ou plusieurs de ces leviers pour répondre au(x) besoin(s) prioritaire(s) de votre équipe.

  • Face au « besoin de sécurité » détecté, un des défis de cette nouvelle année consiste à recréer un cadre de confiance pour le collectif dans la configuration actuelle. Pour se faire, il est nécessaire d’engager une réflexion managériale sur les conditions qui vont permettre à l’équipe de se sentir à nouveau en sécurité dans le contexte de 2021. La situation impose de remettre en question le cadre de travail afin qu’il soit contenant, d’imaginer des modes de gouvernance, de partage et de délibération adaptés aux changements actuels afin de recréer un socle de collaboration, bases d’un nouveau contrat moral d’équipe.
    Lire aussi : La confiance, un levier managérial puissant.
  • Si vous identifier dans votre équipe un réel « besoin d’avenir », le besoin d’avoir des perspectives concrètes, il devient nécessaire de recréer des repères communs pour redonner un cap, et réinventer un nouveau normal, ensemble pour 2021. Le nouveau normal ne peut se décréter mais doit impérativement se construire de manière collaborative en impliquant l’équipe dans une réflexion autour de la nouvelle donne combinant les objectifs de l’organisation, les besoins et les nouvelles contraintes de chacun.
    Lire aussi : Remobiliser ses équipes. Et s’il fallait tout réinventer ?
  • Pour réimpliquer les collaborateurs dans une nouvelle dynamique, répondre au « besoin d’être réembarqués », il est nécessaire de réadapter son management et de remobiliser tout le collectif. Il est important de prendre du recul sur les solutions adaptées à ma situation, faire preuve de créativité pour réinventer des codes, de nouvelles routines de travail en équipe qui redonne le goût et le plaisir de travailler ensemble dans des conditions différentes (mix télétravail, évolution des modes de fonctionnement et de coordination…).
  • Enfin pour répondre au « besoin d’être utile et reconnu », pour prendre conscience de l’importance du rôle de chacun dans l’entreprise, le défi de redonner du sens cette année est particulièrement central. Il va falloir réinvestir la relation au travers d’une communication positive, revaloriser l’action individuelle et collective et insuffler dans le collaboratif de l’enthousiasme et du plaisir. Cette démarche implique de développer une véritable écologie relationnelle et communicationnelle qui prend soin de l’autre et des interactions entre membre de l’équipe, qui valorise les contributions et qualités individuelles, qui redonne la fierté, l’envie et le plaisir de relever les défis de 2021.

Alors n’ayons pas peur de dire « Bonne année à tous » !

*D.Autissier et F.Wacheux, Manager par le sens, Editions Eyrolles, 2006

Leadership

Transparence du management : to be transparent or not to be ?

13 octobre 2020
Transparence du management

D’après une étude de Nielsen en 2016, la transparence du management est une qualité plébiscitée par 87% des employés. Cette qualité est d’autant plus recherchée en 2020, année marquée par la crise sanitaire du COVID-19 qui a imposé aux entreprises le télétravail et la distanciation sociale. Cette nouvelle organisation du travail a inéluctablement fragilisé les liens entre collaborateurs et avec le management. La relation de confiance est malheureusement entamée par le manque de contact et d’échanges réguliers sur le lieu de travail.

Mais que signifie faire preuve de transparence pour un leader ? Comment cette transparence peut-elle favoriser l’engagement des collaborateurs ? Attention, la transparence impose-t-elle la connaissance en détails des activités de tout un chacun ?

Peut-être s’agit-il tout simplement de communiquer ouvertement et honnêtement avec son équipe. L’intérêt est de s’assurer que tout le monde dispose d’informations suffisantes pour réaliser son travail efficacement et prendre des décisions éclairées et alignées avec les besoins de l’entreprise.
En tant que leader, plus vous serez transparent, plus vos collaborateurs sauront trouver les informations pour réaliser leur travail et contribuer ainsi à la pérennité de l’entreprise.

Il est donc nécessaire de partager avec votre équipe toutes les informations qui peuvent être pertinentes pour elle. Or tout ne peut pas être révélé.

Mais qu’est-ce que la juste transparence ?

1- Communiquer avec transparence sur le processus de décision

Selon Simon Sinek, fournir de la transparence, c’est fournir le contexte qui permet de comprendre les décisions qui ont été prises. 

On entend par contexte :

  • Les étapes de réflexion qui ont mené à prendre telle ou telle décision.
  • La gouvernance et les critères d’évaluation utilisés lors de la prise de décision.
  • Les autres options considérées.

2- Communiquer avec transparence sur l’organisation

Pour que l’équipe comprenne l’organisation et les solutions mises en place pour traverser cette période houleuse, le leader doit annoncer clairement les rôles et les responsabilités de chacun et les expliquer. L’équipe perdra ainsi moins de temps à chercher qui est responsable de quoi et à qui ils doivent demander de l’aide au besoin.

3- Reconnaître avec transparence les difficultés

Pour un manager qui souhaite partager avec son équipe le statut de ses projets, la juste transparence serait de ne pas enjoliver la situation mais de rester honnête avec ses co-équipiers en reconnaissant les échecs. Parler aussi bien des succès que des difficultés et des défis rend le leader plus humain et augmente son capital confiance auprès de son équipe car il montre qu’il est possible de grandir ensemble. En effet, les erreurs font partie de l’apprentissage.

4- Reconnaître avec transparence sa vulnérabilité

Beaucoup de leaders ont du mal à reconnaître leur ignorance. Cette posture envoie un mauvais message à l’équipe qui doutera du niveau de lucidité de son dirigeant sur les défis à venir. Et cela n’a rien de rassurant, au contraire. Ce qui rassurera les collaborateurs, c’est plutôt un leader qui connait les limites de son organisation et qui saura ainsi prendre les bonnes décisions. Mais cela demande du courage au leader !

Camoufler la réalité́ économique de l’entreprise, faire passer des intuitions pour des certitudes auront un effet catastrophique sur la relation de confiance entre le leader et son équipe. En effet, tout le monde sait qu’il est impossible de prédire l’avenir. Il serait bien plus efficace de s’appuyer sur l’intelligence collective pour obtenir un futur positif que de jouer à l’autruche, en pensant savoir ce qui arrivera.

La transparence, ce n’est pas de dire tout ce que l’on sait mais plutôt d’ajuster les informations en lien avec la situation, l’état des lieux et son audience. Communiquer avec transparence permet de favoriser l’engagement des membres de son équipe et de mettre en place une culture où l’information peut circuler librement entre les personnes et les services.

Alors qu’attendez-vous pour être un manager « transparent » ?

Leadership

La confiance, un levier managérial puissant

21 septembre 2020
la confiance, un levier managérial puissant

Créer une relation de confiance au sein de son équipe est souvent difficile, surtout lorsque l’on manage dans le contexte actuel qui peut engendrer des tensions, avec en plus des équipes souvent en télétravail. Pourtant elle représente un enjeu de taille pour les entreprises, et mérite que l’on y accorde une attention particulière. Car développer une culture de la confiance est un pari sur la performance des organisations. Alors comment définir cet attracteur étrange ?

La confiance est, en effet, un pari sur la loyauté et la fiabilité de l’autre, un pari sur l’adéquation et la pertinence de la prestation vis-à-vis de nos attentes, une prédiction positive dans le futur et dans le comportement coopératif d’autrui.

En ce sens, la confiance réduit la complexité, fluidifie les échanges, permet de mieux faire face à l’incertitude et autorise un passage plus rapide à l’action. Ali ARMAND (dans son ouvrage Confiance et Leadership / édition ESF) la définit d’ailleurs comme un sentiment de sécurité et de sérénité qui favorise l’engagement dans l’action.


6 caractéristiques singulières de la confiance

La confiance est un sentiment et non une compétence. La confiance se ressent : c’est un état psychologique, un pari sur l’autre, une prédiction positive face à une promesse ou à une attente. Georg Simmel définit, à ce titre, la confiance comme une suspension du doute (Auf heben) : c’est-à-dire suspendre les soupçons ou les calculs.

  • La confiance est rarement totale : on peut faire confiance à quelqu’un sur tel ou tel registre et pas sur d’autres.
  • Tout comme la motivation ou le sens, la confiance a une propriété intransitive et réflexive. C’est-à-dire qu’un manager ne peut pas motiver, donner du sens ou avoir confiance pour son collaborateur ; c’est le collaborateur lui-même qui se motive, trouve du sens ou accorde sa confiance. Le manager ou/et l’organisation ne peuvent que mettre en place les conditions favorables à l’émergence de ce sentiment.
  • La confiance repose sur une forme de prise de risque, de pari ; elle peut donc montrer notre vulnérabilité, notre dépendance ou encore notre peur face à l’incertitude. Elle se nourrit donc de l’espoir de l’accomplissement d’un contrat, d’un respect des engagements, de l’obtention de récompenses, de gains ou/et de bénéfices (plaisir, jouissance de biens, maîtrise de soi et de son destin, conscience d’être, ambitions, fierté d’appartenance…). Elle répond aux besoins fondamentaux de sécurité et de sérénité qui favorisent l’intensité et l’efficacité de l’action.
  • La confiance est directement dimensionnée à l’intensité de la collaboration. Sans collaboration, pas besoin de confiance.
  • La confiance est aussi intimement connectée à la contractualisation. Plus la contractualisation ou/et la coordination sont faibles, plus le besoin de développement de confiance est grand.

La fonction première de la confiance est de réduire la complexité et de permettre l’accélération en diminuant les coûts de coordination et de transaction (contrat par exemple).

Plus une société est complexe et plus, naturellement, l’incertitude y règne. C’est pourquoi nos sociétés complexes ont de plus en plus besoin de confiance ; parce que nous y sommes plus interdépendants que jamais. Sans confiance, il deviendrait pratiquement impossible d’agir.


La confiance : un enjeu de taille pour les entreprises

Au sein de Cinaps, nous considérons la confiance comme un levier puissant d’innovation managériale. En faisant évoluer sa posture, le manager créé notamment un climat propice à l’engagement, et permet à ses collaborateurs de travailler différemment, pleinement et librement.

La confiance est une dimension essentielle des évolutions organisationnelles qui agitent les entreprises aujourd’hui. Notamment pour celles qui impulsent des mouvements de décentralisation et de déconcentration, impactant, par là-même, des postures managériales nouvelles plus centrées sur le leadership.

Par ailleurs, le niveau de complexité et d’incertitude croissantes du monde place la confiance au cœur de la performance sociale et au cœur de la relation client. Et ces deux dimensions constituent aujourd’hui les deux leviers essentiels de la performance et de la pérennité des entreprises.

Avoir confiance en soi, en l’organisation, faire confiance à ses collaborateurs, à son manager, aux autres entités, aux partenaires, inspirer confiance, permettre à ses collaborateurs de prendre confiance en eux, faire confiance au progrès et aux technologies, soutenir la confiance de ses clients… oui décidément, ce sentiment est un concept varié et très systémique.


Alors comment la développer ?

La réponse relève d’un accompagnement global permettant un déplacement culturel collectif, notamment managérial. La confiance est, et sera à coup sûr, au cœur de tous les enjeux d’adaptation, d’innovation, d’évolution et de performance des entreprises. Elle seule leur permettra de saisir leurs opportunités de progrès.

A cet égard, au sein de Cinaps, nous avons développé une approche puissante de type coaching d’organisation permettant de relever ce défi. Pour aller plus loin sur notre offre d’accompagnement autour de la confiance, vous pouvez nous écrire ici contact@cinaps.com, nous vous contacterons au plus vite.

Leadership Pédagogie

Pédagogie et management : 6 qualités indispensables
d’un manager pédagogue

22 juillet 2020
pédagogie et management, 6 qualités d'un manager pédagogue

“Il va falloir faire preuve de pédagogie”. C’est l’expression la plus utilisée par les dirigeants lorsqu’il s’agit de faire passer un message difficile ou un changement. Et pourtant, la pédagogie n’est jamais une donnée prise en compte dans le management ni dans la formation des managers. En revanche il est souvent proposé aux managers de travailler leur communication. Or selon nous, la pédagogie et la communication sont deux choses bien différentes.

La confusion entre communication et pédagogie

Si la communication peut être considérée comme une partie de la pédagogie l’inverse n’est certainement pas vrai. Un bon communicant n’est pas forcément un bon pédagogue.

Communiquer pour un manager, c’est donner des informations et des explications dans l’objectif de voir, en retour, l’autre adhérer à ses propos, ses idées, ses propositions, quitte à en discuter. Le but premier de la communication managériale est bien de faire adhérer. L’organisation de concours d’éloquence qui se développe dans toutes les grandes écoles formant les managers de demain, le démontre assez. Il s’agit de convaincre, de persuader, bref d’amener l’autre à soi.

Par contre, faire preuve de pédagogie c’est se positionner sur un enjeu d’apprentissage et considérer que cet apprentissage nécessite des manières spécifiques de faire passer les messages pour qu’ils soient compris. Il s’agit moins de convaincre et de persuader pour faire adhérer que de faire comprendre. Il s’agit plus d’aller vers l’autre que de l’amener vers soi.

Et ce que nous prenons pour de la pédagogie n’est en fait très souvent que de la communication.

Dans une société où la communication domine on oublie trop souvent que l’adhésion passe par la compréhension. En d‘autres termes pour faire adhérer il est bien nécessaire de faire un détour par la pédagogie et ne pas se contenter de penser que « parce que ça a été dit, ça a été compris ».

6 qualités à développer pour devenir un manager pédagogue

1- Faire preuve de pédagogie pour un manager, c’est avant tout donner du sens

Donner du sens à un projet, un changement ou une simple action revient à clarifier 4 choses :

  • Pour-quoi on le fait (en vue de quoi) ? C’est la finalité.
  • Pourquoi on le fait (quelles sont les raisons qui nous amène à la faire) ?. Ce sont les causes.
  • Quoi : ce que nous allons faire et ce que nous obtiendrons. C’est l’objectif.
  • Comment nous allons le faire ? C’est la stratégie ou la méthode.

Et comme le préconise Simon Sinek dans son Golden Circle Why, How, What, il existe un ordre pédagogique de la présentation de ces éléments.

2- Faire preuve de pédagogie pour un manager,  c’est savoir raconter des histoires

Le story-telling ou l’art de faire passer des messages en racontant une histoire est vraisemblablement un des leviers les plus puissants de la pédagogie. Il suffit de lire les fables de la Fontaine pour s’en rendre compte.

Au-delà de l’histoire, la pédagogie suppose aussi une capacité à créer des ancrages mémoriels à l’aide de substrats comme les images, les illustrations, les schémas, les exemples, des anecdotes, des métaphores ou des analogies.

3- Faire preuve de pédagogie pour un manager, c’est se mettre à la portée de l’autre

Chacun d’entre nous utilise des canaux d’apprentissage privilégiés. Certains ont besoin de voir, d’autres d’entendre et d’autres enfin de faire. Certains sont introvertis et ont besoin de temps de réflexion avant d’agir. Le manager pédagogue aura le réflexe de questionner son interlocuteur en vue de mieux cerner ses besoins en matière d’apprentissage.

4- Faire preuve de pédagogie pour un manager, c’est demander et donner du feed-back

On n’apprend pas si on ne reçoit pas de feed-back qui nous permette précisément de savoir si on a appris et réussi. Être un manager pédagogue c’est avoir le souci de renvoyer systématiquement du feed-back et à en demander : « comment évalues-tu ce que tu as fait ? ». C’est aussi privilégier l’auto-évaluation, l’important n’étant pas tant que le manager évalue mais que le collaborateur s’évalue.

5- Faire preuve de pédagogie pour un manager, c’est se positionner sur le temps long

L’apprentissage prend du temps. Les managers impatients font de mauvais pédagogues. Être un manager pédagogue c’est savoir organiser les apprentissages progressivement dans le temps en alternant des phases d’information et des phases d’expérimentation. Car il ne suffit pas de dire pour apprendre. Encore faut-il accorder du temps à l’expérimentation.

6- Faire preuve de pédagogie pour un manager, c’est accorder le droit à l’erreur

Le pédagogue ne considère pas l’erreur comme une faute susceptible de faire l’objet d’une réprimande ou d’une sanction. Il la considère comme une opportunité d’apprentissage à condition que des moments d’analyse des erreurs et de leurs causes soient organisés avec l’apprenant. Mais c’est aussi savoir analyser les réussites en vue de capitaliser des bonnes pratiques.

Et vous quelle importance accordez-vous à la pédagogie dans votre activité de manager ? Et comment la cultivez-vous ?

Si vous souhaitez poursuivre cette discussion, vous êtes au bon endroit ! Nous sommes convaincus que la pédagogie est un puissant levier de management dans un contexte de transformations qui bousculent fortement les organisations . Vous pouvez me joindre à cette adresse :  frederic.botter@cinaps.com

Leadership

4 bonnes pratiques pour optimiser son e-leadership

21 février 2020
Les pratiques managériales pour un e-leadership performant

 

Les progrès technologiques fulgurants de ces dernières années ont fait émerger de nouveaux modes de communication en entreprise tel que l’email, l’intranet, les plateformes collaboratives, les systèmes de visio-conférence et les systèmes de communication mobile. Et ces derniers chamboulent en profondeur les formes d’organisation du travail avec la démocratisation du télétravail (travail à domicile et travail mobile) et la création d’équipes multi-sites.

Les nouvelles formes d’organisation du travail transforment en profondeur le métier de dirigeant.  Le manager doit continuer à exercer de l’influence (mobiliser, motiver, partager sa vision…) sur ses équipes qu’il ne côtoie quasiment plus physiquement et avec lesquelles il communique à des lieux et parfois sur des fuseaux horaires différents.

Cette nouvelle génération de managers exerce l’e-leadership qui n’est pas en soi une nouvelle forme de management. Mais il est lié à un contexte particulier.

 

Quels sont les défis et les enjeux du e-leadership ?

L’e-leadership diffère du management classique par deux caractéristiques principales :

  • l’utilisation intensive des TIC comme moyen de communication.
  • les distances spatio – temporelles dans les relations interpersonnelles dues à ces modes de communication.

Dans un contexte de management traditionnel, les défis sont déjà de taille pour un dirigeant. Les nouveaux modes de communication sont souvent asynchrones, écrits et structurés. Les communications orales informelles (les « pauses cafés ») disparaissent. Le dirigeant n’est plus en mesure de prendre le pouls de la situation, de décoder le non-verbal et d’y réagir spontanément.

Les distances qu’imposent ces nouveaux modes de communication et d’organisation du travail complexifient les enjeux et multiplient les défis que doit relever le dirigeant.

 

E-leadership, comment gérer les distances psychologiques ?

La distance psychologique est la perception du niveau de proximité qu’un individu a envers une autre personne, un groupe ou une organisation.

Une faible distance psychologique permet d’assurer un niveau plus élevé d’engagement des employés. En effet, elle permet une plus grande cohésion entre les membres, accroît la satisfaction des individus, fluidifie la communication entre collègues, facilite la création du lien de confiance, favorise la création d’une culture et augmente ainsi la performance des collaborateurs. D’autre part, pour le dirigeant, elle facilite le contrôle et la coordination, améliore la qualité des interventions afin de motiver, de mobiliser et de guider les collaborateurs.

L’éloignement des uns des autres accroît a priori la distance psychologique qui sépare le collaborateur de son manager, de ses collègues et de l’organisation. Toutefois, puisque la distance psychologique est une question de perception, plusieurs facteurs peuvent réduire cette distance.
Que font concrètement les e-leaders performants pour parvenir à réduire les distances psychologiques ? Dans cette optique, nous recommandons quatre pratiques managériales.

 

1/ Organiser des rencontres en face-à-face

Organiser une rencontre à face-face le plus tôt possible lorsqu’il y a de nouveaux collaborateurs qui intègrent l’équipe ou lors de la création d’une nouvelle équipe est indispensable. Plus cette rencontre se fait rapidement dans le processus, plus il devient facile pour le manager d’intégrer les nouveaux. Ces rencontres permettent de créer des liens et de la cohésion rapidement réduisant ainsi les distances psychologiques.
La performance du dirigeant durant ces rencontres joue un rôle crucial dans l’acceptation de son e-leadership par la suite. Son comportement et les messages transmis durant cette rencontre exercent une influence considérable sur les futurs échanges et sur la dynamique du groupe lorsqu’on passe en mode à distance.

Ces rencontres de groupe en mode face à face doivent être organisées périodiquement pour être efficaces. Des rencontres trop rapprochées peuvent être perçues comme chronophages voire inutiles par les collaborateurs. À l’inverse, lorsque les rencontres sont trop espacées, les distances psychologiques sont accentuées, et engendrent une forme de retour en arrière. Les efforts investis initialement sont perdus et il faut tout remettre en place pour reconstruire les liens.
Il faut noter qu’il existe des différences individuelles quant au moment perçu comme étant opportun pour les rencontres en face-à-face. Le manager devra faire preuve d’écoute, d’empathie pour être en capacité de lire l’incertitude et l’ambiguïté qui habitent ses collaborateurs.

Il est important de souligner que ces rencontres en face-à-face ne sont pas toujours nécessaires. En effet, c’est le cas des groupes qui ne sont aucunement interdépendants et où les missions de chacun sont fortement autonomes. Les distances psychologiques peuvent aussi être réduites à l’aide des TIC (vidéoconférence, outils de réalité virtuel, réseau social interne)

Toutefois, le dirigeant qui n’organise jamais de rencontres en face-à-face se doit d’être conscient qu’il doit faire plus d’efforts dans sa communication pour établir et maintenir une faible distance psychologique et qu’il aura plus de difficultés pour fidéliser son personnel.

 

2/Soigner les messages

Pour établir et maintenir de faibles distances psychologiques avec son équipe, les managers à distance performants transmettent des messages clairs et détaillés. Les messages sont personnalisés pour créer un sentiment de proximité chez le collaborateur.
Le manager s’assure également que ses messages soient bien compris. En effet, les messages flous créent de l’incertitude et de l’ambiguïté et agrandissent par conséquent les distances psychologiques. Le manager doit être particulièrement vigilant dans les communications à distance, puisque le niveau l’interactivité réduit permet difficilement un ajustement instantané et spontané.

Les leaders à distance performants attachent de l’importance à la clarté dans la définition des rôles et des responsabilités de chacun, à la description des attentes et des objectifs pour chaque individu et pour le groupe dans son ensemble. C’est le seul moyen pour éviter l’incertitude et l’ambiguïté.

 

3/Se préoccuper des attentes individuelles

Le e-leader sait se préoccuper des attentes individuelles

A défaut de pouvoir organiser des rencontres en face-à-face, réaliser des rencontres virtuelles individuelles permet de créer de la proximité avec son collaborateur. Ces échanges virtuels et individuels sont l’occasion pour le dirigeant de se rapprocher de son collaborateur, de faire le point sur sa situation, de lui rappeler certaines valeurs de l’organisation et de l’équipe, de régler des problèmes isolés.

Prendre le temps de connaître et de reconnaître chacun de ses collaborateurs permet d’assurer que les collaborateurs se sentent proches de l’entreprise, de leurs collègues et du manager. Il est aussi important que cette démarche permette au manager de se sentir proche de ses équipes.

 

4/Promouvoir l’esprit d’équipe

Une autre pratique communicationnelle relativement efficace pour réduire les distances psychologiques est l’envoi de messages communs qui mettent en évidence l’équipe et rappellent les valeurs du groupe. Ces messages peuvent aussi faire ressortir les réalisations de l’équipe, les réalisations de l’organisation et les succès d’un membre de l’équipe. Tout comme dans le cas de la durée optimale entre les rencontres en face-à-face, le dirigeant doit trouver le bon équilibre quant à la fréquence de ces messages.

Dans un mode de travail à distance, les statuts hiérarchiques et les dynamiques de pouvoir ne sont pas les mêmes, et la relation avec la hiérarchie diffère. Il est clair que tout le monde ne sera pas à l’aise dans un contexte de management exclusivement à distance et en mesure d’exercer un e-leadership.

 

Quel profil doit avoir le e-leader idéal ?

Le management à distance nécessite une conception des pratiques managériales diamétralement opposée à la conception classique que nous pouvons représenter par l’image du patron tout- puissant et central qui dirige son personnel en tentant de le motiver grâce à la rétribution financière et de le contrôler par les sanctions. Cette conception classique est de moins en moins présente dans les organisations.

Nous observons que le contexte qu’imposent les distances ne donne pas d’autre choix aux dirigeants que de travailler constamment à favoriser un sentiment de proximité chez tous leurs collaborateurs. Les pratiques managériales recommandées servent essentiellement à réduire les distances psychologiques pour permettre une meilleure performance.

Dans ces conditions, le profil du E-leader performant semble imposer plusieurs compétences indispensables et certaines aptitudes personnelles : la capacité de comprendre les enjeux et la dynamique de ce contexte particulier, la confiance en soi et dans les autres.

Leadership

Manager en 2030 : portrait-robot du manager de demain

19 décembre 2019
Manager en 2030 : portrait robot du manager de demain

La mondialisation, l’intelligence artificielle et les nouvelles générations fraichement arrivées sur le marché du travail obligent les organisations à repenser leurs modes de décision, leurs systèmes de reconnaissance, le design de leurs métiers… ainsi que leur management.

Il serait évidemment prétentieux de prétendre savoir de quoi le management de demain sera fait, tant l’action managériale s’inscrit dans des environnements de plus en plus turbulents, complexes, incertains, nécessitant adaptation permanente et flexibilité.

Cependant, au regard des grandes évolutions sociétales, nous sommes en mesure de repérer quelques tendances de fond qui nous permettent d’esquisser le portrait-robot du manager de demain :

  • Un leader agile

Dans un contexte économique, tendu, imprédictible, dans lequel on doit souvent faire plus et mieux avec moins, la capacité d’acceptation devient une aptitude clef. Elle nécessite de concentrer son énergie sur « ce sur quoi je peux agir ».

Cette capacité à se concentrer sur sa zone d’influence, à être résolument orienté solution et à appréhender l’imprévu et l’incertitude sans peur, mais avec la curiosité du chercheur face à l’inconnu, sera fortement challengée dans les environnements de plus en plus contraints et pressurisant.

  • Un leader innovant

Davantage « bricoleur » que planificateur, le manager de demain a une approche de « juste-innovation ». Une innovation non systématique mais créatrice de valeur et réellement bénéfique pour les parties prenantes. Il favorise les initiatives et sait construire des solutions en tâtonnant, en expérimentant, en acceptant les erreurs (les siennes et celles de ses collaborateurs), en les intégrant comme autant d’opportunités d’apprentissage.

  • Un leader collaboratif

Les organisations de demain seront certainement encore plus transversales et résiliaires et nécessiteront plus que jamais des aptitudes à la coopération et à la collaboration. Le leader de demain sait créer de la valeur par l’intelligence collective et appréhender la compétition et les impératifs de performance dans une logique coopérative et collaborative.

  • Un manager digital

Le manager “digital”, ce n’est pas celui qui passe ses journées le nez dans son nouveau smartphone, mais c’est celui qui sait créer, animer et faire vivre une communauté.

La maîtrise des outils collaboratifs pour agir dans des organisations éclatées et selon des logiques asynchrones devient une compétence de base, au même titre que la maîtrise d’un tableur Excel aujourd’hui.

  • Un leader émotionnel

Le manager de demain est un être complet, conjuguant à la fois une orientation résultats et un souci constant du bien-être de ses collaborateurs. La performance sociale est devenue aussi cruciale que la performance économique.

Dans ce contexte, l’intelligence émotionnelle, la capacité à mieux comprendre et appréhender ses émotions et celles des autres, la capacité à apporter plus de reconnaissance à ses collaborateurs, à concilier exigence et bienveillance, deviennent des critères différentiant.

Le leader émotionnel cherche également à inspirer confiance à ses équipes. Clarté, éthique personnelle, capacité à parler vrai, compétences métier sont autant d’ingrédients nécessaires à la création de cette confiance si difficile à construire et si facile à détruire.

  • Un « Servant Leader »

Le manager de demain est un manager sur le terrain, au service de ses équipes, animé d’une volonté : « réussir à faire réussir ».

Il puise son pouvoir, non pas de son statut, mais de sa capacité à créer de la valeur directement utile pour ses équipes (et donc ses clients) en les aidant à surmonter les obstacles. Cette posture mobilise des compétences d’écoute, de soutien, de prise de recul et de vision globale et systémique des situations.

Le manager de demain est donc centré sur les besoins de ses collaborateurs, libère leur action et favorise leurs initiatives.

  • Un manager porteur de sens

Devant le niveau d’imprédictibilité de l’environnement, les méthodes rationnelles de planification stratégique ou encore de scénarii montrent leurs limites.

Pour autant, la quête de sens des équipes reste bien présente et le manager doit plus que jamais leur apporter de la sécurité dans l’incertitude et embarquer ses collaborateurs vers une aventure commune, une ambition comportant une part de rêve, une expérience collaborateur qui fera la différence.

  • Un manager capacitant : une capacité à créer des capacités

La notion de « manager capacitant » est issue des travaux de Bénédicte Gendron, Vice-Présidente de l’Université Montpellier 3, qui s’est inspirée du concept d’organisation capacitante.

A l’ère de l’économie « frugale » ou les capacités sont devenues un levier de compétitivité déterminant, les managers doivent devenir “capacitant” pour pouvoir ouvrir et offrir à leurs collaborateurs un espace et un environnement de travail capacitants.

Ainsi, au même titre que le servant leader, le leader capacitant se positionne comme une ressource au service du collaborateur, avec une place importante au capital émotionnel.

Le leader capacitant se pose en agitateur de potentiels, en développeur de ses collaborateurs et facilitateur de leur empowerment. Moins hiérarque, plus coordinateur et aiguilleur, le manager capacitant est un constructeur d’intelligence collective.

  • Un leader designer

Les collaborateurs ne veulent/peuvent plus se contenter d’exécuter des ordres. Ils doivent pouvoir se sentir responsabilisés, avoir envie d’innover et apporter leur pierre à l’édifice de l’organisation. L’heure est donc à « réinventer le leadership » pour créer des contextes de travail propices à la créativité et à la performance, adaptés aux réalités de la concurrence.

Cécile Dejoux, Professeure des universités au Cnam et enseignante associée à l’ESCP Europe, s’est donc penchée sur la notion de « leader designer » ou “design thinking leader”.

Le design est aujourd’hui la nouvelle pensée stratégique utilisée par les entreprises et administrations pour se réinventer, innover, et construire une relation durable avec leurs clients et partenaires.

Or, la singularité de chaque situation interdisant les schémas « prêt-à-porter », les leaders sont appelés à réajuster en permanence leur posture, à interroger leur lecture des situations, à construire de nouvelles modalités de management et de leadership, à innover, inventer sans cesse le sens et son mode d’agir… Bref, à designer du « sur-mesure ».

Cependant, Cécile Dejoux insiste sur quelques tendances de fond. Le management de demain sera assurément « fondé sur le collaboratif, l’interculturel et l’innovation », et les leaders seront « plus agiles, émotionnels, spirituels, ou communautaires ».