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Comment trouver du plaisir au travail ?

20 janvier 2022
Comment trouver le plaisir au travail ?

Même si le plaisir au travail est aujourd’hui reconnu comme un facteur clef de la motivation, dans les faits le plaisir au travail reste une notion peu étudiée dans le domaine du management. Même s’il est évoqué et sanctifié souvent comme une valeur cardinale dans les entreprises, la notion est souvent confondue avec celle de bonheur, de désir ou de qualité de vie.

Plaisir ou bonheur ?

Plaisir et bonheur ne sont pas de même nature et le bonheur n’est pas, comme on le dit souvent, une accumulation de plaisirs.

Les neurobiologistes distinguent le plaisir du bonheur en termes de neurotransmetteurs. Le plaisir fabrique de la dopamine. Elle est libérée par le cerveau lorsque nous vivons des expériences qui nous procurent des plaisirs immédiats et elle peut engendrer de l’addiction. Le bonheur sécrète lui de la sérotonine qui est un antistress qui génère de l’apaisement. Il est donc faux de dire que la dopamine est l’hormone du bonheur, elle est plutôt celle du plaisir. Certains spécialistes affirment même que la dopamine est l’ennemi du bonheur au sens où un excès de dopamine nous plonge dans un état de recherche permanente du plaisir (comme dans les cas d’addiction), nous empêchant d’être heureux. Trop de dopamine inhibe la sécrétion de la sérotonine.

Le plaisir serait le moment pendant lequel on satisfait un désir souvent matériel ou physique à court terme. Le bonheur lui est la recherche d’un état de sérénité et d’apaisement à plus long terme.
Les plaisirs sont de courte durée, le bonheur perdure.

En résumé nous pourrions dire que le plaisir est un état d’excitation alors que le bonheur est un état d’apaisement. L’apaisement venant généralement après la satisfaction d’un désir, plaisir et bonheur sont liés.

Les 4 sources du plaisir au travail

Dans son ouvrage « Le plaisir au travail, du savoir-faire à l’aimer faire » paru aux éditions Eyrolles, Francis Boyer présente 4 sources de plaisir au travail qu’il a identifiées à partir du questionnement de quelques milliers de personnes.

  • La source de plaisir au travail la plus souvent citée (56%) est liée au contenu de l’activité : l’autonomie, la variété des missions, le fait de réussir et de relever des défis, d’apprendre, de trouver des solutions par soi-même, de pouvoir imaginer de nouvelles idées ou solutions et le plaisir pris à réaliser certaines tâches que nous aimons.
  • La source de plaisir classée en deuxième position (32%) est liée à la relation : travailler dans une atmosphère de convivialité où règnent l’entraide, de coopération et la solidarité. Mais c’est aussi de pouvoir bénéficier de soutien affectif, d’aide, et de reconnaissance…
  • Vient ensuite une troisième source (8%) de plaisir liée elle à l’organisation. Elle se caractérise par le fait de se sentir en adéquation avec la stratégie de l’entreprise, ses valeurs et ses projets. Mais c’est aussi la sensation de travailler dans une entreprise dont la notoriété est établie et dont on est fier de la marque et des produits ou services qu’elle délivre.
  • Enfin, la quatrième source de plaisir au travail est liée aux conditions de travail (4%) : les horaires de travail, les moyens mis à disposition pour effectuer le travail, la rémunération, la fonctionnalité des locaux et la qualité de l’environnement matériel.

La conclusion de la recherche est intéressante car elle va à l’encontre de certitudes bien ancrées dans le monde du management contemporain :

L’aménagement des conditions matérielles de travail, la ludification du travail à grand ressort de babyfoot, de challenges sur jeux vidéo ou de toboggan n’agit que très marginalement sur le plaisir au travail.

De la même manière, la personnalisation des horaires de travail, les services visant à faciliter la vie dans l’entreprise comme les garderies ou les conciergeries n’impacte pas réellement le plaisir au travail. Ces initiatives sont plutôt liées à la qualité de vie au travail. Car tous ces aménagements ne permettront pas de compenser la souffrance ressentie lorsque l’on est amené à réaliser continuellement des activités que l’on n’aime pas.

Si donner du sens permet aux personnes de mieux comprendre ce que l’on attend d’elles, cela ne permet pas non plus de générer plus de plaisir au travail dans les activités au quotidien des collaborateurs.

Les deux principales sources pour développer le plaisir au travail :

Elles résident dans :

1- la capacité des managers à confier à leurs collaborateurs des activités dans lesquelles ils s’épanouissent.

2 – la construction d’un environnement de travail coopératif et solidaire.

Sur le premier point, une bonne pratique de management consisterait à faire évaluer par le collaborateur le degré de plaisir ressenti dans les activités qui lui sont confiées ou les objectifs qui lui sont proposés. Si plus de 50% de ces éléments sont sources de déplaisir, le manager doit alors repenser avec son collaborateur ses activités et ses objectifs.

Un blocage culturel à dépasser

Parler de plaisir au travail semble dans bien des esprits contradictoire voire impertinent tant la notion de travail est associée à l’effort et à la souffrance et ces thèmes valorisés dans notre culture. Celui qui réussit en prenant du plaisir et qui l’affirme est vite taxé de dilettante et au pire d’amateur peu sérieux.

On a coutume de considérer que la performance au travail est la résultant et la combinaison de 3 facteurs : le savoir-faire (la compétence), le pouvoir-faire (les conditions de travail) et le vouloir-faire (la motivation).  Francis Boyer dans son ouvrage, nous invite à considérer une quatrième dimension qu’est « l’aimer-faire ». La compétence certes mais « l’appétence » aussi. Car sans appétence il n’y a pas de compétences ni de performance durable.

Mais la recherche d’un plus grande équilibre entre compétence et appétence ne peut être le seul fait du manager. Il suppose aussi de la part du collaborateur une réflexion sur ses propres appétences et la capacité à les déclarer, ce qui culturellement est loin d’être simple dans le contexte de l’entreprise aujourd’hui. Les personnes pouvant craindre d’être mal vues si elles exprimaient ce qu’elles aiment ou n’aiment pas dans leur travail. De plus les collaborateurs devront être en capacité de proposer des solutions pour augmenter leur plaisir au travail. Le manager lui, devra aménager les conditions pour que, dans une sécurité psychologique garantie, les collaborateurs puissent déclarer leurs appétences et envisager leur évolution professionnelle non plus seulement à travers le prisme de la compétence mais aussi à travers celui de « l’aimer faire ».

On le comprendra, c’est à une véritable révolution culturelle et identitaire à laquelle nous invite la prise en compte de l’appétence et du plaisir dans le travail.

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Itinéraire d’une équipe parfaite

13 décembre 2018
l'équipe parfaite Cinaps Trek Rose Trip

Et si nous rendions hommage à une équipe qui se voulait parfaite, mais au final qui fut plutôt imparfaite mais heureuse de l’être ? Rappelez-vous, quelle fierté nous avons eu quand 4 cinapsiennes ont décidé de participer en équipe au Trek Rose Trip, une course d’aventure solidaire 100% féminine. Trois jours d’étapes dans le désert marocain où nos collaboratrices, pas vraiment des acharnées de la randonnée nomade, se sont engagées avec panache dans cette aventure empreinte de solidarité. Elles ont marché, marché, et marché encore mais aussi beaucoup ri, et partagé de merveilleux souvenirs.

Alors nous, on dit “chapeau Blandine, Virginie, Alexia et Marie-Laure. Voici un article qui en dit long sur le profil parfait d’une équipe imparfaite ! En tous les cas, elles ont su garder leur humour.

 

Cinaps sponsorise une équipe parfaite au Trek Rose trip

 

Un profil parfait

L’équipe parfaite est sublime !! Elle est à la mode, elle est coordonnée et cohérente. Elle est clonique et clanique,

L’équipe parfaite est photogénique et a l’art de la pose ! Pose n°1 dans les dunes, pause saut dans les champs de chameaux, pose n°4 au check point, chaque situation est réfléchie ! Elle cultive le sourire Instagram avec une grande maîtrise!

L’équipe parfaite joue solo. Elle garde les infos utiles, distille les vraies fausses infos, elle est stratège et sait se camoufler,

L’équipe parfaite est maniaque et surtout très ordonnée… Que ce soit dans la tente, dans son sac à dos, dans la douche, dans sa trousse de toilette ou son assiette, tout est rangé, chaque chose a sa place. Tout est clair et compartimenté,

L’équipe parfaite n’abuse pas du tajine le soir ni des figues au check point. L’équipe parfaite ne mange pas quatre œufs durs au petit déjeuner, ni cinq tartines de Nutella. L’équipe parfaite a une juste connaissance de ses besoins et sait les nourrir : un jus de citron, une poignée de fruits secs, un verre d’eau chaude, quelques exercices d’échauffement physique, elle est fraîche, elle est prête !

L’équipe parfaite donne des leçons… Elle s’y connait, c’est une experte !

L’équipe parfaite sait s’étonner. A la lecture de tes résultats, elle t’encourage « Aaaaaaaaaah c’est bien… Et tu es contente de ton classement ? Oui, 38èmehummmm … Il faut dire que ce n’était pas facile aujourd’hui. Enfin, bien sûr, tout dépend de la préparation … »

L’équipe parfaite boit énormément… Mais de l’eau,

L’équipe parfaite même malade reste parfaite…

L’équipe parfaite n’a pas le temps de rire… On n’est pas là pour ça !

Mais au bout du compte l’équipe parfaite est un peu seule…
Et c’est pour cette raison que nous ne nous sommes jamais senties seules, car nous n’avons croisé dans ce désert magnifique que des équipes imparfaites, toutes parfaitement uniques !

 

Une équipe imparfaite

Cinaps sponsor d'une équipe parfaite

Qu’il est bon d’être imparfait !

Cela nous rend libres d’être pleinement qui nous sommes, de tisser l’équipe et d’exprimer nos forces au service de l’aventure,

Cela nous rend forts, cela nous renforce ! Il n’y a plus de menaces, on peut alors rire de soi, des autres avec confiance,

Cela facilite les échanges et la communication et développe une vraie acceptation. On se sent alors plus proche, prêt à écrire notre histoire,

Cela permet de vivre une expérience nouvelle sans tout maîtriser, d’apprendre à lâcher avec les imperfections, sans lâcher avec notre volonté commune que cela fonctionne,

Cela permet de s’émerveiller des talents des autres,

Cela développe notre courage,

Cela nous permet de vivre pleinement les moments partagés.

C’est à la fois imparfait ET harmonieux.

 

Est-ce que c’est facile ? Non !

Mais ce qui a certainement facilité cette ouverture, c’est l’humour qui dédramatise, notre envie de légèreté, de partage, les fous rires qui énergisent. C’est le respect du rythme de chacun, les moments de silence et de retrait,  et parfois les arrêts sur image occasionnels, lorsqu’ils étaient utiles, qui ont permis de se réajuster.

C’est également une organisation au top !! L’expérience de Desertours des événements sportifs, et leur envie de partager leur passion du désert, nous ont permis de mettre toute notre énergie au service de l’aventure !

Et surtout… Et surtout…. Dans toutes les situations, s’il y a une chose à garder en tête, une seule…  C’est que tout objectif flou aboutit à une connerie précise !

Les Gagazelles et les Gambettes en Folie

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Slow business = better business

17 octobre 2017

A l’heure où tout s’accélère, paradoxalement, nous n’avons jamais autant parlé de pause, de déconnexion, voire de Slow Business. Une grande curiosité sur le fait de travailler et de manager autrement et sur une telle antinomie entre les termes slow et business, m’ont amené à analyser de plus près cette tendance du Slow.

Alors, octroyez-vous quelques minutes pour lire cet article. Car détrompez-vous, le Slow Business n’est ni l’apanage des fainéants, ni un effet de mode. Déchargés de cette culpabilité, pourquoi ne pas essayer de décélérer, d’être plus créatif, d’inventer de nouveaux rythmes, d’être plus patient et plus endurant ? Et si finalement, vous acceptiez d’être lents à certaines périodes, pour être plus rapides le moment venu ? Car comme le montre Pierre Moniz-Barreto, dans son livre Slow Business, grâce à des modes de management orientés slow, des entreprises ont pu gagner en efficacité, en mieux être et en performance économique.

 

Adopter un nouveau rythme : le Tempo Giusto

La notion de Tempo Giusto est souvent citée comme référence. Transposée au domaine du business, elle dénonce le dogme de la vitesse comme condition de performance, et préfère la notion de juste temps.

Quelques principes pour diriger ses activités en chef d’orchestre selon Jacques Porte, pionnier de la musicothérapie en France :

  • Nous devons sans cesse trouver une harmonie entre les rythmes à créer, les rythmes auxquels nous sommes soumis et notre propre rythme.
  • Le rythme permet de distinguer des temps forts « temps existentiel » et des temps faibles « temps essentiel ». Le premier, d’ordre social et compétitif, relève d’une dictature de l’instant et va vite. Le second, réclame de la lenteur, et fait pénétrer dans une dimension temporelle plus vaste, plus profonde, plus consciente.
  • L’intégration du principe de décélération permet d’améliorer la performance globale des individus et des collectifs.
  • De la vitesse, toujours, mais des pauses, des intervalles, qui favorisent la concentration et une intériorité.

 

Repenser son rapport au temps

Le mouvement du Slow Business propose de repenser notre manière de travailler, et cela passe également par un autre rapport au temps.

Il n’implique pas forcément une apologie inconditionnelle de la lenteur, mais une meilleure maîtrise de son temps. Voir l’interview d’Yvon Chouinard, patron de Patagonia.

Quelques exemples pour illustrer ce meilleur rapport énergie-temps :

  • L’exemple de Thierry Marx avec le judoka. Chef à la tête du Mandarin Oriental, Thierry Marx s’inspire au quotidien des valeurs du judoka dans son management (exigence mais aussi souplesse, patience, réflexion et humilité) et privilégie toujours le meilleur rapport énergie-temps (choisir une solution qui comporte un maximum d’efficacité pour un minimum d’effort). C’est le fameux « le mieux est l’ennemi du bien » !

Il pousse ses équipes à plus d’efficacité, n’hésitant pas à décrocher et à amener régulièrement ses collaborateurs à l’institut national du judo. Ce ne sont pas des moments perdus, mais des temps qui contribuent à souder les membres de ses équipes en s’inspirant de la philosophie des arts martiaux.

  • Jason Fried, entrepreneur américain à la tête de 37signals, lutte contre les méfaits du temps toxique et prône la qualité du travail plus que la quantité. Ses conseils :
    • Éviter les distractions, les coupures de rythme. Les interruptions sont toxiques.
    • Eviter la réunionite.
    • Acquérir un mode de travail plus sain comportant des occupations non professionnelles. S’aérer le cerveau, relativiser ses problèmes, stabiliser ses humeurs, améliorer les énergies. Ses collaborateurs développent ainsi une capacité à se ré-impliquer dans leur travail d’une façon renouvelée.
    • Eviter l’excès d’urgence.

 

Le business à l’écoute de la nature : biomimétisme et chronobiologie.

Et si nous apprenions à diriger nos activités en nous inspirant des grands principes temporels issus de la nature ?

  • Le biomimétisme : la nature comme modèle nous enseigne bien des choses. Resituer nos activités court-termistes dans une perspective plus longue ; sortir de notre zone de confort ; savoir être patient dans un contexte “speedé” et flexible dans un cadre rigide ; être ouvert aux influences extérieures ; accepter des cycles de transformations incessants, l’incertitude, etc.
  • La chronobiologie : c’est le fameux « connais-toi toi-même » qui s’applique aux unités de temps de travail. L’idée est d’être le plus possible en accord avec ses rythmes naturels. Certains d’entre nous sont des « alouettes », soit des lève-tôt et des couche-tôt, alors que d’autres sont des « hiboux », soit des lève-tard et des couche-tard. Le Slow Business ne fait qu’encourager ce genre de distinction : un temps flexible, pas de contrôle des horaires, plus de confiance.

 

8 orientations pratiques de « Slow Business » :

  • Favoriser le temps partiel, le temps souple, le temps nomade.
  • Encourager le temps de la gestation dans les processus créatifs et décisionnels.
  • Privilégier le temps de la vision : avantager les stratégies à long terme, inscrites dans un projet d’entreprise générateur d’horizon et de sens.
  • Donner du temps à l’écoute.
  • Gagner en capacité de discernement.
  • Développer et mettre en pratique son intuition.
  • Savoir dire non.

Le classement des entreprises où il fait bon vivre :

Classement de Great Place to Work.

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Posture et création de valeur : « les pépites », un film inspirant

10 janvier 2017

Fin 2016, je me suis fait un cadeau : je suis allée voir le film de Xavier de Lausanne intitulé “Les pépites”. Quel beau titre pour un documentaire qui témoigne de l’aventure édifiante d’un couple hors norme !

film-pépites

 

Il y a 25 ans, tout juste retraités, Christian et Marie-France des Pallières découvrent le quotidien inhumain des enfants chiffonniers d’une décharge de Phnom-Penh, au Cambodge. Dans une odeur insoutenable, la nuit comme le jour, pour se nourrir et survivre, ces enfants aux pieds nus et aux yeux hagards sont contraints de fouiller les déchets. Certains y laissent leur vie dans des conditions atroces et le plus total anonymat.

C’est sans compter sur ces deux modestes héros, qui d’étape en étape et sans préméditation, vont changer la vie de plus de 10 000 enfants.

Mais quelles sont ces Pépites et que nous enseignent-elles ? Il y en a beaucoup dans ce film qui a bouleversé le public, j’en retiendrai trois.

 

  • Pépite n°1 : partout et tout le temps, tout est question de posture

Marie-France et Christian n’étaient pas destinés à une telle aventure : « On a trouvé un terrain à vendre…, on n’avait jamais rien construit…, on sentait bien qu’on partait dans une aventure ». Comme beaucoup de bénévoles engagés, ils sont avides de partages et de rencontres, dotés d’une ouverture exceptionnelle sur l’autre, ils sont curieux de comprendre les différences. Et surtout, ils sont tendus par l’envie de vivre leurs rêves : « S’il n’y pas de rêve dans la vie, il n’y a pas de vie ».

C’est cette croyance profondément enracinée en eux qui les conduira à lâcher prise face aux difficultés de la vie, à se faire confiance, à faire le tour du monde en camping-car avec leurs 4 enfants, et bien plus tard, à créer au Cambodge un centre éducatif permettant de scolariser des enfants, mais aussi de soigner et de former les jeunes au métier de leur choix parmi les 28 proposés, bref, de leur permettre aussi de rêver et de reprendre goût à la vie.

 

  • Pépite n°2 : Les émotions sont un formidable carburant

Dans le documentaire, alors que la décharge est fermée depuis longtemps, Christian prononce une phrase assez énigmatique pour moi alors. Avec nostalgie, il fait référence à l’odeur de la décharge qui lui manque. Puis j’ai compris : ce qui va surtout amener ce couple à vendre tous ses biens en France pour changer complètement sa destinée, c’est sa capacité à s’indigner face à l’intolérable : « Nous avons vu les enfants manger dans les ordures de la décharge de Stung Meanchey. C’était à hurler ! Il n’était pas possible, après avoir vu cela, de continuer à vivre normalement. Il fallait faire quelque chose ».
C’est la découverte de cet enfer (odorant) qui Capture d’écran 2017-02-20 à 15.52.49
a donné l’idée aux Pallières de construire une petite paillote à côté de la décharge pour procurer un repas par jour aux enfants. Disons plutôt : ce sont les émotions suscitées par cette découverte, la stupéfaction, l’horreur, l’indignation, la colère qui les pousseront à agir de façon rapide pour répondre à un premier besoin élémentaire de ces enfants : manger. Et l’odeur, comme une empreinte indélébile, fixera pour longtemps ces émotions et donc ce désir irrépressible d’agir pour se battre contre une réalité insupportable et progressivement la transformer.

 

C’est ce qui rend le film terriblement attachant et instructif : la mise en image des émotions qui relient les personnes à des histoires, à des lieux, à des événements et bien sûr à d’autres personnes.

Il montre comment deux individus, guidés uniquement par leurs croyances, leurs valeurs et leur boussole des émotions vont agir pour révolutionner la destinée de ces enfants. Tout cela à un moment où pour beaucoup, c’est presque la fin : la retraite.

 

  • Pépite n°3 : la rencontre et l’écoute, les meilleurs leviers pour créer de la valeur

Marie-France et Christian ont un énorme atout : ils ne jugent pas, ils cherchent à comprendre et à créer la relation : « Faire de chaque jour une surprise, de nouvelles rencontres ». C’est cette intelligence de la relation qui leur permettra d’être patients dans le contact avec ces enfants effarouchés, qui n’ont plus confiance en personne. De comprendre que non, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, les enfants n’ont pas besoin d’une charrette pour transporter les déchets : ils veulent simplement aller à l’école, il suffisait de leur demander. Oui les parents et autres adultes maltraitants sont aussi des victimes, la guerre est passée par là, comment leur faire accepter la perte économique liée à ces enfants qui ne travaillent plus mais vont dorénavant à l’école : en leur distribuant des sacs de riz tous les mois en échange de cette scolarisation, en alphabétisant les mères… Comment rendre pérenne l’association grandissante, placée au cœur de la vie locale ? En confiant son administration et ses principales missions aux acteurs locaux : « On ne pouvait pas le faire sans les Cambodgiens ».

Mués par un désir de rencontrer et de venir rapidement en aide, Marie-France et Christian ne font pas les réponses, ils ne pensent pas à la place de l’autre, ils ne cherchent pas avant tout à être pédagogues pour expliquer : ils vivent sur place, ils prennent le temps de l’observation, ils vont vers l’autre. Ils posent des questions simples et écoutent les réponses sans apriori, sans connaissance préalable, ni jugement. Avec une intelligence des situations sans pareille, à chaque étape, face à chaque nouveau défi qui ne manque pas de se présenter, ils incluent toutes les parties prenantes pour des propositions plus pertinentes, répondant au mieux aux besoins exprimés : enfants en premier lieu mais aussi parents, enseignants, médecins, formateurs, assistants sociaux, élus et acteurs locaux, donateurs…

 

 

N’est-ce pas tout cela aussi manager et plus largement entreprendre : une posture, c’est-à-dire une manière d’ETRE, en lâchant prise face à la complexité, en se faisant confiance en dehors de toute expertise, en s’appuyant sur ses valeurs et ses croyances fortes, sur soi, sur les autres et sur la vie, et surtout en étant profondément habité par la volonté d’infléchir une réalité non satisfaisante, là où d’autres, avec fatalisme, ne voient aucune marge de manœuvre ? Souhaitons-nous pour 2017 de multiples occasions de mettre en œuvre ces enseignements tous ensemble, pour améliorer modestement et efficacement nos environnements proches et par là-même notre monde.

 

Pour visiter le site de l’association « Pour un Sourire d’Enfant » :

http://www.pse.ong/fr

http://www.pse.ong/sites/default/files/EXTRAIT_ALBUM_LES_PEPITES.pdf

Pour voir la bande annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563848&cfilm=246461.html