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Clin d’oeil

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Formateur : plus qu’un métier, un talent !

4 décembre 2018
talents du formateur

Un métier en mutation

Salles trop petites, trop grandes, en strapontins, en travaux ou tout simplement non réservées, matériel défectueux, réseau wifi peu performant, événements institutionnels planifiés pendant la formation, lieux de restauration trop éloignés, évaluations en ligne qui arrivent avant la fin de l’intervention, ça vous parle ? Sans compter les stagiaires fatigués, voire épuisés, qui vivent leur présence comme l’aveu d’une insuffisance professionnelle, bref, vous l’aurez compris, la vie d’un formateur n’est pas de tout repos !

On parle partout de l’environnement professionnel comme étant un système complexe et en pleine mutation. Les formateurs n’y échappent pas : à l’instar de ceux que nous accompagnons, notre métier a bien changé ces dernières années. Non seulement le formateur doit faire preuve d’une forte capacité d’adaptation en fonction des situations « hors normes » qui se présentent à lui, mais aussi d’une bonne dose de lâcher prise et de tolérance par rapport à la frustration. Car finalement les situations hors-normes sont devenues le quotidien par rapport aux engagements pris et les moyens réels à disposition.

 

Des attentes fortes

Toutefois, l’évolution majeure du métier n’est pas liée à l’apparition du digital ou au manque de moyens adaptés : elle est liée à l’humain. Car aujourd’hui, au même titre que les collaborateurs vis-à-vis de l’entreprise, une grande partie des apprenants ont beaucoup d’attentes envers nous. Malgré des temps de formation en salle de plus en plus courts, les apprenants, tout comme les clients, sont exigeants et attendent un vrai retour sur investissement, du moins une plus-value concrète par rapport au temps investi. Le formateur doit aussi faire face aux réfractaires, qui n’ont pas le temps ou qui ne comprennent pas ce qu’ils font là.

 

La facilitation pour déployer la pensée

Partant de l’ensemble de ces attentes et contraintes, le formateur a donc pour défi de créer les conditions qui permettront à chacun mais aussi au groupe d’être acteur de sa formation. La question du groupe n’est pas un détail car la qualité de la dynamique de groupe pèsera de tout son poids sur la qualité de la formation et les modélisations réalisées collectivement. Comme en management, il s’agira d’accompagner la réflexion individuelle tout en proposant des expériences collectivement apprenantes.

Le métier de formateur devient alors un métier de Facilitation. Cette posture, en s’appuyant sur un processus finement conçu en amont et un cadre solide et protecteur, permet d’ouvrir des espaces de pensée, c’est-à-dire de questionnement sur soi, de partage des pratiques, et par là-même de confrontation bienveillante et de dissonance cognitive à l’intérieur du groupe.

 

Gérer les blocages

Dans cette dynamique d’émergence et d’élaboration, se manifestent parfois des résistances que le formateur devra désamorcer et pour lesquelles il devra faire preuve d’une forte sécurité ontologique pour responsabiliser le groupe, en le confrontant en douceur, et cela surtout lorsqu’au sein du groupe, cette résistance prend des formes subtiles, non-dites, archaïques.

Car le risque est fort que le formateur devienne l’écran sur lequel viendra se projeter cette résistance (transfert). Ce dernier devra alors faire preuve d’observation fine, de recul, de discernement vis-à-vis de ce qu’il perçoit, ressent et propose (contre-transfert). On comprend pourquoi on voit de plus en plus de situations de formation traitées en supervision ! Car, à l’instar du coach, le formateur y va de sa personne.

 

L’expertise : pour un savoir consolidé

Tout cela sans compter qu’on attend aussi de lui qu’il ne soit pas qu’un facilitateur mais aussi un expert de la thématique qu’il traite, sous peine de voir les modalités proposées devenir exaspérantes, surtout quand elles sont associées au ludique. A juste titre, les apprenants en formation attendent aussi du contenu. La pédagogie étant principalement inductive, le challenge pour le formateur sera alors de maitriser son champ thématique pour faire « le juste apport », court, ciblé, au bon moment, et surtout de proposer les liens entre les différents savoirs parcellaires ayant émergé au cours de la formation.

 

Être formateur, c’est lier

Le talent du formateur réside donc tout à la fois à savoir passer d’une posture de facilitation à une posture de sachant, et donc à changer de posture, mais aussi à tisser des liens entre les savoirs et entre les personnes, tout en s’assurant de l’alliance du groupe. Vous comprendrez mieux pourquoi chez CINAPS nous prenons grand soin des liens avec nos formateurs, à qui je souhaite rendre hommage ici.

 

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Quel héros êtes-vous ?

4 janvier 2018
Découvrez votre profil de héros

Cette année, nous adressons des voeux singuliers et inspirants. Les séries TV et les comportements de leurs héros sont une mine d’or, et en disent long sur le management des hommes. Alors, prenez le temps de vous identifier à un des 3 héros féminins si vous êtes une femme, ou à un des 3 héros masculins, si vous êtes un homme ; prenez conscience de vos forces et lisez les challenges professionnels et personnels que nous vous avons concoctés.

Bonne année !

Cinaps Bonne année 2018

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Permettre l’accélération de l’entreprise et ne pas lâcher la main de la Reine Rouge

20 juin 2017

L’ère du progrès exponentiel 

La terre a 5 milliards d’années. Si son âge représentait la distance Paris – Lyon (500 km), l’arrivée de l’homme ferait 500 m, l’arrivée de l’écriture 50 cm et le dernier siècle 1 cm. Et pourtant, depuis ce dernier siècle, l’humanité a vu se concentrer la moitié de ses progrès. 50 % des savants que le monde a connu vivent aujourd’hui. Nous sommes à l’ère de la verticalité du progrès. Les sciences s’entrelacent, s’enrichissent et autorisent des innovations inédites : applications géolocalisées, robots, imprimantes 3D, objets communicants, reconnaissance vocale, drones, domotique, train supersonique, fibres optiques, satellites, laser, microtechnologie, génome.

 

L’ère de l’accélération

Au-delà de l’ère du progrès, nous sommes aussi à l’ère de l’immédiateté, de l’obsolescence, de l’éphémérisation et de l’accélération

Les principaux accélérateurs :

  • La quantité colossale d’informations disponibles,
  • La rapidité d’accès en mobilité à ces informations,
  • L’accès libre et immédiat à la connaissance et à la communication,
  • Nos nouveaux rapports à l’espace, au temps et à l’autre.

Nos métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, les traditions et les savoir-faire disparaissent, le court terme règne, les changements s’enchaînent.

 

Comment les entreprises peuvent faire face à cette accélération inouïe ?

Lewis Carroll, dans son célèbre livre « Alice au pays des merveilles – De l’autre côté du miroir », écrit une scène décrivant à merveille la théorie de la Reine Rouge : Alice et la reine se lancent dans une course effrénée, Alice demande alors : « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? ». Et la reine répondit : « Nous courons pour rester à la même place ».

La théorie de la Reine rouge est, en fait, une théorie de biologie évolutive de Leigh Van Valen (1972) qui formalise la co-évolution des prédateurs et de leurs proies. Si une proie connaît une évolution favorable, ses prédateurs vont évoluer à leur tour jusqu’à annuler le bénéfice de cette évolution.

Si on transpose cette théorie au paysage concurrentiel des entreprises, les petits progrès sont très vite rattrapés par les concurrents qui s’adaptent rapidement et ces progrès sont finalement sans bénéfice réel. Chacun aura donc couru pour rester sur place puisque ni sa part de marché ni ses marges n’auront réellement ou durablement bénéficié de l’évolution.

Pour que l’hypothèse de la Reine Rouge ne s’applique pas, il faut que l’évolution soit suffisamment disruptive pour provoquer un bénéfice évolutif tel que les prédateurs n’aient pas le temps ou la possibilité de s’adapter (comme Apple avec l’iPhone). En fait, les espèces qui s’éteignent sont celles qui « lâchent la main de la Reine Rouge », c’est-à-dire qu’elles se font distancer par les espèces avec lesquelles elles sont en concurrence et, au-delà d’un certain écart, ne peuvent plus rattraper leur retard d’adaptation. Le monde économique actuel regorge d’exemples d’entreprises qui s’éteignent, notamment devant l’émergence d’entreprises aux nouveaux business model très disruptifs.

 

Alors, doit-on courir plus vite pour faire face à l’accélération du progrès et aux défis des entreprises novatrices ?

Le petit Robert donne la définition suivante au mot « courir » : se déplacer rapidement, en s’appuyant alternativement sur une jambe puis sur l’autre.

Quelles sont donc alors les jambes sur lesquelles s’appuie alternativement l’entreprise pour se déplacer rapidement afin d’assurer sa survie, de réussir son adaptation et de provoquer un bénéfice évolutif ? Quelques pistes efficaces : 

  • L’innovation,
  • Le digital,
  • La maîtrise et l’exploitation de l’information,
  • Son agilité,
  • Sa synchronisation,
  • Son appétence au changement,
  • Une nouvelle organisation polyarchique permettant déconcentration, responsabilité et réactivité,
  • Une nouvelle culture organisationnelle,
  • Sa centration client,
  • Son business model.

En fait, la complexité de cette accélération repose souvent sur la capacité des entreprises à combiner de façon systémique ces différentes pistes (et d’autres encore). C’est pourquoi cette accélération est difficile.

Le défi majeur : s’adapter rapidement ET correctement

Finalement, peut-être que l’essentiel, comme dit Hubert Landier dans son ouvrage « L’entreprise polycellulaire », n’est pas de permettre à son entreprise de bouger vite, mais de bouger vite ET bien : « L’aptitude à la survie, dans un environnement changeant et ouvert à de nombreux compétiteurs, est conditionné par la capacité de l’entreprise à s’adapter, à la fois rapidement et correctement à l’évolution de la situation. Une adaptation correcte peut cependant être fatale si elle intervient trop tard et une adaptation rapide peut n’être d’aucune utilité si elle ne débouche pas sur des solutions pertinentes ».

Bonne course à vous tous !