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Interview de Constance Verchère, “Madame innovation” chez Cinaps

11 mars 2020
Interview Constance Verchère reponsable innovation chez Cinaps

Constance, Responsable innovation, est en charge du Cinaps Lab. Passionnée et créative, elle nous raconte ses projets, ses manières de faire et l’âme qu’elle donne au Lab. Décryptage de ce qu’elle entend par innovation pour transformer les comportements, le management et les organisations.    

 

Le Cinaps Lab se définit comme un laboratoire de veille, d’innovation et d’expérimentations en matière de management et de modalités pédagogiques. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Notre « tiers-lieu à nous » est à la fois un incubateur, un lieu d’exploration d’innovation managériale et d’innovation pédagogique, un stimulateur d’idées. Nous avançons avec une stratégie de « Push / Pull ».

Côté Push, nous nous approprions les innovations existantes les plus pertinentes et les proposons à nos clients, comme nous l’avons fait dernièrement en créant la démarche « Culture Sprint » pour accélérer les transformations culturelles de manière challengeante et ludique. Cela implique de rester en veille permanente sur les grandes tendances d’innovation.

Côté Pull, nous partons des besoins de nos clients et nous inventons nos propres méthodes et modèles pour y répondre. Nous avons ainsi développé des modèles sur la confiance, le visioning ou encore la coopération, par exemple.

Et bien sûr, nous fonctionnons comme un lieu d’intelligence collective et de rencontres en tout genre. C’est l’ingrédient indispensable pour provoquer la sérendipité, ou l’art de trouver sans chercher, première source d’innovation selon Peter Drucker.

 

Sur quels types d’innovation travailles-tu exactement ?

Deux types d’innovation : pédagogique et thématique.

L’innovation pédagogique consiste à « former autrement », à imaginer d’autres façons de développer les compétences et d’ancrer les apprentissages. Et pour cela, nous avons besoin de nouer des alliances fortes et de croiser nos expertises avec un réseau de partenaires. C’est dans ce cadre qu’on peut créer des parcours blended-learning puissants ou des programmes certifiants, par exemple.

L’innovation thématique, elle, consiste à développer des concepts, des modèles et des nouvelles pratiques en matière d’organisation et de management. C’est imaginer ensemble comment « manager et s’organiser autrement », notamment dans le futur. Récemment, nous avons aidé un client à réfléchir sur ce que sera le management en 2030.

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire d’intelligence collective pour imaginer le management en 2030. Réalisation d’un cahier d’inspiration.

 

 

 

Innovation thématique sur la confiance, avec l’ingénierie d’outils pédagogiques pour développer la confiance au sein de son équipe.

Cinaps outil pédagogique formation sur la confiance

Cinaps jeu de carte outil pédagogique formation sur la confiance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En tant que Responsable innovation chez Cinaps, quelle sont tes principales responsabilités ?

Canaliser toutes les énergies après les avoir laissées déborder… Bref, une vraie dynamique de divergence et de convergence ! Mon job, c’est favoriser les inter-connexions, c’est mélanger les genres et susciter la curiosité. Et c’est à chaque fois une nouvelle aventure car à chaque projet, son équipe aux compétences transverses, aux personnalités et aux cadres de références différents.

 

Ton dernier projet ?

Une intervention sur l’innovation pédagogique à « Thecamp » pour parler de Digital effect, de Neuro-attitude, de Pédagogies ancrées dans le réel ou encore de Co-learning… Bref, il s’agissait de catégoriser les dernières tendances de l’innovation pédagogique, d’en extraire les vertus en matière d’apprentissage et d’ancrage des connaissances, tout en restant vigilant aux effets de mode.

 

Quelles sont tes sources d’inspiration ? Comment t’y prends-tu ?

Je tiens à ce qu’elles soient les plus variées possibles, pour tirer le meilleur de chaque cadre de référence. En matière d’innovation pédagogique, je m’inspire tout autant des dernières recherches en sciences de l’éducation et en neurosciences, qu’aux innovations issues du monde de l’entreprise, en particulier les méthodes et démarches agiles.

Je m’intéresse aussi de près aux modèles d’organisation récents ou émergents (holacratie, entreprise libérée, start-up…) qui contribuent à rendre l’entreprise plus efficace collectivement et épanouissante individuellement. Je m’inspire bien sûr des écrits de Simon Sinek, Frédéric Laloux, Isaac Getz ou encore Cécile Dejoux…

interconnexions Cinaps lab

 

Mais je prends tout autant de plaisir à m’inspirer des leaders des séries TV ! C’est étonnant de voir à quel point Dr House ou Jon Snow peuvent nous aider à développer l’innovation dans nos pratiques managériales, non ? Nous avons même déclenché un nouveau Talk (conférence décalée by Cinaps, « Leadership et séries TV », qui permet aux entreprises d’établir de manière originale un état des lieux de leur leadership.

 

 

 

Une innovation pédagogique remarquable ?

Pour être remarquable, elle devrait associer le meilleur de toutes les innovations. Je m’explique, un parcours uniquement digital n’est pas ou plus innovant en soi, mais un parcours qui s’appuie sur le meilleur du digital et le meilleur des neurosciences, sur le meilleur de l’intelligence collective, le meilleur des pédagogies ancrées dans le réel, alors là oui, c’est vraiment innovant.

C’est d’ailleurs pour cela qu’on réfléchit toujours en « multimodal ». On cherche des parcours qui boostent l’expérience apprenant, qui respectent les styles et les rythmes d’apprentissage de chacun et s’appuient sur l’intelligence collective. Des parcours qui s’appuient sur des références solides mais qui déclenchent aussi l’émotion, le plaisir et la surprise, notamment dans la forme.

 

Un lieu pour travailler ?

Une cuisine, un parc, un coin de canapé, un musée, un jardin, un café, un espace de co-working, un tapis moelleux… Ah oui, et de temps en temps, mon bureau.       

 

Quels sont les challenges auxquels tu dois faire face ?

L’innovation n’a d’intérêt que si elle répond de façon pertinente à un besoin. L’un des principaux challenges consiste à dénicher les besoins émergents ou même à anticiper de nouveaux besoins… Bref, à garder une longueur d’avance pour être prêt à proposer l’innovation pertinente au moment où le besoin s’exprimera.

 

Nouvelles générations et management, quelles sont leurs attentes ?

Un rapport différent au travail, au temps, à l’espace, à l’environnement, au risque et à l’autorité. Une quête de sens, de plaisir, d’un équilibre de vie, d’une liberté de choix. Tout cela pousse à réinterroger nos comportements managériaux, vers plus d’audace, de responsabilisation, d’innovation, de coopération et de confiance.

Le futur du management s’inscrit certainement dans des hiérarchies plus plates, à l’autorité largement distribuée et aux processus de prise de décision réinventés. Un modèle en diagonal, conjuguant vertical et horizontal, où les organigrammes seront des « cercles »… Bref, réinventons la géométrie hiérarchique !

 

Comment fais-tu bouger les lignes ?

En proposant de nouvelles paires de lunettes. Autrement dit, en proposant aux clients de regarder une situation différemment, sous un autre angle, en se confrontant à de nouveaux points de vue et de nouvelles représentations. En les aidant à tester, expérimenter, oser sans avoir peur de se tromper. En (ré)instaurant le plaisir d’apprendre tout en restant connecté avec le terrain…

 

Le projet de tes rêves ?

Des projets ? J’en ai plein la tête et le cœur ! Ils ont comme point commun le fait de s’y prendre « autrement ».

Manager autrement, former autrement, travailler autrement, communiquer autrement… Tant d’innovations en perspective pour imaginer les organisations de demain ! Mais plutôt que d’en parler, on s’y met ?

 

Propos recueillis par Laetitia Tereygeol – Direction de la communication

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Job Crafting : redonner le pouvoir d’agir au collaborateur

20 février 2019
Job crafting, l'art de façonner un travail sur mesure

 

Vous prenez 2 mots que vous accolez, Job pour travail et Crafting pour « artisanat » ou encore « fait main ». Le Job Crafting est donc l’art de façonner ou remodeler son travail. Une idée arrivée il y a déjà une décennie d’outre-Atlantique mais qui résonne aujourd’hui avec les attentes des dernières générations arrivées dans le monde du travail. « Avoir un job qui me ressemble » devient une aspiration courante, non seulement des dernières générations mais aussi des générations qui les précédent et qui sont en quête de sens. Serait-on obligé d’avoir des babyfoots ou des murs de céréales pour s’éclater dans son job ? Ou y’aurait-il une voie pour donner au collaborateur le pouvoir de redesigner les contours de son poste ?

Réinventer son job constitue une bonne manière de redonner du pouvoir au collaborateur pour insuffler une nouvelle envie et rebooster son engagement dans son activité.

 

Le point de départ du Job Crafting : partir de l’individu, de ses atouts et de ses différences

La philosophie du Job Crafting repose sur une idée simple : chacun peut apporter une plus-value différente à son activité au regard de sa personnalité singulière, de ses atouts et de ses préférences. L’idée est de lutter contre l’uniformisation des pratiques ou contre le « dictat de la Job Description » en faisant le pari de l’adéquation entre une personnalité et les bonnes idées de chacun pour rendre encore plus efficace et plus riche son activité.

Partant de ce postulat, la base du Job Crafting invite l’individu à identifier les atouts (compétences socles que je possède pour ce job) et les préférences (quelles sont mes zones de confort et de facilité : l’organisation, la technicité, l’humain, la technologie…). De ce constat individuel, le Job Crafting propose à chaque personne de redesigner certains aspects de son job en restant centré sur les objectifs de performance du job au sein de l’organisation (définis autour de KPI clairs).

Cette idée ouvre la voie à un management qui laisse une vraie initiative au collaborateur pour redessiner son activité autour des mêmes objectifs de performance et de contribution au collectif.

Il s’agit d’une démarche responsabilisante, elle peut s’exercer autour d’axes différents : l’environnement du travail, son organisation, son contenu… Nous ferons un focus sur 3 axes majeurs du Job Crafting : le périmètre du travail, les relations au travail et le champ des perceptions du travail réalisé.

 

  1. Redonner du pouvoir d’agir au collaborateur sur le périmètre de son travail.

Il est possible de redonner un sens nouveau au travail en faisant évoluer la nature des tâches réalisées ou la manière de les réaliser. Ainsi, une personne peut transformer une tâche rébarbative en innovant, en modifiant sa manière de la réaliser. Quelques exemples : un(e) informaticien(ne) qui doit saisir quotidiennement des codes correctifs sur des programmes existants pourra choisir de centraliser des erreurs récurrentes pour construire des développements spécifiques qui corrigent automatiquement ces erreurs. Un(e) vendeur(euse) pourra choisir de conseiller ses clients sur les tailles adaptées pour limiter les activités de rangement des habits après essayage, ou encore un(e) assistant(e) pourra choisir de livrer les informations importantes de la journée au travers d’un Whats’app plutôt que de livrer les informations à chacun par mail…

Il ne s’agit pas simplement de modifier le périmètre de l’activité mais d’ouvrir la possibilité au collaborateur de revoir la manière dont il réalise les différentes activités de son job. En « réinventant le comment faire » et en réactivant « l’envie de faire », en essayant autre chose, le Job Crafting constitue un gage d’innovation et d’efficacité.

 

  1. Offrir la possibilité de faire évoluer la nature des relations avec les autres dans son travail

Le deuxième axe du Job Crafting permet de réinventer le rapport aux autres dans son travail et son réseau professionnel. Le collaborateur peut ainsi proposer de nouvelles modalités de travail en équipe ou simplement faire évoluer ses interactions avec ses collègues ou sa hiérarchie. Le manager peut quant à lui transformer son mode de management ou travailler sur les modes de communication et d’échange avec les autres au sein de l’organisation.

A titre d’exemples, un(e) manager pourra proposer de remplacer des temps de réunions chronophages par un petit-déjeuner sous forme d’un tour d’horizon de l’activité, des résultats. Un(e) chargé(e) de marketing ou de communication pourra mettre en place un forum d’idées pour permettre à chacun des membres d’un groupe de travail de proposer une initiative personnelle qu’elle aimerait soumettre au collectif. Un(e) chargé(e) de projet technique pourra proposer de créer des réunions tournantes dans différents services animés par différents acteurs pour apporter des points de vue croisés et ainsi changer l’angle de vue des participants aux réunions projets.

Redonner le pouvoir aux personnes pour recréer une nouvelle dynamique relationnelle permet de remettre dans les mains de chacun la responsabilité des relations entre collègues et de l’ambiance au sein d’un collectif.

 

  1. Aider chaque personne à travailler la perception du travail réalisé

Enfin, dernier axe mais loin d’être symbolique, il s’agit d’amener chacun à prendre conscience et à retravailler le sens lié à son action. Quand 38 % des salariés estiment que l’intérêt de leur job est leur premier facteur de bien-être (Source étude Actinéo, 2017), cet axe consiste à permettre à chacun d’identifier les bénéfices de son action au-delà de ceux définis ou perçus par l’organisation elle-même.

Ainsi un(e) hôte(sse) pourra prendre conscience que sa relation avec les personnes extérieures à la société est un élément crucial de l’image donnée de la société et de l’état d’esprit de ses salariés. Elle pourra ainsi vouloir accueillir chaque client en se présentant par son prénom et en lui souhaitant la bienvenue de la part de toute l’équipe. Je repense également à ce serveur qui, dans un espace de coworking, le jour de la saint Valentin, a fait le choix de réaliser des cœurs dans la mousse de café. Il suscite ainsi le sourire de ses client(e)s et leur permet de vivre une expérience originale et de passer une belle journée dans cet espace de travail collaboratif.

Le Job Crafting offre ainsi une voix aux managers et aux collaborateurs, pour redonner le vrai sens du travail. Il permet aussi de réinvestir chacun dans sa responsabilité pour rendre un service valorisant en investissant autrement sa mission dans l’organisation.

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Formateur : plus qu’un métier, un talent !

4 décembre 2018
talents du formateur

Un métier en mutation

Salles trop petites, trop grandes, en strapontins, en travaux ou tout simplement non réservées, matériel défectueux, réseau wifi peu performant, événements institutionnels planifiés pendant la formation, lieux de restauration trop éloignés, évaluations en ligne qui arrivent avant la fin de l’intervention, ça vous parle ? Sans compter les stagiaires fatigués, voire épuisés, qui vivent leur présence comme l’aveu d’une insuffisance professionnelle, bref, vous l’aurez compris, la vie d’un formateur n’est pas de tout repos !

On parle partout de l’environnement professionnel comme étant un système complexe et en pleine mutation. Les formateurs n’y échappent pas : à l’instar de ceux que nous accompagnons, notre métier a bien changé ces dernières années. Non seulement le formateur doit faire preuve d’une forte capacité d’adaptation en fonction des situations « hors normes » qui se présentent à lui, mais aussi d’une bonne dose de lâcher prise et de tolérance par rapport à la frustration. Car finalement les situations hors-normes sont devenues le quotidien par rapport aux engagements pris et les moyens réels à disposition.

 

Des attentes fortes

Toutefois, l’évolution majeure du métier n’est pas liée à l’apparition du digital ou au manque de moyens adaptés : elle est liée à l’humain. Car aujourd’hui, au même titre que les collaborateurs vis-à-vis de l’entreprise, une grande partie des apprenants ont beaucoup d’attentes envers nous. Malgré des temps de formation en salle de plus en plus courts, les apprenants, tout comme les clients, sont exigeants et attendent un vrai retour sur investissement, du moins une plus-value concrète par rapport au temps investi. Le formateur doit aussi faire face aux réfractaires, qui n’ont pas le temps ou qui ne comprennent pas ce qu’ils font là.

 

La facilitation pour déployer la pensée

Partant de l’ensemble de ces attentes et contraintes, le formateur a donc pour défi de créer les conditions qui permettront à chacun mais aussi au groupe d’être acteur de sa formation. La question du groupe n’est pas un détail car la qualité de la dynamique de groupe pèsera de tout son poids sur la qualité de la formation et les modélisations réalisées collectivement. Comme en management, il s’agira d’accompagner la réflexion individuelle tout en proposant des expériences collectivement apprenantes.

Le métier de formateur devient alors un métier de Facilitation. Cette posture, en s’appuyant sur un processus finement conçu en amont et un cadre solide et protecteur, permet d’ouvrir des espaces de pensée, c’est-à-dire de questionnement sur soi, de partage des pratiques, et par là-même de confrontation bienveillante et de dissonance cognitive à l’intérieur du groupe.

 

Gérer les blocages

Dans cette dynamique d’émergence et d’élaboration, se manifestent parfois des résistances que le formateur devra désamorcer et pour lesquelles il devra faire preuve d’une forte sécurité ontologique pour responsabiliser le groupe, en le confrontant en douceur, et cela surtout lorsqu’au sein du groupe, cette résistance prend des formes subtiles, non-dites, archaïques.

Car le risque est fort que le formateur devienne l’écran sur lequel viendra se projeter cette résistance (transfert). Ce dernier devra alors faire preuve d’observation fine, de recul, de discernement vis-à-vis de ce qu’il perçoit, ressent et propose (contre-transfert). On comprend pourquoi on voit de plus en plus de situations de formation traitées en supervision ! Car, à l’instar du coach, le formateur y va de sa personne.

 

L’expertise : pour un savoir consolidé

Tout cela sans compter qu’on attend aussi de lui qu’il ne soit pas qu’un facilitateur mais aussi un expert de la thématique qu’il traite, sous peine de voir les modalités proposées devenir exaspérantes, surtout quand elles sont associées au ludique. A juste titre, les apprenants en formation attendent aussi du contenu. La pédagogie étant principalement inductive, le challenge pour le formateur sera alors de maitriser son champ thématique pour faire « le juste apport », court, ciblé, au bon moment, et surtout de proposer les liens entre les différents savoirs parcellaires ayant émergé au cours de la formation.

 

Être formateur, c’est lier

Le talent du formateur réside donc tout à la fois à savoir passer d’une posture de facilitation à une posture de sachant, et donc à changer de posture, mais aussi à tisser des liens entre les savoirs et entre les personnes, tout en s’assurant de l’alliance du groupe. Vous comprendrez mieux pourquoi chez CINAPS nous prenons grand soin des liens avec nos formateurs, à qui je souhaite rendre hommage ici.

 

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Quel héros êtes-vous ?

4 janvier 2018
Découvrez votre profil de héros

Cette année, nous adressons des voeux singuliers et inspirants. Les séries TV et les comportements de leurs héros sont une mine d’or, et en disent long sur le management des hommes. Alors, prenez le temps de vous identifier à un des 3 héros féminins si vous êtes une femme, ou à un des 3 héros masculins, si vous êtes un homme ; prenez conscience de vos forces et lisez les challenges professionnels et personnels que nous vous avons concoctés.

Bonne année !

Cinaps Bonne année 2018

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Permettre l’accélération de l’entreprise et ne pas lâcher la main de la Reine Rouge

20 juin 2017

L’ère du progrès exponentiel 

La terre a 5 milliards d’années. Si son âge représentait la distance Paris – Lyon (500 km), l’arrivée de l’homme ferait 500 m, l’arrivée de l’écriture 50 cm et le dernier siècle 1 cm. Et pourtant, depuis ce dernier siècle, l’humanité a vu se concentrer la moitié de ses progrès. 50 % des savants que le monde a connu vivent aujourd’hui. Nous sommes à l’ère de la verticalité du progrès. Les sciences s’entrelacent, s’enrichissent et autorisent des innovations inédites : applications géolocalisées, robots, imprimantes 3D, objets communicants, reconnaissance vocale, drones, domotique, train supersonique, fibres optiques, satellites, laser, microtechnologie, génome.

 

L’ère de l’accélération

Au-delà de l’ère du progrès, nous sommes aussi à l’ère de l’immédiateté, de l’obsolescence, de l’éphémérisation et de l’accélération

Les principaux accélérateurs :

  • La quantité colossale d’informations disponibles,
  • La rapidité d’accès en mobilité à ces informations,
  • L’accès libre et immédiat à la connaissance et à la communication,
  • Nos nouveaux rapports à l’espace, au temps et à l’autre.

Nos métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, les traditions et les savoir-faire disparaissent, le court terme règne, les changements s’enchaînent.

 

Comment les entreprises peuvent faire face à cette accélération inouïe ?

Lewis Carroll, dans son célèbre livre « Alice au pays des merveilles – De l’autre côté du miroir », écrit une scène décrivant à merveille la théorie de la Reine Rouge : Alice et la reine se lancent dans une course effrénée, Alice demande alors : « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? ». Et la reine répondit : « Nous courons pour rester à la même place ».

La théorie de la Reine rouge est, en fait, une théorie de biologie évolutive de Leigh Van Valen (1972) qui formalise la co-évolution des prédateurs et de leurs proies. Si une proie connaît une évolution favorable, ses prédateurs vont évoluer à leur tour jusqu’à annuler le bénéfice de cette évolution.

Si on transpose cette théorie au paysage concurrentiel des entreprises, les petits progrès sont très vite rattrapés par les concurrents qui s’adaptent rapidement et ces progrès sont finalement sans bénéfice réel. Chacun aura donc couru pour rester sur place puisque ni sa part de marché ni ses marges n’auront réellement ou durablement bénéficié de l’évolution.

Pour que l’hypothèse de la Reine Rouge ne s’applique pas, il faut que l’évolution soit suffisamment disruptive pour provoquer un bénéfice évolutif tel que les prédateurs n’aient pas le temps ou la possibilité de s’adapter (comme Apple avec l’iPhone). En fait, les espèces qui s’éteignent sont celles qui « lâchent la main de la Reine Rouge », c’est-à-dire qu’elles se font distancer par les espèces avec lesquelles elles sont en concurrence et, au-delà d’un certain écart, ne peuvent plus rattraper leur retard d’adaptation. Le monde économique actuel regorge d’exemples d’entreprises qui s’éteignent, notamment devant l’émergence d’entreprises aux nouveaux business model très disruptifs.

 

Alors, doit-on courir plus vite pour faire face à l’accélération du progrès et aux défis des entreprises novatrices ?

Le petit Robert donne la définition suivante au mot « courir » : se déplacer rapidement, en s’appuyant alternativement sur une jambe puis sur l’autre.

Quelles sont donc alors les jambes sur lesquelles s’appuie alternativement l’entreprise pour se déplacer rapidement afin d’assurer sa survie, de réussir son adaptation et de provoquer un bénéfice évolutif ? Quelques pistes efficaces : 

  • L’innovation,
  • Le digital,
  • La maîtrise et l’exploitation de l’information,
  • Son agilité,
  • Sa synchronisation,
  • Son appétence au changement,
  • Une nouvelle organisation polyarchique permettant déconcentration, responsabilité et réactivité,
  • Une nouvelle culture organisationnelle,
  • Sa centration client,
  • Son business model.

En fait, la complexité de cette accélération repose souvent sur la capacité des entreprises à combiner de façon systémique ces différentes pistes (et d’autres encore). C’est pourquoi cette accélération est difficile.

Le défi majeur : s’adapter rapidement ET correctement

Finalement, peut-être que l’essentiel, comme dit Hubert Landier dans son ouvrage « L’entreprise polycellulaire », n’est pas de permettre à son entreprise de bouger vite, mais de bouger vite ET bien : « L’aptitude à la survie, dans un environnement changeant et ouvert à de nombreux compétiteurs, est conditionné par la capacité de l’entreprise à s’adapter, à la fois rapidement et correctement à l’évolution de la situation. Une adaptation correcte peut cependant être fatale si elle intervient trop tard et une adaptation rapide peut n’être d’aucune utilité si elle ne débouche pas sur des solutions pertinentes ».

Bonne course à vous tous !