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Nancy Gutierrez

Clin d'oeil

Formateur : plus qu’un métier, un talent !

4 décembre 2018
talents du formateur

Un métier en mutation

Salles trop petites, trop grandes, en strapontins, en travaux ou tout simplement non réservées, matériel défectueux, réseau wifi peu performant, événements institutionnels planifiés pendant la formation, lieux de restauration trop éloignés, évaluations en ligne qui arrivent avant la fin de l’intervention, ça vous parle ? Sans compter les stagiaires fatigués, voire épuisés, qui vivent leur présence comme l’aveu d’une insuffisance professionnelle, bref, vous l’aurez compris, la vie d’un formateur n’est pas de tout repos !

On parle partout de l’environnement professionnel comme étant un système complexe et en pleine mutation. Les formateurs n’y échappent pas : à l’instar de ceux que nous accompagnons, notre métier a bien changé ces dernières années. Non seulement le formateur doit faire preuve d’une forte capacité d’adaptation en fonction des situations « hors normes » qui se présentent à lui, mais aussi d’une bonne dose de lâcher prise et de tolérance par rapport à la frustration. Car finalement les situations hors-normes sont devenues le quotidien par rapport aux engagements pris et les moyens réels à disposition.

 

Des attentes fortes

Toutefois, l’évolution majeure du métier n’est pas liée à l’apparition du digital ou au manque de moyens adaptés : elle est liée à l’humain. Car aujourd’hui, au même titre que les collaborateurs vis-à-vis de l’entreprise, une grande partie des apprenants ont beaucoup d’attentes envers nous. Malgré des temps de formation en salle de plus en plus courts, les apprenants, tout comme les clients, sont exigeants et attendent un vrai retour sur investissement, du moins une plus-value concrète par rapport au temps investi. Le formateur doit aussi faire face aux réfractaires, qui n’ont pas le temps ou qui ne comprennent pas ce qu’ils font là.

 

La facilitation pour déployer la pensée

Partant de l’ensemble de ces attentes et contraintes, le formateur a donc pour défi de créer les conditions qui permettront à chacun mais aussi au groupe d’être acteur de sa formation. La question du groupe n’est pas un détail car la qualité de la dynamique de groupe pèsera de tout son poids sur la qualité de la formation et les modélisations réalisées collectivement. Comme en management, il s’agira d’accompagner la réflexion individuelle tout en proposant des expériences collectivement apprenantes.

Le métier de formateur devient alors un métier de Facilitation. Cette posture, en s’appuyant sur un processus finement conçu en amont et un cadre solide et protecteur, permet d’ouvrir des espaces de pensée, c’est-à-dire de questionnement sur soi, de partage des pratiques, et par là-même de confrontation bienveillante et de dissonance cognitive à l’intérieur du groupe.

 

Gérer les blocages

Dans cette dynamique d’émergence et d’élaboration, se manifestent parfois des résistances que le formateur devra désamorcer et pour lesquelles il devra faire preuve d’une forte sécurité ontologique pour responsabiliser le groupe, en le confrontant en douceur, et cela surtout lorsqu’au sein du groupe, cette résistance prend des formes subtiles, non-dites, archaïques.

Car le risque est fort que le formateur devienne l’écran sur lequel viendra se projeter cette résistance (transfert). Ce dernier devra alors faire preuve d’observation fine, de recul, de discernement vis-à-vis de ce qu’il perçoit, ressent et propose (contre-transfert). On comprend pourquoi on voit de plus en plus de situations de formation traitées en supervision ! Car, à l’instar du coach, le formateur y va de sa personne.

 

L’expertise : pour un savoir consolidé

Tout cela sans compter qu’on attend aussi de lui qu’il ne soit pas qu’un facilitateur mais aussi un expert de la thématique qu’il traite, sous peine de voir les modalités proposées devenir exaspérantes, surtout quand elles sont associées au ludique. A juste titre, les apprenants en formation attendent aussi du contenu. La pédagogie étant principalement inductive, le challenge pour le formateur sera alors de maitriser son champ thématique pour faire « le juste apport », court, ciblé, au bon moment, et surtout de proposer les liens entre les différents savoirs parcellaires ayant émergé au cours de la formation.

 

Être formateur, c’est lier

Le talent du formateur réside donc tout à la fois à savoir passer d’une posture de facilitation à une posture de sachant, et donc à changer de posture, mais aussi à tisser des liens entre les savoirs et entre les personnes, tout en s’assurant de l’alliance du groupe. Vous comprendrez mieux pourquoi chez CINAPS nous prenons grand soin des liens avec nos formateurs, à qui je souhaite rendre hommage ici.

 

Innovation - Digital

L’innovation : une irrésistible question de survie

3 mai 2018
L'innovation est une question de survie

Innover : juste pour le plaisir ?

Il y a 5 ans, la mondialisation aurait été LA priorité des décideurs. Aujourd’hui, elle a laissé la place à l’innovation, devenu le principal levier de croissance. Face à l’incertitude, à la digitalisation et aux nouvelles formes de concurrence, nous sommes bien entrés dans l’ère de l’innovation comme donnée stratégique.

Selon la Commission Européenne, les entreprises ayant innové sur les 3 dernières années ont eu une croissance de 10% en moyenne de leur CA contre une baisse de 3% pour celles qui n’ont pas innové. L’innovation permet donc à une entreprise de démultiplier sa croissance. Mais elle est aussi devenue le moyen par excellence de transformer les entreprises existantes pour une meilleure absorption des révolutions en cours, et notamment celle du digital.

L’innovation ne se contente plus d’être le « petit + »,  qui consistait à avoir de bonnes idées pour viser une meilleure rentabilité : c’est devenu une question de SURVIE visant à la fois à protéger ses parts de marché ou sa raison d’être et à apporter un avantage concurrentiel reposant sur la capacité à satisfaire les besoins de la clientèle ou des usagers, à répondre à leurs priorités, et ainsi à devancer les offres des concurrents, potentiels ou existants.

 

L’Innovation dans l’entreprise : un monde infini de possibilités

De nombreuses innovations (50,98% selon
 l’OCDE) n’intègrent aucune dimension technologique ! Au-delà des innovations produit / service portées par les experts, l’innovation s’est introduite dans le quotidien et dans les différents rouages des entreprises, à l’échelon local. L’objectif : développer de nouvelles méthodes de travail, fluidifier les organisations, améliorer les relations interprofessionnelles, etc.

Bien sûr, innover, cela peut être améliorer l’efficacité opérationnelle en diminuant les coûts de production, mais c’est aussi stabiliser les ressources humaines et améliorer les compétences car les collaborateurs apprennent alors de nouvelles façons de collaborer entre eux ou d’agir vis-à-vis des clients ou usagers. Cela implique souvent un plus grand respect des différents points de vue, qui, sur le terrain, se traduit par une plus grande satisfaction client.

Ces innovations peuvent aussi représenter des sources de motivation et d’engagement pour les collaborateurs, qui trouvent là des clés pour se réaliser personnellement et professionnellement en contribuant pleinement à leur mission.

 

L’innovation par tous, pour tous : la juste-innovation au quotidien

Si son impact est considérable à long terme, il est toutefois important de garder à l’esprit que l’innovation est souvent modeste et progressive. Elle n’est pas toujours exceptionnelle, ni forcément originale, ni nécessairement complexe. On parle de « juste-innovation » : c’est avant tout un processus pragmatique de facilitation quotidienne du changement et de recombinaison de l’existant. L’innovation n’est pas un éclair de génie, c’est une discipline organisationnelle, un cercle vertueux où chaque partie prenante peut être contributrice.

De fait, l’innovation devient plurielle, se construisant sous des formes de toutes natures. On est de moins en moins dans le modèle de la R&D intégrée. Ce qui est différent dorénavant, réside dans la volonté d’apporter non plus quelque chose de radicalement nouveau, mais bien plus d’innover dans les pratiques organisationnelles, managériales et dans la collaboration entre individus. On se situe plus dans l’innovation incrémentale, étape par étape que dans les ruptures. Il s’agit de conduire la juste-innovation pour innover juste ce qu’il faut et répondre aux défis de performance et aux aléas du moment afin de rester aligné sur sa trajectoire.

Selon une enquête du PDMA (structure d’échanges transverses entre professionnels de l’innovation), les entreprises qui ont déployé une vraie méthodologie d’innovation (24% des entreprises) réussissent à concrétiser une idée sur quatre proposées, contre une sur neuf pour les autres.

 

Créativité et innovation : la tête et les jambes

On constate depuis plusieurs années une confusion sémantique entre la créativité et l’innovation. De façon un peu caricaturale, nous pourrions dire que si être créatif, c’est avoir des idées, être innovant, c’est mettre ces idées en œuvre.

Les collaborateurs de l’entreprise peuvent regorger d’idées de produits ou d’améliorations de leurs façons de faire, mais la mise en œuvre de ces idées supposera très souvent d’associer plusieurs expertises et de travailler en mode projet. Ainsi, on peut être créatif seul, mais c’est en équipe qu’on innove.

Alors que la créativité relève de la réflexion, l’innovation relève de l’action. La créativité est affaire de processus mentaux et émotionnels, l’innovation est affaire de management : il s’agit de passer à l’acte, de faire en sorte que les idées nouvelles ne soient pas tuées par l’organisation, ses routines, ses contraintes et ses enjeux de pouvoir. Bien entendu, il faut s’assurer d’un flux d’idées nouvelles pour irriguer le processus d’innovation. Cependant, se cantonner à la créativité, c’est rester dans la théorie, alors que l’innovation est une pratique. L’innovation est un passage à l’acte pragmatique et collectif. Elle relève de la responsabilité de chacun.

Finalement, l’innovation est devenue une question de survie, oui, mais c’est également un magnifique et gigantesque terrain de jeux, aux possibilités infinies. Innover, c’est, de décision en décision, transformer les idées en succès.

Alors n’hésitez plus, aidez vos managers et collaborateurs à devenir de véritables innov’acteurs !

Intelligence Collective

Découvrez ce qui fait la puissance du Codev

23 janvier 2018
Découvrez ce qui fait la puissance du Codev

Partout vous pourrez lire ou entendre les bonnes raisons de participer à un groupe de Codev (Codéveloppement) tant les bénéfices sont nombreux : l’amélioration des pratiques et une meilleure résolution des problèmes bien sûr, mais aussi entraînement à l’écoute, au questionnement, à l’analyse réflexive, à la bienveillance, renforcement des communautés de pairs, etc.
Bref ! il ne s’agit pas ici d’égrener tous ces bénéfices, puisqu’il est communément admis que cette méthode est à la fois simple et puissante. Mais cette puissance, est-elle seulement l’addition de l’ensemble de ces bénéfices ? Et pourquoi cette méthode, qui existe depuis plus de 30 ans, n’a jamais autant fait parler qu’à l’heure actuelle?

Le dénominateur commun de la réponse à ces 2 questions ? L’apprentissage TRANS-FOR-MA-TIO-NNEL !
En effet, jamais les entreprises n’ont autant eu besoin de se transformer en profondeur, sur le plan organisationnel et humain. Et bien justement : le Codev offre un temps où une partie de cette transformation peut se mettre en marche, c’est-à-dire un lieu où chacun, en tant qu’acteur essentiel du changement, pourra être d’abord contributeur de sa propre transformation.

 

La pratique du Codev : une source de savoirs implicites

Cette force du Codev s’appuie sur un postulat : la pratique a des savoirs que la science ne produit pas. En explicitant ces savoirs souvent restés implicites, on valorise les praticiens qui se découvre des marges d’action inédites : on fait des collaborateurs des acteurs reconnus comme des experts de leur environnement, des acteurs souverains et pertinents pour conduire le changement attendu.

 

La pratique comme laboratoire d’apprentissages dans l’action

La pratique comme laboratoire d'apprentissagesLa force du Codev, qui, j’insiste, se vit dans la durée avec le même groupe, tient aussi du fait qu’il permet, de séance en séance, de transformer toute pratique professionnelle en laboratoire d’apprentissages. Un savoir conduit à un autre savoir !

Ce qui est l’un des principes de toute organisation apprenante : en adoptant une attitude d’apprentissage dans l’action, chaque participant apprend à agir différemment en modifiant à la fois son comportement mais aussi ses schémas de pensée et sa façon de ressentir. Progressivement, de feedbacks personnalisés en diverses restitutions, chacun peut entreprendre sa métamorphose.

En cela, le CODEV conduit à des apprentissages impossibles autrement.

 

La posture du bénéficiaire : un praticien-chercheur libéré !

On peut alors dire que le Codev place le participant dans la peau d’un praticien-chercheur qui, sorti de l’injonction, du piège de la toute-puissance ou de l’inertie, libéré de ses pensées limitantes et sous le regard bienveillant de son groupe de pairs, se reconnait le droit à l’erreur et n’a plus à avoir peur d’être incompétent, ceci étant le préalable à tout progrès ! Rien de tel pour se décomplexer et apparaitre tel qu’il est, dans ses forces mais aussi dans ses limites, pour s’autoriser à explorer, à tester et surtout à trouver de nouveaux modes d’agir.

Voilà qui pourrait bien expliquer pourquoi les participants disent souvent que le Codev les amène bien au-delà de ce qu’ils pensaient au départ !

 

« Le plus » Cinaps

le codev creatifCompte tenu de ce qui vient d’être dit, nous-mêmes, en tant que praticiens réguliers du Codev, nous avons alimenté notre propre laboratoire d’apprentissages. Ainsi, les nombreux échanges dans le cadre de notre communauté nous ont conduit à proposer le « CODEV+ », fortement associé aux méthodes de facilitation et de créativité, permettant ainsi d’amplifier la puissance du Codev. Comment ? Par la production d’un nouveau savoir, plus pertinent, sensible, original, en questionnant plus en profondeur les modes traditionnels de pensée, de ressentir et d’agir et en générant une énergie et un plaisir renouvelés à chaque séance, ce qui compte double sur le chemin de la transformation !

 

 

Si vous voulez vivre une expérience de Codev, inscrivez-vous à notre petit-déjeuner Morning Cinaps, le 30 janvier. Pour découvrir nos réalisations en Codev, c’est ici ; enfin vous souhaitez en savoir plus sur le Codev+, Nancy Gutierrez, consultante et facilitatrice, répondra à toutes vos questions.

Pédagogie

Du bon usage des neurosciences dans l’accompagnement professionnel

24 octobre 2017

Cette année, à l’occasion de divers événements, notre communauté cinapsienne (synapsienne devrai-je dire !) a témoigné un fort intérêt pour les neurosciences. Même si l’apport de celles-ci dans les sciences humaines n’est pas nouveau, il est vrai que, depuis quelques années, les neurosciences génèrent un engouement inédit auprès du grand public, avec notamment la publication de nombreux ouvrages de vulgarisation des travaux scientifiques portant sur ce qu’il convient d’appeler l’Esprit humain.

 

Parlez-vous neuro ?

Ainsi, dorénavant les neurosciences s’invitent partout : dans la santé mais aussi dans les apprentissages scolaires, le sport, l’hygiène, dans le développement et l’éducation de nos enfants et de nos adolescents, au travail, en développement personnel et même dans le couple ! Face aux environnements complexes et de plus en plus digitalisés, à l’heure de l’intelligence artificielle ou du transhumanisme, il semblerait que nous ayons besoin plus que jamais de comprendre et de valoriser ce qui fait le propre de l’humain.

Et nos métiers de coach-facilitateur-consultant-formateur n’échappent pas à cette tendance lourde du neuro : on y parle de « neuroManagement » ou de « neuroLearning », on propose aux managers de « neuro-booster » leurs équipes et aux « neuroleaders » de manager selon les « biotypes » (comprenez les personnalités). Quant au coach, on l’invite à « Coacher grâce aux neurosciences ».

 

Les multiples outils et méthodes qui favorisent l’engagement vers le changement

Certes nous n’avons pas encore introduit ces néologismes dans nos interventions ou dans nos communications mais en réalité, cela fait bien longtemps que nous avons intégré les apports des neurosciences dans nos pratiques ! Nos méthodes pédagogiques privilégient toutes sortes d’outils qui permettent de favoriser la mémorisation et l’attention : supports visuels équilibrés, concaténations, fiches mémos, schémas, images et métaphores, expression des émotions, mise en mouvement du corps, carte heuristique, photolangage, facilitation graphique, divers exercices permettant de solliciter l’ensemble des canaux perceptifs, etc.

Nous misons aussi beaucoup sur la force du collectif pour favoriser les apprentissages en co-construction : peer-coaching, jeux coopératifs, diverses occasions de feed-back intégrant aussi la dimension émotionnelle et le renforcement positif, applications digitales, outils de créativité, visualisation mentale…

Lors de nos ingénieries de séminaire, de coaching ou de formation, nous sommes attentifs à trouver les bons équilibres afin de proposer un rythme respectant l’alternance entre réflexion (temps de l’élaboration et de l’émergence) et action (temps de la mise en œuvre). Nous proposons des dispositifs Blended composés de temps formatifs courts, qui permettent les itérations successives favorisant l’apparition et le renforcement des sillons neuronaux, et donc l’ancrage d’apprentissages durables dans le temps.

 

Ce qui fonde notre pratique : une certaine croyance sur l’humain

Par cette alternance, il s’agit aussi de trouver l’équilibre entre le mode automatique du cerveau qui rassure (éléments de cadrage, rituels, partage de bonnes pratiques…) et le mode adaptatif qui explore, accueille et découvre (exercices facilitant l’inclusion et l’ouverture, questionnement, codéveloppement, entrainement…). Car au fond, souvent il s’agit bien de faciliter l’ouverture, indispensable au changement et au processus créatif, dont la divergence et l’émergence sont les fondements.

Au final, nous mettons les enseignements des neurosciences en œuvre tous les jours, au profit d’un apprentissage qui soit le plus respectueux et transformationnel possible, parce que tous les jours nous avons la preuve de la plasticité cérébrale à l’âge adulte ! A vrai dire, plus que les neurosciences, ce sont surtout nos croyances sur l’humain qui sous-tendent les pratiques décrites ci-dessus : nos croyances profondément humanistes nous permettent non seulement de générer chez les bénéficiaires un fort engagement dans leur accompagnement mais aussi de leur procurer beaucoup de plaisir ! Voilà une autre nourriture indispensable pour le cerveau et aussi pour le cœur.😊

Intelligence Collective

Co-développement, les raisons d’un tel succès

12 avril 2017

Nous proposons d’expliquer pourquoi le co-développement, ou Codev, connaît, aujourd’hui un tel succès. Il semblerait que cette méthode, conçue par les canadiens Claude Champagne et Adrien Payette dans les années 90, propose bien des avantages :

  • C’est une méthode reconnue pour sa simplicité.
  • C’est une approche pragmatique et riche d’apprentissages.
  • Et… c’est aussi une expérience modélisante de facilitation !

 

La simplicité de l’approche

La méthode en soi est à la fois simple et rigoureuse :

  • 6 étapes en seulement 1h30 à 2h30,
  • Une personne, souvent un manager, devient Client. Il soumet un problème ou un projet à un groupe restreint de pairs alors appelés Consultants.
  • Le problème ou projet du client est analysé ensemble afin d’identifier des pistes possibles de solutions ou d’actions permettant de faire progresser la situation.

des solutions pragmatiques
La pratique et le vécu professionnel deviennent ainsi sources d’apprentissages, comme les interactions au sein du groupe. Grâce à un plan d’actions autour de solutions non idéales mais pragmatiques, le Codev s’apparente donc à une formation-action permettant d’élargir sa capacité d’action. Cependant, cette simplicité apparente ne suffit pas expliquer le fort développement actuel de cette approche.

 

Une approche pragmatique, riche d’apprentissages

Au fil des séances et avec une économie de moyens et de temps spectaculaire par rapport à une formation traditionnelle, le Codev, en se fiant davantage aux expériences qu’à des modèles théoriques, permet d’améliorer les pratiques tout en faisant de nombreux apprentissages :

  • Les participants s’entraînent à demander de l’aide et donc à reconnaître leurs limites. Indirectement, ils font l’apprentissage du droit à l’erreur. En étant plus acceptant face aux doutes, ils prennent conscience de leur non toute-puissance et sont enclins à être plus doux et bienveillant envers eux-mêmes. Ce qui bien sûr n’est pas sans répercussion sur la qualité de leurs relations en dehors des séances.
  • Ils se dégagent des marges de manœuvre jusque-là non identifiées : ils sortent de leur scénario d’échec ou de leur inertie, ils se mettent en mouvement, ils mettent au travail les dilemmes désorientants vécus sur le terrain face à la complexité. Les managers repartent avec des idées et des envies de faire. Ils sont reboostés.
  • Ils se sentent appartenir à une communauté solidaire de pratiques partageant des problématiques et un cadre de référence communs. Sortis de leur isolement, ils font l’expérience vivifiante de la gratitude.
  • Par une distribution stricte et saine de la parole, ils apprennent à mieux écouter et améliorent très significativement leur questionnement, pour un échange de meilleure qualité, en entretien managérial par exemple.
  • Les participants apprennent à se confronter de façon plus bienveillante, ce qui, par l’effet miroir, leur permet ainsi de mieux se connaitre. Ils intègrent la puissance des émotions qu’ils nomment.
  • Ils prennent une hauteur salutaire face à leur pratique, condition sine qua none pour jouer leur rôle de manager ressource face à la pression du résultat.

En bref, ils développement progressivement plus de confiance en soi, en l’autre et au groupe. Mais ces bénéfices pléthoriques du Codev suffisent-ils à expliquer un tel succès ?

 

Un processus modélisant de facilitation

 Au service d’une posture managériale en mutation

Le co-développement a trouvé ses lettres de noblesse depuis que les entreprises ont réalisé la nécessité impérieuse de se transformer pour être plus agile et innovante face à un environnement plus complexe, concurrentiel et imprévisible.

Ce besoin vital de transformation s’appuie plus que jamais sur les forces vives de l’organisation. Ainsi les managers, qui ont déjà dû migrer d’une posture d’Expert en charge de la gestion de l’activité à celle de manager Coach, sont sommés aujourd’hui d’embrasser la posture de facilitateur. Ils doivent développer la transversalité et la coopération, « la vraie » lit-on même de-ci de-là !

Car c’est bien là le nerf de la guerre aujourd’hui : face aux réorganisations qui se succèdent et aux inévitables résistances et risques psychosociaux que cela fait croitre, les managers doivent malgré tout s’appuyer sur l’intelligence collective pour innover de nouvelles offres et inventer des modes d’organisation plus adaptés et réactifs, partant du postulat que chacun dans le collectif est dépositaire d’un savoir. Co-élaborerLes modalités créatives proposées en séance (quand elles sont proposées !) permettent justement de se familiariser aux outils et aux démarches d’innovation.

Pour un apprentissage transformationnel

Le co-développement s’avère alors extrêmement modélisant à plusieurs titres. D’abord, il permet au manager de faire l’apprentissage de la divergence comme saine source de solutions nouvelles et pertinentes. Grâce aux outils créatifs, à la pluralité des points de vue et à la confrontation douce, les participants modifient profondément leur regard sur leur situation et sur eux-mêmes. Par un apprentissage transformationnel, au fil des mois ils changent de mindset et par là-même de posture. Ils se dégagent des marges d’action nouvelles et mobilisatrices jusqu’alors jamais envisagées.

Pour faire l’apprentissage de la co-élaboration

Par ailleurs, s’entraînant à l’analyse réflexive, constructive et approfondie des pratiques, les participants font, en parallèle, l’apprentissage de la co-élaboration, c’est-à-dire du fait de penser ensemble, puisqu’il est acquis aujourd’hui, principe de rationalité oblige, que nous sommes plus intelligents à plusieurs.

Ainsi, le manager peut-il modéliser non seulement une méthode mais aussi une posture de facilitation au service d’un travail collectif. Seule condition, que l’animateur Codev facilite la production du groupe avec tact et subtilité. Car, s’appuyant sur le matériau humain et le groupe, le Codev, et donc la facilitation, est une méthode exigeante, qui n’est simple qu’en apparence et nécessite aussi de se transformer soi-même.

Mais au final, quel voyage pour ceux qui vivent cette expérience !

Témoignages

« Depuis la dernière séance de Codev, j’ai transformé une injonction que je vivais mal en opportunité pour trouver des solutions avec le collectif. J’ai partagé la problématique avec le collectif et ça a été l’opportunité de lever des idées, créer du lien managérial, redonner de la motivation, créer de l’entraide et de la solidarité au sein du site, remettre en responsabilité. Et moi ça m’a soulagé d’un poids ! Nous avons maintenant les meilleurs résultats de la direction territoriale ! ».

« J’ai mis en place plein de choses suite à ma séance de Codev. Ça a super bien pris. Les collaborateurs se sont enrichis les uns les autres. Ils travaillent plus intelligemment. Les résultats ont décollé. Le climat social est plus serein. Que du positif ! ».

« J’ai utilisé la méthode en partie pour faire travailler des agents. Il en est sorti un vrai plan d’action, ce qui n’avait jamais été le cas jusque-là. Ça a permis à chacun de s’exprimer, même ceux qui ne le font pas d’habitude et qui ont des choses intéressantes à dire ! ».

 

Vous souhaitez en savoir plus et nous rencontrer. Pour découvrir notre méthode de Codev, envoyez-nous un message.

Coup de coeur

Posture et création de valeur : « les pépites », un film inspirant

10 janvier 2017

Fin 2016, je me suis fait un cadeau : je suis allée voir le film de Xavier de Lausanne intitulé “Les pépites”. Quel beau titre pour un documentaire qui témoigne de l’aventure édifiante d’un couple hors norme !

film-pépites

 

Il y a 25 ans, tout juste retraités, Christian et Marie-France des Pallières découvrent le quotidien inhumain des enfants chiffonniers d’une décharge de Phnom-Penh, au Cambodge. Dans une odeur insoutenable, la nuit comme le jour, pour se nourrir et survivre, ces enfants aux pieds nus et aux yeux hagards sont contraints de fouiller les déchets. Certains y laissent leur vie dans des conditions atroces et le plus total anonymat.

C’est sans compter sur ces deux modestes héros, qui d’étape en étape et sans préméditation, vont changer la vie de plus de 10 000 enfants.

Mais quelles sont ces Pépites et que nous enseignent-elles ? Il y en a beaucoup dans ce film qui a bouleversé le public, j’en retiendrai trois.

 

  • Pépite n°1 : partout et tout le temps, tout est question de posture

Marie-France et Christian n’étaient pas destinés à une telle aventure : « On a trouvé un terrain à vendre…, on n’avait jamais rien construit…, on sentait bien qu’on partait dans une aventure ». Comme beaucoup de bénévoles engagés, ils sont avides de partages et de rencontres, dotés d’une ouverture exceptionnelle sur l’autre, ils sont curieux de comprendre les différences. Et surtout, ils sont tendus par l’envie de vivre leurs rêves : « S’il n’y pas de rêve dans la vie, il n’y a pas de vie ».

C’est cette croyance profondément enracinée en eux qui les conduira à lâcher prise face aux difficultés de la vie, à se faire confiance, à faire le tour du monde en camping-car avec leurs 4 enfants, et bien plus tard, à créer au Cambodge un centre éducatif permettant de scolariser des enfants, mais aussi de soigner et de former les jeunes au métier de leur choix parmi les 28 proposés, bref, de leur permettre aussi de rêver et de reprendre goût à la vie.

 

  • Pépite n°2 : Les émotions sont un formidable carburant

Dans le documentaire, alors que la décharge est fermée depuis longtemps, Christian prononce une phrase assez énigmatique pour moi alors. Avec nostalgie, il fait référence à l’odeur de la décharge qui lui manque. Puis j’ai compris : ce qui va surtout amener ce couple à vendre tous ses biens en France pour changer complètement sa destinée, c’est sa capacité à s’indigner face à l’intolérable : « Nous avons vu les enfants manger dans les ordures de la décharge de Stung Meanchey. C’était à hurler ! Il n’était pas possible, après avoir vu cela, de continuer à vivre normalement. Il fallait faire quelque chose ».
C’est la découverte de cet enfer (odorant) qui Capture d’écran 2017-02-20 à 15.52.49
a donné l’idée aux Pallières de construire une petite paillote à côté de la décharge pour procurer un repas par jour aux enfants. Disons plutôt : ce sont les émotions suscitées par cette découverte, la stupéfaction, l’horreur, l’indignation, la colère qui les pousseront à agir de façon rapide pour répondre à un premier besoin élémentaire de ces enfants : manger. Et l’odeur, comme une empreinte indélébile, fixera pour longtemps ces émotions et donc ce désir irrépressible d’agir pour se battre contre une réalité insupportable et progressivement la transformer.

 

C’est ce qui rend le film terriblement attachant et instructif : la mise en image des émotions qui relient les personnes à des histoires, à des lieux, à des événements et bien sûr à d’autres personnes.

Il montre comment deux individus, guidés uniquement par leurs croyances, leurs valeurs et leur boussole des émotions vont agir pour révolutionner la destinée de ces enfants. Tout cela à un moment où pour beaucoup, c’est presque la fin : la retraite.

 

  • Pépite n°3 : la rencontre et l’écoute, les meilleurs leviers pour créer de la valeur

Marie-France et Christian ont un énorme atout : ils ne jugent pas, ils cherchent à comprendre et à créer la relation : « Faire de chaque jour une surprise, de nouvelles rencontres ». C’est cette intelligence de la relation qui leur permettra d’être patients dans le contact avec ces enfants effarouchés, qui n’ont plus confiance en personne. De comprendre que non, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, les enfants n’ont pas besoin d’une charrette pour transporter les déchets : ils veulent simplement aller à l’école, il suffisait de leur demander. Oui les parents et autres adultes maltraitants sont aussi des victimes, la guerre est passée par là, comment leur faire accepter la perte économique liée à ces enfants qui ne travaillent plus mais vont dorénavant à l’école : en leur distribuant des sacs de riz tous les mois en échange de cette scolarisation, en alphabétisant les mères… Comment rendre pérenne l’association grandissante, placée au cœur de la vie locale ? En confiant son administration et ses principales missions aux acteurs locaux : « On ne pouvait pas le faire sans les Cambodgiens ».

Mués par un désir de rencontrer et de venir rapidement en aide, Marie-France et Christian ne font pas les réponses, ils ne pensent pas à la place de l’autre, ils ne cherchent pas avant tout à être pédagogues pour expliquer : ils vivent sur place, ils prennent le temps de l’observation, ils vont vers l’autre. Ils posent des questions simples et écoutent les réponses sans apriori, sans connaissance préalable, ni jugement. Avec une intelligence des situations sans pareille, à chaque étape, face à chaque nouveau défi qui ne manque pas de se présenter, ils incluent toutes les parties prenantes pour des propositions plus pertinentes, répondant au mieux aux besoins exprimés : enfants en premier lieu mais aussi parents, enseignants, médecins, formateurs, assistants sociaux, élus et acteurs locaux, donateurs…

 

 

N’est-ce pas tout cela aussi manager et plus largement entreprendre : une posture, c’est-à-dire une manière d’ETRE, en lâchant prise face à la complexité, en se faisant confiance en dehors de toute expertise, en s’appuyant sur ses valeurs et ses croyances fortes, sur soi, sur les autres et sur la vie, et surtout en étant profondément habité par la volonté d’infléchir une réalité non satisfaisante, là où d’autres, avec fatalisme, ne voient aucune marge de manœuvre ? Souhaitons-nous pour 2017 de multiples occasions de mettre en œuvre ces enseignements tous ensemble, pour améliorer modestement et efficacement nos environnements proches et par là-même notre monde.

 

Pour visiter le site de l’association « Pour un Sourire d’Enfant » :

http://www.pse.ong/fr

http://www.pse.ong/sites/default/files/EXTRAIT_ALBUM_LES_PEPITES.pdf

Pour voir la bande annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563848&cfilm=246461.html