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compétences managériales

Leadership

Développer les compétences managériales : comment relever le défi ?

19 novembre 2018
les clefs du développement managérial

Comment développer les compétences des managers, eux-mêmes principaux développeurs des compétences de leurs collaborateurs ? Telle est la préoccupation des Universités du management, lorsqu’elles créent ou font évoluer leur offre de service.

La réponse est peut-être plus simple qu’il n’y paraît : « en proposant les approches pédagogiques les plus modélisantes possibles ». Autrement dit, les dispositifs pédagogiques proposés aux managers doivent respecter les mêmes principes que ceux que sont imposés à ces managers.

 

Les approches pédagogiques appropriées pour développer 5 compétences managériales clefs. 

  1. Compétence 1 : un manager « situationnel », qui adapte son style de management au contexte et aux besoins de ses collaborateurs.

  • Laissez tomber les formations « prêt à porter » et proposez des formations sur-mesure, qui se centrent sur la réalité et les enjeux de votre entreprise et de vos bénéficiaires. Et oui, terminée l’illusion du manager idéal, tout terrain, au profil unique, dont l’apprentissage pouvait se contenter de l’acquisition de savoirs, de méthodes et modèles, à travers des séminaires de formation classiques et reproductibles à l’infini.
  • Cherchez à diversifier et enrichir les processus de professionnalisation de vos managers, favorisez des pédagogies multimodales. La diversité des modalités pédagogiques permet en effet de s’adapter aux différents profils d’apprentissage des managers, et est déterminante pour conjuguer dynamisme, progressivité et efficacité pédagogique.
  1. Compétence 2 : un manager en posture de facilitateur.

  • Privilégiez des modalités pédagogiques qui favorisent fortement l’échange, la réflexion et le partage entre participants (partage d’expériences, d’opinions et de vécus).
  • Assurez-vous que les formateurs animent eux-mêmes les échanges et les réflexions individuelles et collectives en posture de facilitateur .
  1. Compétence 3 : un manager qui favorise la créativité et les initiatives.un management qui favorise la créativité et initiatives

  • Misez sur des modalités variées et créatives permettant de mettre en place des pédagogies dynamiques.
  • Variez les rythmes, les expériences, les modalités, pour générer du vivant, de l’énergie, du plaisir et de l’efficacité pédagogique.

 

 

 

  1. Compétence 4 : un manager qui développe la coopération et l’intelligence collective.

  • Avant de lancer un nouveau dispositif d’accompagnement managérial, essayez de le « co-construire » avec des futurs bénéficiaires de l’accompagnement.
  • Investissez sur des pédagogies participatives qui mettent le manager en situation de participation, d’action et d’échanges : analyses de pratique, retours d’expérience, codéveloppement, peer-coaching, etc. Dans tous les cas, veillez à ce que les réflexions et plans d’action soient co-élaborés entre les managers.
  1. Compétence 5 : un manager qui développe l’autonomie de ses collaborateurs. 

  • Privilégiez une pédagogie inductive qui s’appuie sur les expériences et les vécus des managers, les compare et en extrait les éléments invariants. Cherchez à faire découvrir aux apprenants, par eux-mêmes, les savoirs, les méthodes de pensée et de travail afin qu’ils réalisent les prises de conscience nécessaires aux nouveaux apprentissages, qu’ils partagent les savoirs et se les approprient.
  • Faites émerger une pédagogie active qui cherche à rendre le manager acteur de ses apprentissages, afin qu’il construise ses savoirs à travers des situations de questionnement et d’analyse. Le management est en effet d’abord une pratique, ancrée dans un contexte particulier… et c’est pour cela que l’expérience doit rester au cœur du développement des managers.

Finalement, on demande de plus en plus aux managers de prendre soin de l’expérience collaborateur… A nous, professionnels du développement managérial, de prendre soin de leur expérience apprenant !

Leadership

Bienveillance oui… mais dans la réciprocité

22 janvier 2019
Management bienveillant

 

Une révolution s’opère dans les pratiques managériales depuis quelques années autour de la notion de bienveillance. Les managers sont invités à adopter une posture bienveillante dans les relations avec leurs collaborateurs et à laisser de côté les postures traditionnelles fondées sur l’injonction, l’autorité et le contrôle.

Le manager d’aujourd’hui est un « manager-coach » qui aide, soutien, motive, facilite et accompagne.

Il est intéressant de constater que cette révolution, considérée comme une profonde innovation des modèles de management du 21° siècle, se fonde sur des préceptes bien connus depuis des années (si l’on a plus de 50 ans) et dont le chantre fût Carl Rogers. Mais comme dit le proverbe, c’est dans les vieux pots…

Carl Rogers avait en son temps (dans les années 60 du siècle dernier), défini 7 conditions de la relation d’aide et son approche résume déjà parfaitement ce qu’est la bienveillance.

  1. LA PRÉSENCE. La relation est d’abord une présence à l’autre, “être là”. C’est la disponibilité physique et psychologique que l’on a pour l’autre.
  2. L’ÉCOUTE. C’est une posture active qui consiste à se centrer sur ce que l’autre dit ou vit sans que notre propre jugement interfère. L’écoute active met en œuvre le questionnement et la reformulation.
  3. L’ACCEPTATION. C’est la capacité à accepter l’autre avec ses qualités et ses défauts, à être dans une posture de non-jugement, à être ouvert aux émotions de l’autre et à les accepter.
  4. LE RESPECT CHALEUREUX. C’est le fait de reconnaître l’autre comme une personne humaine digne de respect, libre et capable de prendre des décisions par elle-même.
  5. L’EMPATHIE. L’empathie est un profond sentiment de compréhension qui suppose de se mettre à la place de l’autre et de regarder les choses de son point de vue.
  6. L’AUTHENTICITÉ. C’est la capacité à être transparent dans la relation et à se positionner dans une relation d’égal à égal. Je ne suis ni dominant, ni dominé dans la relation.
  7. LA CONGRUENCE. C’est la capacité à être en adéquation entre ce que je ressens, ce que pense, et ce que je dis.

Au-delà des principes de Rogers, quelles sont les conditions d’une aide et d’un accompagnement efficace ? Peut-on aider tout le monde et quelles que soient les circonstances ? Nous oublions trop souvent que la bienveillance, comme la confiance, ne peut s’exercer durablement que dans la réciprocité.

 

5 conditions pour aider et accompagner efficacement ses collaborateurs.

accompagner ses collaborateurs bienveillance

 1- Une aide n’est efficace que s’il existe une demande d’aide formulée clairement.

On ne peut aider efficacement autrui que si ce dernier est demandeur d’aide et que s’il formule clairement sa demande. Or souvent, les managers, trop contents de pouvoir se sentir utiles, répondent instantanément à la demande d’aide (fais ceci ou cela…). Dans cet empressement ils auront souvent oublié de clarifier la demande. « Qu’est ce qui te pose problème sur le dossier Machin ? Que n’arrives-tu pas à faire sur ce dossier ? ». Nous pouvons tous utiliser les 4 questions « magiques » qui permettent de clarifier la demande d’aide :

  • qu’as-tu fait et avec quels résultats ? (Permet de savoir où la personne en est et évite de la conseiller sur des éléments qu’elle a déjà traités).
  • quels sont les freins ou difficultés ? (Permet d’exprimer le problème rencontré concrètement).
  • qu’attends-tu de moi ? (Permet de clarifier le besoin).
  • que fais-tu demain ? (Permet d’accompagner l’action future).

La question « qu’attends-tu de moi ? » permet à l’autre de clarifier sa demande d’aide et lui permet d’y voir plus clair dans son propre besoin. Elle est généralement extrêmement puissante.


2- Une aide n’est efficace que si j’ai envie d’aider l’autre. 

Rien de pire que l’aide apportée par devoir et non par envie. La relation est-elle saine ? La demande d’aide ne cache-t-elle pas autre chose ? La demande d’aide est-elle respectueuse ?

Demander de l’aide, 3 cas de figure :

  • Un collaborateur vient vous voir pour la troisième fois avec la même question. Il vous teste ou il a décidé de vous faire perdre votre temps. Bref, il vous manipule. La demande d’aide cache une autre intention.
  • Autre cas de figure, le collaborateur vous envahit considérant qu’il est de votre devoir de l’aider sur tous les sujets. Sa demande d’aide est véhémente et considérée comme un du. La personne se comporte en consommatrice d’aide.
  • Enfin on notera aussi le cas du collaborateur qui demande de l’aide et à qui vous allez consacrer du temps et qui refusera tout ce que vous lui proposez parce qu’au fond de lui, il a déjà décidé de ce qu’il allait faire.

Notre cerveau intuitif perçoit généralement très bien ces situations et leurs intentions cachées et cela ne nous incite pas à renouveler l’expérience. Dans ces cas, refusez l’aide car votre aide ne sera pas efficace mais expliquez-en le pourquoi sincèrement : « tu m’as déjà posé 3 fois la question cette semaine et je t’ai répondu, donc je pense que tu peux très bien résoudre ce problème sans moi » ou « Qu’est-ce qui fait que tu as besoin de me le demander une quatrième fois ? ». Avoir envie d’aider l’autre ne dépend pas uniquement de nous. L’attitude de l’autre est aussi déterminante.

Nous ne sommes pas toujours disponibles pour aider l’autre. Quelquefois ça n’est pas le bon moment, nous ne sommes pas disponibles psychologiquement. Dans ces cas-là, n’hésitez pas à temporiser. « Là aujourd’hui vraiment ça n’est pas le bon moment. J’ai trop de pression et je dois me concentrer sur un sujet prioritaire. Je te propose que nous revoyions cela dans 2 jours, je serai plus au calme ».

« Mon aide n’est pas gratuite » est aussi un message qu’il faut quelquefois savoir faire entendre. Non pas qu’il faille la monnayer mais le temps, l’énergie et l’attention que je porte à l’autre dans la relation d’aide méritent un temps, une énergie et une attention réciproques et… de la reconnaissance. Un simple « merci pour ton aide » y suffit. Encore faut-il qu’il soit prononcé.


3- Une aide n’est efficace que si elle se situe dans mon périmètre de responsabilité et d’action.

Comment aider efficacement l’autre si l’aide demandée échappe à mon périmètre de responsabilité et d’action ? Les philosophes grecs, que l’on appelle les stoïciens, posaient la question suivante : Pourquoi vouloir dépenser de l’énergie à vouloir changer ce qui ne dépend pas de soi ? La relation d’aide implique aussi cette part d’humilité qui consiste à savoir dire à quelqu’un qu’on ne peut pas l’aider sur certains sujets. Car laisser croire à l’autre qu’on va pouvoir l’aider sans pouvoir d’action, c’est créer de l’illusion et de la frustration à terme. « Je ne peux pas t’aider sur ce problème car cela ne dépend pas de moi » est une parole préférable à celle qui consisterait à prendre un engagement dont on sait qu’on ne pourra pas le tenir.


4- Une aide n’est efficace que si la responsabilité est partagée.

Tout ne dépend pas de l’aidant. Dans la relation d’aide, chacun prend sa part. La responsabilité est partagée. Certaines choses dépendent de l’aidant et d’autres de l’aidé. La relation d’aide efficace sait faire le tri entre « ce qui dépend de moi et ce qui dépend de toi ». Et il est souvent utile de poser en préalable à toute aide, ce principe de base et de préciser jusqu’où va l’aide et à quel moment l’aidé prend le relai. Donc il est important de fixer rapidement les limites de l’aide. C’est la différence qui existe entre l’aide et l’assistanat. Je te montre comment faire mais je ne fais pas pour toi.


5- Une aide n’est efficace que si je possède les compétences pour aider l’autre.

Dans les trois « États du moi » identifiés par l’analyse transactionnelle (un autre vieux pot…), distinguant les comportements Parent-Adulte-Enfant, une personne qui est dans le Parent Sauveur veut aider quelles que soient les circonstances et même lorsqu’elle ne possède pas les compétences adéquates pour le faire. L’aide est alors improductive et frustrante, voire dangereuse pour la personne aidée. Là encore il faut suffisamment d’humilité dans la relation d’aide pour pouvoir dire à quelqu’un que l’on n’est pas le mieux placé pour l’aider.

 

En définitive, la bienveillance est une posture complexe. Être bienveillant ça n’est pas, comme on pourrait le croire souvent, être gentil ou faire plaisir à l’autre. Être bienveillant c’est avant tout être utile à l’autre mais aussi savoir être exigeant quant à la réciprocité dans la relation.

 

Innovation - Digital

L’innovation : une irrésistible question de survie

3 mai 2018
L'innovation est une question de survie

Innover : juste pour le plaisir ?

Il y a 5 ans, la mondialisation aurait été LA priorité des décideurs. Aujourd’hui, elle a laissé la place à l’innovation, devenu le principal levier de croissance. Face à l’incertitude, à la digitalisation et aux nouvelles formes de concurrence, nous sommes bien entrés dans l’ère de l’innovation comme donnée stratégique.

Selon la Commission Européenne, les entreprises ayant innové sur les 3 dernières années ont eu une croissance de 10% en moyenne de leur CA contre une baisse de 3% pour celles qui n’ont pas innové. L’innovation permet donc à une entreprise de démultiplier sa croissance. Mais elle est aussi devenue le moyen par excellence de transformer les entreprises existantes pour une meilleure absorption des révolutions en cours, et notamment celle du digital.

L’innovation ne se contente plus d’être le « petit + »,  qui consistait à avoir de bonnes idées pour viser une meilleure rentabilité : c’est devenu une question de SURVIE visant à la fois à protéger ses parts de marché ou sa raison d’être et à apporter un avantage concurrentiel reposant sur la capacité à satisfaire les besoins de la clientèle ou des usagers, à répondre à leurs priorités, et ainsi à devancer les offres des concurrents, potentiels ou existants.

 

L’Innovation dans l’entreprise : un monde infini de possibilités

De nombreuses innovations (50,98% selon
 l’OCDE) n’intègrent aucune dimension technologique ! Au-delà des innovations produit / service portées par les experts, l’innovation s’est introduite dans le quotidien et dans les différents rouages des entreprises, à l’échelon local. L’objectif : développer de nouvelles méthodes de travail, fluidifier les organisations, améliorer les relations interprofessionnelles, etc.

Bien sûr, innover, cela peut être améliorer l’efficacité opérationnelle en diminuant les coûts de production, mais c’est aussi stabiliser les ressources humaines et améliorer les compétences car les collaborateurs apprennent alors de nouvelles façons de collaborer entre eux ou d’agir vis-à-vis des clients ou usagers. Cela implique souvent un plus grand respect des différents points de vue, qui, sur le terrain, se traduit par une plus grande satisfaction client.

Ces innovations peuvent aussi représenter des sources de motivation et d’engagement pour les collaborateurs, qui trouvent là des clés pour se réaliser personnellement et professionnellement en contribuant pleinement à leur mission.

 

L’innovation par tous, pour tous : la juste-innovation au quotidien

Si son impact est considérable à long terme, il est toutefois important de garder à l’esprit que l’innovation est souvent modeste et progressive. Elle n’est pas toujours exceptionnelle, ni forcément originale, ni nécessairement complexe. On parle de « juste-innovation » : c’est avant tout un processus pragmatique de facilitation quotidienne du changement et de recombinaison de l’existant. L’innovation n’est pas un éclair de génie, c’est une discipline organisationnelle, un cercle vertueux où chaque partie prenante peut être contributrice.

De fait, l’innovation devient plurielle, se construisant sous des formes de toutes natures. On est de moins en moins dans le modèle de la R&D intégrée. Ce qui est différent dorénavant, réside dans la volonté d’apporter non plus quelque chose de radicalement nouveau, mais bien plus d’innover dans les pratiques organisationnelles, managériales et dans la collaboration entre individus. On se situe plus dans l’innovation incrémentale, étape par étape que dans les ruptures. Il s’agit de conduire la juste-innovation pour innover juste ce qu’il faut et répondre aux défis de performance et aux aléas du moment afin de rester aligné sur sa trajectoire.

Selon une enquête du PDMA (structure d’échanges transverses entre professionnels de l’innovation), les entreprises qui ont déployé une vraie méthodologie d’innovation (24% des entreprises) réussissent à concrétiser une idée sur quatre proposées, contre une sur neuf pour les autres.

 

Créativité et innovation : la tête et les jambes

On constate depuis plusieurs années une confusion sémantique entre la créativité et l’innovation. De façon un peu caricaturale, nous pourrions dire que si être créatif, c’est avoir des idées, être innovant, c’est mettre ces idées en œuvre.

Les collaborateurs de l’entreprise peuvent regorger d’idées de produits ou d’améliorations de leurs façons de faire, mais la mise en œuvre de ces idées supposera très souvent d’associer plusieurs expertises et de travailler en mode projet. Ainsi, on peut être créatif seul, mais c’est en équipe qu’on innove.

Alors que la créativité relève de la réflexion, l’innovation relève de l’action. La créativité est affaire de processus mentaux et émotionnels, l’innovation est affaire de management : il s’agit de passer à l’acte, de faire en sorte que les idées nouvelles ne soient pas tuées par l’organisation, ses routines, ses contraintes et ses enjeux de pouvoir. Bien entendu, il faut s’assurer d’un flux d’idées nouvelles pour irriguer le processus d’innovation. Cependant, se cantonner à la créativité, c’est rester dans la théorie, alors que l’innovation est une pratique. L’innovation est un passage à l’acte pragmatique et collectif. Elle relève de la responsabilité de chacun.

Finalement, l’innovation est devenue une question de survie, oui, mais c’est également un magnifique et gigantesque terrain de jeux, aux possibilités infinies. Innover, c’est, de décision en décision, transformer les idées en succès.

Alors n’hésitez plus, aidez vos managers et collaborateurs à devenir de véritables innov’acteurs !